Décolleté devant d’autres femmes est une question fréquente concernant les limites de la pudeur et de la `awrah au sein des cercles exclusivement féminins. La jurisprudence islamique encadre précisément ce qui peut être découvert entre femmes.

La règle générale et la dérogation entre femmes

Le Dr Salah Sultan, président de l’American Center for Islamic Research à Columbus (Ohio) et membre du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, déclare :

« La règle générale est que la femme doit couvrir tout son corps à l’exception du visage et des mains. Toutefois, lorsqu’elles se trouvent uniquement entre femmes, il est permis à une femme de laisser apparaître ses cheveux, son cou jusqu’au haut de la poitrine, ses chevilles et ses bras devant les autres femmes. »

Il est donc permis aux femmes de porter, lors de réunions exclusivement féminines, des tenues ou des vêtements laissant apparaître le décolleté, sous réserve de respecter des conditions strictes de discrétion.

Les précautions indispensables concernant les images et les vidéos

L’autorisation de dévoiler certaines parties du corps entre femmes s’accompagne de restrictions impératives à l’ère du numérique et des réseaux sociaux :

  • Interdiction des enregistrements non contrôlés : Aucune photo ne doit être prise par des personnes susceptibles de les diffuser ou de les montrer à l’extérieur du cercle autorisé.
  • Le cercle de confiance : Si des clichés doivent exceptionnellement être pris, ils ne doivent l’être que par des amies extrêmement proches et dignes de confiance, ou par des mahrams, qui veilleront à ne jamais divulguer l’apparence de la femme à autrui.

Le fondement juridique de cette tolérance repose sur le verset 31 de la sourate An-Nur, où Allah mentionne les exceptions concernant l’exposition des atours féminins.

Le cas de la femme non musulmane

Concernant l’interaction avec une femme non musulmane, le savant précise que la permission dépend essentiellement de la probité et du respect de la vie privée : si la personne est digne de confiance, garde le secret et ne décrit pas le corps d’autrui à des hommes non-mahrams, cela est permis ; dans le cas contraire, la restriction s’applique.