Savoir comment se comporter et s’il est convenable de rendre visite à des proches ou des membres de la famille qui s’adonnent régulièrement à la médisance (ghibah) est une situation délicate qui touche à la fois aux liens de parenté et à l’éthique religieuse.

Le devoir de réprobation douce et de conseil

Cheikh `Abdul-Majeed Subh, éminent savant d’Al-Azhar, déclare :

« Lorsqu’un musulman est témoin d’un mal, comme la médisance ou autre chose de semblable, il doit le réprouver et ne craindre qu’Allah. Toutefois, nous conseillons de faire preuve de douceur et de bienveillance dans cette réprobation. Il convient de conseiller ceux qui commettent ce péché avec sagesse, en essayant de les amener à accepter le conseil et à renoncer à leur mauvais comportement. »

Avant d’envisager toute rupture ou prise de distance, l’effort premier doit porter sur le rappel bienveillant et la guidance des membres de sa famille.

L’attitude à adopter en cas de persistance dans le péché

Si les exhortations ne portent pas leurs fruits après de multiples tentatives, la démarche évolue pour protéger sa propre spiritualité :

« Supposons qu’ils persistent dans cette pratique et qu’après une longue expérience avec eux, vous n’ayez plus d’espoir de voir leur comportement s’améliorer. Il est alors possible de leur faire comprendre que leur insistance à médire des autres peut justifier le fait qu’un musulman cesse de participer à de telles réunions. »

Dans le cas où la situation demeure bloquée et que tout espoir d’amendement s’avère vain lors de ces assises, la tolérance trouve ses limites :

« Puis, si après un certain temps tout espoir de les voir changer disparaît, il est permis de délaisser leurs rassemblements, et nous ne sommes pas tenus de rendre visite à des proches à l’occasion de telles réunions.

Qu’Allah nous guide tous vers le droit chemin. Amine ! »