Vous arrive-t-il d’invoquer Allah en vous demandant si vos prières seront un jour exaucées ? Y a-t-il quelque chose que vous vous efforcez d’obtenir, mais qui demeure hors de votre portée ?
Lorsque vous cherchez à devenir un meilleur musulman, avez-vous parfois l’impression que même vos proches, ceux qui vous aiment et se soucient de vous, éprouvent de la jalousie face à vos efforts ? Avez-vous le sentiment d’enchaîner les épreuves ? D’autres se moquent-ils de vous lorsque vous tentez d’accomplir une action qui plaît à Allah ?
Vous n’êtes pas seul. D’autres ont eux aussi dû lutter pour surmonter des difficultés similaires. Le Coran regorge d’enseignements qui peuvent nous inspirer et nous encourager à persévérer face à l’adversité. Prenons le temps de méditer sur cinq leçons de la sourate Yûsuf que nous pouvons tirer.
Leçon 1 : Mieux vaut subir une épreuve que désobéir à Allah
Le prophète Yûsuf (Joseph), que la paix soit sur lui, avait déjà traversé une série d’épreuves, mais il était demeuré fidèle à Allah. Ses frères l’avaient abandonné dans un puits. Il fut ensuite retrouvé et vendu comme esclave. Bien qu’il eût servi loyalement son maître, Yûsuf fut calomnié et emprisonné.
Au plus fort de cette crise, alors que tout semblait sombre, l’épouse de son maître le menaça d’emprisonnement s’il ne cédait pas à ses avances. La réponse de Yûsuf est rapportée dans le Coran :
« Seigneur ! La prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent. Et si Tu n’éloignes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants. » — [Sourate Yûsuf, 12:33]
Yûsuf choisit la prison et ses conditions éprouvantes plutôt que de désobéir à Allah. Cela montre que, même lorsque nous nous retrouvons dans une situation accablante et traversons de grandes souffrances, l’agrément d’Allah demeure un bienfait plus précieux et plus durable. Si vous restez fidèle à Allah, vous pourrez surmonter les épreuves tout en préservant votre foi.
Leçon 2 : Ne cédez pas à la jalousie
La jalousie divise les communautés, brise les familles et détruit les amitiés. Le prophète Yaʿqûb (Jacob), que la paix soit sur lui, dit à son fils :
« Ô mon fils, ne raconte pas ta vision à tes frères, car ils comploteraient contre toi. Le diable est certes pour l’homme un ennemi déclaré. » — [Sourate Yûsuf, 12:5]
Les frères de Yûsuf étaient ses propres frères, mais ils n’auraient pas accueilli favorablement sa vision annonçant son avenir exceptionnel. Même les personnes qui nous sont proches, qu’il s’agisse de nos amis ou des membres de notre famille, peuvent ne pas se réjouir des bienfaits qu’Allah nous accorde ni des efforts que nous déployons pour mener une vie conforme à Ses enseignements.
Il est donc préférable de préserver certains projets et de ne les partager qu’avec des personnes de confiance, capables de nous soutenir, jusqu’à ce qu’ils se concrétisent.
Les frères de Yûsuf pensaient que leur père aimait celui-ci davantage qu’eux. Leur jalousie s’intensifia au point de leur faire perdre tout discernement. Ils complotèrent contre lui et décidèrent de l’abandonner dans un puits. Un mensonge en entraîna d’autres, jusqu’à ce qu’ils prétendent devant leur père qu’un loup avait dévoré Yûsuf (Mubarakpuri, 2003 ; Sahih International, 1997).
La jalousie a même touché des prophètes et leurs familles. Nous devons donc veiller à ne pas la laisser s’enraciner dans nos communautés. En tant que musulmans, nous devrions nous réjouir sincèrement des bienfaits qu’Allah accorde aux autres. Lorsque nous constatons qu’une personne progresse dans sa pratique religieuse ou connaît la réussite, nous pouvons dire : Mâ shâ’ Allah ou Tabâraka Allah.
Leçon 3 : Ne désespérez jamais de la miséricorde d’Allah
Le prophète Yaʿqûb ne perdit jamais l’espoir de retrouver son fils. Lorsque les frères de Yûsuf revinrent lui annoncer sa disparition, Yaʿqûb demeura accablé par le chagrin. À force de pleurer et de contenir sa douleur, il perdit la vue et ne confia sa peine qu’à Allah.
Malgré l’intensité de sa souffrance et les affirmations de ses fils selon lesquelles Yûsuf aurait été dévoré par un loup, Yaʿqûb ne renonça pas à l’espoir (Mubarakpuri, 2003 ; Sahih International, 1997). Il demanda à ses fils de poursuivre leurs recherches pour retrouver Yûsuf et son frère, en leur disant :
« Ô mes fils ! Partez et enquérez-vous de Yûsuf et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Seuls les gens mécréants désespèrent de la miséricorde d’Allah. » — [Sourate Yûsuf, 12:87]
Imaginez : Yaʿqûb n’avait pas revu son fils depuis son enfance. Tant d’années s’étaient écoulées que Yûsuf était devenu un haut responsable en Égypte. Pourtant, son père conservait fermement l’espoir qu’Allah exaucerait ses invocations et le réunirait avec son fils.
Beaucoup d’entre nous ont du mal à patienter quelques heures ou quelques jours, à plus forte raison pendant des années, voire des décennies ! Pourtant, Yaʿqûb ne renonça jamais à l’espoir. Allah finit par exaucer son invocation et le soulagea ainsi du chagrin qui l’accablait.
Leçon 4 : La patience est belle : persévérez dans l’épreuve
Nous devons faire preuve de patience en toutes circonstances. Lorsque nous savons patienter dans l’épreuve tout en gardant à l’esprit les bienfaits dont nous jouissons, nous pouvons traverser les moments difficiles sans perdre de vue les raisons d’espérer, mais aussi accueillir les périodes d’aisance avec gratitude.
Combien de fois le prophète Yûsuf a-t-il dû patienter ?
- Il a patienté en attendant que son rêve se réalise.
- Il a patienté lorsque ses frères l’ont abandonné dans un puits.
- Il a patienté lorsqu’il a été vendu comme esclave.
- Il a patienté lorsque l’épouse de son maître l’a accusé d’avoir voulu la séduire.
- Il a continué à patienter lorsqu’il a été emprisonné.
Même lorsque son compagnon de prison fut libéré sans se souvenir de lui, Yûsuf continua de patienter ! Devenu un haut responsable en Égypte, il fit encore preuve de patience face aux accusations mensongères de ses frères. Il garda son calme lorsque ceux-ci tentèrent de faire croire que son frère Binyamîn avait volé, comme Yûsuf l’aurait lui-même fait auparavant (Mubarakpuri, 2003 ; Sahih International, 1997).
À chaque étape de son histoire, quelles que soient les circonstances, Yûsuf fit preuve de patience.
Leçon 5 : Pardonnez
Lorsque Yûsuf retrouve enfin ses frères des années plus tard, son histoire nous offre une magnifique leçon de pardon.
Après que ses frères furent revenus auprès de leur père et que Binyamîn eut été accusé de vol, ils se retrouvèrent de nouveau devant Yûsuf, dans une situation désespérée. Ils traversaient une période difficile, marquée par de mauvaises récoltes et la nécessité de trouver des provisions.
Yûsuf, quant à lui, était devenu un haut responsable en Égypte. Il avait su gérer les réserves et préparer le pays à affronter la famine.
Bien que les complots de ses frères lui aient fait subir de nombreuses épreuves, Yûsuf se trouvait désormais en position de force. Pourtant, au lieu de les traiter durement ou de leur reprocher leurs actes alors qu’ils souffraient déjà de la famine, il prononça ces belles paroles :
« Pas de récrimination contre vous aujourd’hui ! Qu’Allah vous pardonne. C’est Lui le plus Miséricordieux des miséricordieux. » — [Sourate Yûsuf, 12:92]
Au lieu de céder à l’amertume, à la colère ou au désir de vengeance, Yûsuf choisit le pardon. Malgré tout le pouvoir dont il disposait, il préféra la douceur du pardon à la vengeance.
Cette brève réflexion ne met en lumière que quelques-uns des enseignements de la sourate Yûsuf. Prenez donc quelques minutes supplémentaires pour méditer sur son contenu. Relisez cette sourate du Coran et demandez-vous comment vous pourriez mettre ses enseignements en pratique.
Comment pouvez-vous continuer à obéir courageusement à Allah ? Existe-t-il un moyen de soutenir quelqu’un et de contribuer à combattre la jalousie au sein de votre famille ou de votre cercle d’amis ? Quelles démarches pourraient renforcer votre espoir qu’Allah exaucera vos invocations ? Dans les moments difficiles, quels rappels vous aideront à persévérer avec patience ? Êtes-vous capable de trouver en vous la force de pardonner à quelqu’un qui vous a fait du tort ?
Quels autres enseignements pouvez-vous tirer de la sourate Yûsuf ?
Par Umm Amin