Adopter uneméthodologie de l’interaction avec la sunnarigoureuse est essentiel pour préserver l’équilibre entre la tradition prophétique et les objectifs globaux de la charia dans le monde moderne.
L’ouvrage Comment interagir avec la Sunna a été rédigé à la demande de l’Institut International de la Pensée Islamique (IIIT), dans le cadre de ses efforts pour servir le patrimoine islamique et purifier les fondements de la connaissance de la communauté musulmane des impuretés et des distorsions qui peuvent l’affecter.
Initialement, l’Institut avait sollicité le cheikh Muhammad al-Ghazali pour rédiger un livre portant le même titre. Cependant, en raison de la franchise du cheikh et de la présentation de certains exemples qui ne correspondaient pas aux sensibilités de certains, le livre a suscité de vives critiques, détournant l’attention du contenu vers des polémiques. Cela a conduit l’Institut à demander au Dr. Yusuf al-Qaradawi de rédiger un nouvel ouvrage évitant les erreurs précédentes et établissant les fondements de la Sunna en tant que source de connaissance.
Introduction
L’ouvrage se divise en une introduction, trois chapitres principaux et une conclusion.
Préambule
Le préambule comprend une présentation de l’ouvrage par l’Institut International de la Pensée Islamique, dans laquelle le Dr. Taha Jabir al-Alwani évoque certains rôles et caractéristiques de la Sunna, ainsi que le contexte de la rédaction du livre. L’auteur, quant à lui, résume certaines idées importantes sur la Sunna, les motivations de la rédaction de l’ouvrage et les raisons de son élaboration.
Chapitre 1 : Le statut de la Sunna, notre devoir envers elle et comment l’aborder
Dans ce chapitre, l’auteur examine la relation de la Sunna avec le Coran, ses domaines d’application, affirmant qu’elle vient immédiatement après le Livre en importance, rejetant les opinions de ceux qui la placent au-dessus du Livre ou la relèguent loin derrière.
Concernant le devoir des musulmans envers la Sunna, il le résume en la connaissance et les mécanismes de cette connaissance, mettant en garde contre trois défauts pouvant affecter les étudiants de la Sunna : la déformation des extrémistes, l’usurpation des imposteurs et l’interprétation des ignorants.
Quant aux principes fondamentaux pour interagir avec la Sunna, l’auteur discute de :
- La nécessité de vérifier la transmission pour éviter les omissions ou les confusions.
- La bonne compréhension du texte selon les règles de la langue arabe, à la lumière de son contexte, du Coran, des principes généraux de la charia et des objectifs globaux de la charia, en distinguant entre les aspects législatifs et les aspects liés aux habitudes.
- La confirmation de l’absence de contradiction avec des preuves plus fortes.
Dans ce contexte, l’auteur aborde plusieurs questions, notamment :
- La Sunna à laquelle on se réfère en matière de législation et d’orientation est la Sunna authentique, en excluant les autres.
- Le rejet des hadiths authentiques est comparable à l’acceptation des hadiths fabriqués, car les deux constituent une injustice envers la Sunna.
- La réfutation des arguments de ceux qui rejettent la Sunna en raison de son caractère présumé conjectural, en expliquant la différence entre les conjectures blâmables et celles qui sont acceptables.
- La critique de ceux qui rejettent les hadiths en raison d’une mauvaise compréhension, soulignant que le problème réside souvent dans l’interprétation et non dans le texte lui-même.
Chapitre 2 : La Sunna comme source pour le juriste et le prédicateur
Dans ce chapitre, l’auteur affirme que la Sunna est une source incontestée de législation dans les domaines des actes d’adoration et des transactions, tant pour l’individu, la famille, la société que l’État.
Il souligne que tous les juristes se réfèrent à la Sunna et insiste sur la nécessité de relier le hadith au fiqh, en recommandant aux spécialistes du hadith d’acquérir des connaissances en jurisprudence et aux juristes de se familiariser avec les sciences du hadith.
L’auteur met en garde contre l’utilisation de hadiths faibles ou fabriqués dans les ouvrages de jurisprudence, de spiritualité et de sermons, appelant à la prudence et à la vérification des sources.
Il aborde également la question de l’utilisation des hadiths faibles dans les encouragements et les avertissements, en présentant plusieurs points de vue :
- Le rejet de certains savants de l’utilisation des hadiths faibles, même dans les encouragements et les avertissements.
- Le non-respect des conditions posées par la majorité des savants pour l’utilisation des hadiths faibles.
- L’interdiction de rapporter les hadiths faibles avec certitude.
- La suffisance des hadiths authentiques et bons.
- La mise en garde contre le déséquilibre dans l’évaluation des actions.
- L’utilisation des hadiths faibles dans les vertus des actions ne signifie pas l’établissement d’un jugement légal.
- L’évitement des exagérations qui sont rejetées par la raison ou la charia.
- L’absence de contradiction avec d’autres preuves légales plus fortes.
L’auteur ajoute également un autre critère :
- Tous les hadiths authentiques ne doivent pas être rapportés au grand public, en raison du hadith : « Tu ne rapporteras pas à un peuple un hadith qu’ils ne peuvent comprendre sans que cela ne cause une tentation pour certains d’entre eux. »
Chapitre 3 : Principes pour une compréhension correcte de la Sunna
L’auteur énonce huit principes essentiels :
- Comprendre la Sunna à la lumière du Coran :Les hadiths doivent être interprétés en harmonie avec le Livre d’Allah.
- Rassembler tous les hadiths sur un sujet donné :Cela permet d’obtenir une vision complète et équilibrée.
- Réconcilier ou privilégier entre les hadiths apparemment contradictoires :La conciliation est préférable à la préférence, sauf en cas d’impossibilité.
- Tenir compte des circonstances et des objectifs des hadiths :Il est crucial de distinguer entre les directives générales et spécifiques, temporaires et permanentes.
- Différencier entre les moyens changeants et les objectifs constants :Les méthodes peuvent évoluer, mais les buts restent immuables.
- Distinguer entre le sens littéral et le sens figuré :Une interprétation appropriée nécessite une compréhension contextuelle.
- Faire la distinction entre l’invisible et le visible :Les réalités de l’au-delà ne doivent pas être jugées selon les normes terrestres.
- Assurer la compréhension précise des termes utilisés dans les hadiths :Il est essentiel de ne pas confondre les terminologies anciennes avec les concepts modernes.
Explication de la Sunna dans les explications modernes, en particulier les deux livres de Sahih. [pages 183 à 185]
Par Sayed Muhammad Ahmad ‘Issa Mustafa Ahmadi
