D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Les droits du musulman sur le musulman sont au nombre de six. » On lui demanda : « Lesquels, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Lorsque tu le rencontres, salue-le ; lorsqu’il t’invite, réponds à son invitation ; lorsqu’il te demande conseil, conseille-le ; lorsqu’il éternue et loue Allah, invoque Allah en sa faveur en disant : “Qu’Allah te fasse miséricorde” ; lorsqu’il tombe malade, rends-lui visite ; et lorsqu’il meurt, accompagne son cortège funèbre. » (Muslim)
Ce hadith prophétique énumère six droits fondamentaux que les musulmans doivent observer les uns envers les autres, illustrant parfaitement la profondeur des droits de la fraternité en islam :
1. Les saluer selon la manière islamique
La salutation de paix est une cause d’amour, lequel conduit à la foi, et la foi conduit au Paradis.
- La salutation : « As-salâmu ʿalaykum wa rahmatullâhi wa barakâtuh » — « Que la paix, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous. »
- La preuve : Allah dit : « Mais lorsque vous entrez dans des maisons, saluez-vous les uns les autres par une salutation venant d’Allah, bénie et agréable. » (An-Nûr, 24:61)
Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Vous n’entrerez pas au Paradis tant que vous n’aurez pas la foi, et vous n’aurez pas la foi tant que vous ne vous aimerez pas les uns les autres. Voulez-vous que je vous indique une chose qui, si vous l’accomplissez, vous fera vous aimer les uns les autres ? Répandez la paix entre vous. » (Muslim)
La salutation de paix fait partie des nobles caractéristiques de l’islam. Lorsqu’ils se rencontrent, les musulmans invoquent ainsi les uns pour les autres la sécurité contre les maux, ainsi que la miséricorde et les bénédictions qui englobent tout bien.
À cela s’ajoutent le sourire et des paroles de salutation appropriées, qui favorisent l’unité et l’amour et dissipent les sentiments d’éloignement et de froideur. Il fait donc partie des droits de la fraternité d’accueillir son frère ou sa sœur dans la foi avec le sourire.
Le pouvoir du sourire
La salutation apporte sécurité contre les maux et bénédictions. Elle doit être accompagnée d’un visage souriant. Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Ne méprise aucune bonne œuvre, fût-ce le fait de rencontrer ton frère avec un visage souriant. » (Muslim)
Il a également dit : « Ton sourire au visage de ton frère est une aumône. »
Remarque : adresser la salutation est un droit, et y répondre par une salutation identique ou meilleure est une obligation.
2. Accepter leur invitation
Lorsqu’un frère ou une sœur vous invite à une rencontre sociale ou à partager un repas, répondez favorablement à son invitation, sauf si vous avez une excuse valable.
Cela contribue à renforcer les liens sociaux entre les membres de la communauté musulmane.
3. Les conseiller — la nasîha
Lorsque vos frères et sœurs musulmans vous demandent conseil, vous devez leur donner ce conseil avec sincérité.
Tamîm ad-Dârî rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « La religion, c’est la nasîha [le conseil sincère]. » Nous demandâmes : « Envers qui ? » Il répondit : « Envers Allah, envers Son Livre, envers Son Messager, envers les dirigeants des musulmans et envers l’ensemble des musulmans. » (Muslim)
L’éthique du conseil
- La discrétion : donnez le conseil en privé et non en public, afin de ne pas embarrasser la personne.
- La douceur : employez une manière bienveillante et douce.
- Les preuves : expliquez toute faute ou tout comportement répréhensible en vous appuyant sur les preuves de la Charia.
4. Invoquer la miséricorde d’Allah lorsqu’ils éternuent
L’éternuement est une faveur d’Allah. Le Prophète ﷺ a recommandé de Le louer pour cette faveur.
- Action : celui qui éternue dit : « Al-hamdulillâh » — « Louange à Allah. »
- Réponse : le frère ou la sœur dit : « Yarhamuk-Allah » — « Qu’Allah te fasse miséricorde. »
- Réplique : celui qui a éternué répond : « Yahdîkumullâhu wa yuslihu bâlakum » — « Qu’Allah vous guide et améliore votre situation. »
Abû Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque l’un de vous éternue, qu’il dise : “Louange à Allah.” Puis que son frère lui dise : “Qu’Allah te fasse miséricorde.” Et qu’il lui réponde ensuite : “Qu’Allah vous guide et améliore votre situation.” » (Al-Bukhârî)
Cependant, celui qui ne loue pas Allah ne mérite pas que les autres invoquent la miséricorde d’Allah en sa faveur. Dans ce cas, celui qui éternue ne peut blâmer personne d’autre que lui-même. Il s’est privé de deux bénédictions : celle de louer Allah et celle de l’invocation de son frère ou de sa sœur en sa faveur, qui découle de cette louange.
Abû Mûsâ rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque l’un de vous éternue et loue Allah, dites-lui [“Qu’Allah te fasse miséricorde”]… Mais s’il ne loue pas Allah, n’invoquez pas la miséricorde d’Allah en sa faveur. » (Muslim)
5. Leur rendre visite lorsqu’ils sont malades
Rendre visite au malade est un acte d’adoration fortement recommandé.
Un hadith qudsî indique qu’Allah dira à Ses serviteurs au Jour du Jugement : « Ô Mon serviteur ! J’étais malade et pourtant tu ne M’as pas rendu visite. » Le serviteur s’exclamera : « Comment pourrais-je Te rendre visite alors que Tu es le Seigneur des mondes ? » Allah répondra : « Ne savais-tu pas que Mon serviteur Untel était tombé malade ? Ne savais-tu pas que si tu lui avais rendu visite, tu M’aurais trouvé auprès de lui ? » (Muslim)
- La récompense : soixante-dix mille anges invoquent en faveur de celui qui rend visite à un malade, du matin jusqu’au soir ou du soir jusqu’au matin. (At-Tirmidhî)
- L’invocation : suivez la Sunna de ʿÂ’isha (qu’Allah l’agrée), qui rapporte que le Prophète ﷺ touchait le malade et disait : « Ô Allah, Seigneur des hommes ! Éloigne cette maladie et guéris-le ! Tu es Celui qui guérit parfaitement. Il n’y a de guérison que par Toi… »
6. Accompagner leur cortège funèbre
Accompagner le cortège funèbre permet de s’acquitter d’un droit envers Allah, envers le défunt et envers ses proches encore en vie.
- Une immense récompense : Abû Hurayra rapporte que celui qui accompagne la prière funéraire obtient un qîrât, tandis que celui qui reste jusqu’à l’inhumation en obtient deux, chacun étant comparable à deux immenses montagnes.
- Une obligation communautaire : accomplir la prière funéraire constitue une fard kifâya (obligation communautaire) pour les hommes. Si certains membres de la communauté l’accomplissent, l’obligation est levée pour les autres. Si tous la délaissent, ils portent tous le péché.
- Prendre soin de la famille : les musulmans doivent préserver de bonnes relations avec la famille du défunt et veiller à répondre à ses besoins.