Lâhistoire glorieuse de lâislam constitue une contribution majeure Ă la civilisation humaine. Les pieux prĂ©dĂ©cesseurs ont illuminĂ© le monde aprĂšs une longue pĂ©riode dâobscuritĂ©. Ils ont Ă©difiĂ© une civilisation et une gloire quâil est difficile dâĂ©galer. Ils furent les vĂ©ritables porteurs de lâĂ©tendard de lâislam. Ils sauvĂšrent les musulmans de lâĂ©garement et de la perplexitĂ©, en dĂ©ployant tous leurs efforts pour suivre les enseignements dâAllah le TrĂšs-Haut. La terre sâorna de leur lumiĂšre, et les cieux furent embellis par la noblesse des martyrs parmi eux, modĂšles Ă©clatants de dĂ©vouement et de sincĂ©ritĂ©.
Câest Allah qui a Ă©levĂ© le minaret de cette vraie religion et en a exaltĂ© le rang par les mains des vertueux et des croyants sincĂšres. Ces hommes Ă©taient sublimes comme les Ă©toiles du ciel et comme la lune dans la nuit sombre. NĂ»r ad-DĂźn MahmĂ»d ZengĂź fut lâune de ces Ă©toiles toujours resplendissantes.
Sous son rĂšgne, une nouvelle grande phase de jihĂąd commença au Levant. Il nâavait quâun objectif : unir les musulmans et libĂ©rer leurs terres occupĂ©es. Pour cela, il lança une renaissance islamique qui mettait lâaccent sur la nĂ©cessitĂ© dâune « vie islamique ».
Par sa justice, son labeur et sa gravitĂ©, il ramena les affaires des musulmans sur la bonne voie. Il fit rayonner la lumiĂšre de lâislam dans de nombreux territoires et ne mĂ©nagea aucun effort pour unir les musulmans. Il les Ă©leva dans tous les aspects de la vie selon un modĂšle islamique intĂ©grĂ©, afin de retrouver la gloire de lâislam et dâexpulser lâoccupation injuste des CroisĂ©s.
Naissance et origine
NĂ»r ad-DĂźn MahmĂ»d ZengĂź naquit en 511 H (1118 de lâĂšre chrĂ©tienne). Son grand-pĂšre, Aq Sunqur al-HĂąjib, gouverna Alep et dâautres rĂ©gions du Levant. Son pĂšre, ZengĂź, Ă©levĂ© en Irak, rĂ©gna sur Mossoul et le Levant. Il conquit Ădesse, al-Maâarra, Kafr TĂąb et de nombreuses autres villes pour les dĂ©livrer des mains des mĂ©crĂ©ants.
Ă la mort de ZengĂź, NĂ»r ad-DĂźn lui succĂ©da comme roi en 541 H (1146 de lâĂšre chrĂ©tienne). NĂ»r ad-DĂźn MahmĂ»d ZengĂź (Ă©galement connu sous le nom dâIbn al-QĂąsim) naquit vingt ans aprĂšs la chute de JĂ©rusalem aux mains des CroisĂ©s. Il Ă©tait grand, beau, Ă la peau foncĂ©e, et portait une barbe lĂ©gĂšre.
Sa piété et sa moralité
Il Ă©tait bon calligraphe, savant en religion et attachĂ© Ă la Sunna du ProphĂšte. Il veillait Ă accomplir les priĂšres en congrĂ©gation, excellait dans la rĂ©citation du Noble Coran, Ă©tait incorruptible et empressĂ© dâaccomplir le bien. Ă la tombĂ©e de la nuit, il priait al-âIshĂąâ, dormait un moment, puis se levait au milieu de la nuit, faisait ses ablutions et priait jusquâĂ lâaube.
Roi prĂ©voyant, il recherchait le licite pour sa nourriture et ses vĂȘtements. Il ne porta jamais dâhabit illicite, comme la soie, et ne mit jamais de bijoux en or. On ne lâentendit jamais prononcer dâobscĂ©nitĂ©s, quâil fĂ»t satisfait ou en colĂšre. Il tenait Ă Ă©couter toute parole dite pour Allah le TrĂšs-Haut, ou tout conseil conforme Ă la Sunna pure du ProphĂšte Muhammad (paix et bĂ©nĂ©dictions sur lui).
MalgrĂ© lâĂ©tendue de son royaume et de son trĂ©sor, il ne mangeait ni ne buvait de ce qui lui revenait de sa part du butin, ni des fonds affectĂ©s au bien public des musulmans, avant dâavoir consultĂ© les juristes, sollicitĂ© leur avis religieux et agi selon leurs directives. Il ne touchait jamais aux cadeaux reçus des rois des autres nations ; au contraire, il les envoyait au Bayt al-MĂąl (TrĂ©sor public) pour la restauration des anciennes mosquĂ©es.
Il Ă©tait rĂ©putĂ© pour son savoir solide et Ă©rudit. Il maĂźtrisait lâĂ©cole hanafite de fiqh, et il Ă©tait autorisĂ© Ă transmettre les hadiths du ProphĂšte. Il Ă©crivit un ouvrage sur le concept de jihĂąd. Doux et misĂ©ricordieux, cet homme posĂ© Ă©tait aussi dotĂ© dâun grand charisme et dâune prĂ©sence impressionnante.
Plein dâhumilitĂ©, il interdisait aux prĂȘcheurs dâinvoquer pour lui pendant leurs sermons en lâappelant par ses grands titres. Il faisait venir des hommes honnĂȘtes de chaque rĂ©gion et leur demandait qui, parmi leur peuple, Ă©tait dans le besoin. Il ordonnait de servir tous les gens, quel que fĂ»t leur rang social.
Le prince BahĂąâ ad-DĂźn âAlĂź ibn as-SukkarĂź, lâun des proches compagnons de NĂ»r ad-DĂźn, raconta : « Un jour, jâĂ©tais avec lui sur le champ de bataille Ă Ădesse. Le soleil Ă©tait derriĂšre nous ; lorsque nous avancions, nos ombres apparaissaient devant nous, et lorsque nous revenions, nos ombres Ă©taient derriĂšre nous. Alors il lança son cheval tout en regardant en arriĂšre et me dit : âSais-tu pourquoi je fais galoper mon cheval et je regarde derriĂšre moi ?â Je rĂ©pondis : âNon.â Il dit : âCette situation ressemble Ă notre vie dâici-bas : elle Ă©chappe Ă ceux qui la recherchent, et elle recherche ceux qui sâen Ă©loignent.â »
Il Ă©tait si ascĂšte que ses dĂ©penses ne diffĂ©raient pas de celles des plus pauvres et des plus dĂ©munis de ses subordonnĂ©s. Lorsque son Ă©pouse se plaignit des difficultĂ©s de la vie, il la fit venir, lui donna trois boutiques quâil possĂ©dait Ă Homs et lui dit : « VoilĂ tout ce que je possĂšde. Nâattends pas de moi que je touche Ă lâargent des musulmans dont jâai la charge ; je crains la colĂšre dâAllah. »
MujĂąhid courageux
Son courage et sa sagesse Ă©taient incomparables. En temps de guerre, il Ă©tait le plus courageux et le plus ferme. Ses tactiques Ă©taient uniques, et il sâinformait avec une attention remarquable de lâĂ©tat de ses troupes. En un mot, il fut un modĂšle dans ce domaine.
Il conquit Alep et de nombreuses autres villes, y compris des villes dâĂgypte qui Ă©taient sur le point dâĂȘtre entiĂšrement envahies par les Francs. Il captura des princes francs et vainquit les forces des Romains et des Francs Ă HĂąrĂźm (une forteresse prĂšs dâAlep). Il parvint aussi Ă contrĂŽler de nombreux villages dâAntioche (aujourdâhui Antakya, en Turquie).
Ibn al-AthĂźr, lâhistorien arabe, dit :
« Jâai entendu beaucoup de gens dire quâils nâavaient jamais vu de cavalier meilleur que lui. Il Ă©tait le meilleur joueur de polo de son Ă©poque ; il avait lâhabiletĂ© de frapper la balle, de lancer son cheval, de ramasser la balle et de la relancer jusquâau point le plus Ă©loignĂ© du terrain.
Il disait : âSi nous laissons les chevaux dans leurs Ă©tables, ils ne sauront ni courir, ni tourner avec souplesse, ni obĂ©ir aux cavaliers sur le champ de bataille. Par Allah, câest cela qui mâa poussĂ© Ă jouer au polo.â
Il est rare de trouver quelquâun qui pratique un jeu pour la cause dâAllah. Câest une indication claire quâil ne faisait rien sans objectif ; câest lĂ , en vĂ©ritĂ©, le mĂ©rite des grands gouvernants. »
Ibn al-AthĂźr ajouta :
« MĂȘme ses ennemis disaient : âIbn al-QĂąsim [NĂ»r ad-DĂźn] est proche dâAllah. Il nâa pas remportĂ© les batailles grĂące au grand nombre de soldats et de guerriers, mais grĂące Ă sa supplication et Ă sa priĂšre nocturne. Il priait la nuit et levait haut les mains en implorant Allah ; alors Allah lâexauce et lui donne ce quâil demande.â »
NĂ»r ad-DĂźn Ă©tait un stratĂšge qui utilisa sa maĂźtrise et ses tactiques militaires, notamment pour vaincre les Francs et conquĂ©rir la plupart de leurs territoires. Il fit aussi construire de nombreuses tours de guet dans les rĂ©gions frontaliĂšres des terres des Francs. Pour protĂ©ger les musulmans autant que possible, il envoya des soldats efficaces accompagnĂ©s de pigeons voyageurs, qui transmettaient des avertissements vers le pays dĂšs quâun ennemi Ă©tait repĂ©rĂ©. Les habitants pouvaient ainsi prendre des mesures dĂ©fensives Ă temps.
Il traitait ses soldats dâune maniĂšre exemplaire. Les biens dâun soldat mort Ă©taient remis Ă son fils. Si le fils Ă©tait assez mĂ»r, il en prenait possession. Sâil Ă©tait trop jeune pour gĂ©rer correctement, NĂ»r ad-DĂźn dĂ©signait un homme sage pour administrer ces biens jusquâĂ ce que le fils devienne assez mĂ»r et avisĂ© pour les reprendre. Cela encourageait et motivait les soldats Ă combattre avec fermetĂ©, car ils Ă©taient certains que les terres leur appartenaient et quâelles reviendraient ensuite Ă leurs fils.
DĂ©fenseur de la SharĂźâah et de la Sunna
NĂ»r ad-DĂźn construisit Ă Damas un institut pour lâenseignement du hadith et lui alloua dâimportants moyens financiers, ainsi quâĂ ceux qui y travaillaient. Ă notre connaissance, il fut le premier dirigeant Ă bĂątir un institut consacrĂ© au hadith.
Ă Alep, il soutint toutes les initiatives visant Ă appliquer la Sunna prophĂ©tique au sujet de lâadhĂąn (appel Ă la priĂšre), et il dĂ©joua les complots et les discordes des dissidents. Il Ă©tablit des Ă©coles et des Ćuvres de charitĂ©, et rĂ©pandit la justice. En Ăgypte, il ranima la Sunna du ProphĂšte et mit fin Ă toutes les bidâah (innovations blĂąmables) dans la vie religieuse.
Il Ă©tait un exemple remarquable dâattachement aux enseignements de lâislam. Il ne laissait personne altĂ©rer les principes authentiques de la religion. Si quelquâun osait commettre un acte illicite touchant Ă la religion, NĂ»r ad-DĂźn le punissait avec justice ; il Ă©tait dĂ©cisif en cela. Il disait : « Nous sĂ©curisons les routes contre les voleurs et les brigands, qui sont moins nuisibles ; ne prĂ©serverons-nous pas la religion et ne la sĂ©curiserons-nous pas ? Elle est plus digne dâĂȘtre protĂ©gĂ©e. »
Il construisit de nombreuses mosquĂ©es et consacra des fondations pieuses (awqĂąf) aux savants et aux rĂ©citateurs du Coran â un geste sans prĂ©cĂ©dent. Il y consacra une grande fortune.
NĂ»r ad-DĂźn interdit de boire et de vendre du vin dans tout lâĂtat islamique. Il aurait dit : « Allah, glorifiĂ© soit-Il, a créé les gens et Il sait ce qui est le meilleur pour eux ; Il a lĂ©gifĂ©rĂ© une loi qui est pour leur bien. Le bien des gens sâaccomplit parfaitement par lâadoption de cette loi islamique. Sâil y avait plus dâavantage dans autre chose que la loi islamique, Allah lâaurait prescrit. Nous nâavons donc besoin dâaucune autre loi. »
Il frĂ©quentait de prĂ©fĂ©rence les savants religieux, quâil tenait en trĂšs haute estime ; mĂȘme les princes les enviaient. Si un serviteur critiquait un savant, il le rĂ©primandait en disant : « Et qui est infaillible ? Je pense que lâhomme parfait est celui dont on peut compter les pĂ©chĂ©s. »
Sa justice
NĂ»r ad-DĂźn fut le premier dirigeant Ă Ă©tablir une cour de justice. Il assistait Ă ses sĂ©ances quatre ou cinq jours par semaine afin dâexaminer les problĂšmes des gens et dây mettre fin. Il nâemmenait avec lui que des savants et des juristes. Il ne venait pas avec des gardes, afin que toute personne â faible ou forte, pauvre ou riche â puisse lâatteindre Ă tout moment. Il sâadressait Ă chacun avec douceur.
Contrairement aux cours des autres rois, la sienne nâĂ©tait remplie que de discussions scientifiques et religieuses, ainsi que de consultations au sujet du jihĂąd. Elle Ă©tait dĂ©pourvue de dĂ©bauche, dâinsultes, de mĂ©disance, de diffamation ou de calomnie.
La justice de NĂ»r ad-DĂźn se manifestait dans la mise Ă lâhonneur de ce qui est conforme Ă la SharĂźâah pure. Il disait : « Nous avons Ă©tĂ© créés et chargĂ©s pour elle [la SharĂźâah], et nous devons accomplir ses commandements. »
Une autre preuve de sa justice : il ne punissait jamais sur la base dâune simple accusation. Il convoquait des tĂ©moins et recherchait sans relĂąche les preuves. Mais une fois la preuve Ă©tablie, lâaccusĂ© Ă©tait puni sans dĂ©lai, selon la peine prescrite par la SharĂźâah. La rĂšgle de droit sâappliquait autant aux soldats du roi quâĂ ses proches.
Dans dâautres rĂ©gions du monde, Ă cette Ă©poque, les chĂątiments excessifs et les poursuites fondĂ©es sur de simples soupçons Ă©taient courants. Mais NĂ»r ad-DĂźn, surnommĂ© le roi juste, Ă©vita ces mĂ©thodes de gouvernement pĂ©nibles, ce qui fit naĂźtre la sĂ©curitĂ© et la prospĂ©ritĂ© dans son royaume malgrĂ© son immensitĂ©. La justice et lâapplication de la SharĂźâah contribuĂšrent Ă une forte baisse de la criminalitĂ©.
Il exonĂ©ra dâimpĂŽts les habitants du Levant, de la pĂ©ninsule Arabique, de Mossoul et des villes dâĂgypte. Il aidait les opprimĂ©s quels que soient leur rang social, car tous Ă©taient Ă©gaux Ă ses yeux. Il Ă©coutait leurs plaintes et les examinait lui-mĂȘme.
Un jour, il entra au TrĂ©sor public et remarqua une somme dâargent. Il sâen enquit. On lui dit que le juge KamĂąl ad-DĂźn lâavait envoyĂ©e et quâelle avait Ă©tĂ© collectĂ©e dans tel et tel endroit. Il rĂ©pondit : « Cet argent nâest pas Ă nous ; nous nâavons aucun droit sur lâargent des lieux que vous avez mentionnĂ©s. » Puis il ordonna quâon le renvoie.
Réalisations civiles
Il se souciait constamment de lâintĂ©rĂȘt public et des conditions de vie de son peuple. Ses prĂ©occupations Ă©taient tournĂ©es vers le service de lâislam et lâĂ©tablissement des infrastructures dâun Ătat islamique, par la construction dâĂ©coles, de mosquĂ©es et dâautres institutions.
Il lança de nombreux projets pour servir les musulmans et protĂ©ger leurs personnes et leurs territoires. Il bĂątit des murailles et des chĂąteaux dans lâensemble des rĂ©gions du Levant, telles quâAlep, Hamah, Homs, Damas, Shiraz et Manbij, y consacrant dâimportantes sommes.
Il Ă©tablit aussi des Ă©coles shafĂ©ites et hanafites Ă Alep, Hamah, Damas et dans dâautres villes. Il construisit des mosquĂ©es dans lâensemble des terres musulmanes. Sa mosquĂ©e de Mossoul Ă©tait un chef-dâĆuvre architectural. Il bĂątit Ă©galement lâune des plus belles mosquĂ©es de Hamah sur le fleuve al-âĂsĂź (Oronte). Il consacra des fondations pieuses aux malades, aux calligraphes, aux enseignants du Coran, ainsi quâaux habitants de La Mecque et de MĂ©dine.
Il construisit de nombreux hÎpitaux, dont le plus grand se trouvait à Damas. Nûr ad-Dßn en fit une fondation pieuse au bénéfice de tous les musulmans, riches comme pauvres.
Il fit bĂątir des maisons dâhĂŽtes le long des routes afin de prĂ©server la vie et les biens des voyageurs et de leur offrir, en hiver, des abris chauds et sĂ»rs. Il construisit aussi de nombreux orphelinats et dĂ©pensa beaucoup pour les orphelins et ceux qui en prenaient soin.
Ce dirigeant avisĂ© accorda aux princes arabes de son Ă©poque de vastes terres, afin quâils nâaugmentent pas les taxes imposĂ©es aux pĂšlerins. Il ordonna aussi Ă ses hommes de construire un mur autour de MĂ©dine et de creuser un puits au mont Uhud. Il bĂątit des ponts et creusa de nombreux canaux.
Sa mort
NĂ»r ad-DĂźn se conformait aux ordres dâAllah et demandait Ă ses partisans dâen faire autant. Sans doute, celui qui donne un bon exemple aura sa rĂ©compense, ainsi que des rĂ©compenses supplĂ©mentaires Ă©gales Ă celles obtenues par ceux qui le suivent jusquâau Jour du Jugement.
Ibn al-AthĂźr dit : « Jâai lu sur lâĂ©poque prĂ©islamique et sur lâhistoire de lâislam jusquâĂ notre Ă©poque, mais je nâai jamais connu de souverain plus noble que le roi juste NĂ»r ad-DĂźn, Ă lâexception des Califes bien guidĂ©s et de âUmar ibn âAbd al-âAzĂźz. »
NĂ»r ad-DĂźn Ă©tait un grand combattant et un archer habile. Il avançait en premiĂšre ligne avec ses compagnons sur le champ de bataille, demandant Ă Allah le TrĂšs-Haut le martyre. Il souhaitait ĂȘtre ressuscitĂ© au Jour du Jugement depuis les ventres des bĂȘtes ou les jabots des oiseaux. Il disait : « Jâai combattu dans de nombreuses batailles et jâai dĂ©sirĂ© le martyre, mais je ne lâai pas obtenu. »
En lâentendant dire cela, lâimam Qutb ad-DĂźn an-NaysĂąbĂ»rĂź lui dit : « Je tâadjure par Allah de ne pas risquer ta vie, lâislam et les musulmans : tu es leur appui. Si tu Ă©tais tuĂ©, les musulmans seraient massacrĂ©s et leurs terres envahies. » NĂ»r ad-DĂźn rĂ©pondit : « Que signifie tout cela ? Qui suis-je pour ĂȘtre considĂ©rĂ© si important ? Il y en a Un qui a sauvegardĂ© lâislam et ses terres avant moi : Allah, en dehors de Qui il nây a pas de divinitĂ©. »
Avant sa mort, NĂ»r ad-DĂźn se prĂ©para Ă reconquĂ©rir JĂ©rusalem et fit fabriquer le minbar depuis lequel serait prononcĂ© le premier sermon du vendredi aprĂšs la reprise de la ville. Mais avant dâatteindre ce noble objectif, il mourut au mois de ShawwĂąl 569 H (1173 de lâĂšre chrĂ©tienne). Il fut enterrĂ© dans la citadelle de Damas, puis son corps fut transfĂ©rĂ© dans son mausolĂ©e attenant Ă son Ă©cole prĂšs dâal-KhayyĂąrĂźn. QuâAllah fasse misĂ©ricorde Ă son Ăąme.
Allah le TrĂšs-Haut dit : (Quant Ă cette demeure de lâau-delĂ , Nous lâassignons Ă ceux qui ne recherchent ni domination sur terre ni corruption, et la bonne fin appartient aux pieux.) (Al-Qasas 28:83)
Par lâimam AbĂ» ShĂąmah al-MaqdisĂź
Cet article est un extrait, avec modifications, dâune traduction dâun ouvrage arabe intitulĂ© Mukhtasar KitĂąb ar-Rawdatayn fĂź AkhbĂąr ad-Dawlatayn, compilĂ© par lâimam AbĂź ShĂąmah, rĂ©visĂ© par le Dr Muhammad MĂ»sĂą ach-CharĂźf, et publiĂ© par DĂąr al-Andalus al-KhadrĂąâ.
Le Dr Muhammad MĂ»sĂą ach-CharĂźf est nĂ© Ă Djeddah (Arabie saoudite) et a Ă©tĂ© diplĂŽmĂ© de la FacultĂ© de SharĂźâah de lâUniversitĂ© islamique Imam Muhammad ibn SaâĂ»d en 1408 H. Il a obtenu son master et son doctorat en Coran et Sunna Ă la FacultĂ© dâUsĂ»l ad-DĂźn (thĂ©ologie) de lâUniversitĂ© Umm al-QurĂą. Il est maĂźtre assistant au dĂ©partement dâĂ©tudes islamiques de lâUniversitĂ© King Abdul Aziz.
AbĂ» ShĂąmah est un grand imam et juriste. Il est nĂ© Ă Damas en 599 H. Il a perfectionnĂ© les diffĂ©rentes lectures de rĂ©citation du Coran Ă lâĂąge de 17 ans et a Ă©tudiĂ© les traditions prophĂ©tiques. Il a enseignĂ©, rendu des avis juridiques et excellĂ© en langue arabe.