La sadaqa (aumône volontaire) consiste à aider autrui de quelque manière que ce soit : lui donner de l’argent, lui consacrer du temps, l’écouter attentivement, l’orienter vers le droit chemin, compatir à sa situation, lui sourire, retirer de la voie publique ce qui pourrait lui nuire, etc. Toutes ces actions constituent des formes de sadaqa au sens large.
La sadaqa discrète est celle qui est donnée en secret, sans que personne d’autre qu’Allah Tout-Puissant n’en ait connaissance. Lorsqu’une personne vient ainsi en aide à un nécessiteux, elle lui épargne le sentiment d’infériorité qu’il pourrait éprouver si cette aide lui était apportée devant d’autres personnes.
1. Préservation de la dignité et cohésion sociale
Elle permet aux plus démunis de subvenir à leurs besoins tout en les préservant des sentiments d’envie et de rancœur qu’ils pourraient nourrir à l’égard des personnes aisées. Des sentiments d’affection et de respect peuvent alors se développer entre les uns et les autres. Cela contribue à renforcer l’unité de la société ainsi que les liens d’entraide et de solidarité entre ses membres.
Lorsque les besoins des personnes pauvres sont pris en charge dans un cadre qui préserve leur dignité, la tension liée à leurs difficultés matérielles s’atténue et leur motivation à travailler peut s’en trouver renforcée. Cette amélioration se répercute également sur leurs relations avec leur entourage.
Nombreux sont ceux qui vivent dans une grande précarité tout en refusant de demander l’aumône. Une aide apportée discrètement peut leur être d’un grand secours et leur éviter de s’exposer à l’humiliation. Allah Tout-Puissant dit à leur sujet :
« (Les aumônes sont destinées) aux pauvres qui se trouvent dans la gêne pour la cause d’Allah et qui ne peuvent parcourir la terre pour faire du commerce. L’ignorant les croit riches en raison de leur retenue. Tu les reconnaîtras à leurs signes : ils ne demandent pas aux gens avec insistance. » (Al-Baqara, 2:273)
2. Bienfaits spirituels et purification de l’âme
Pour celui qui donne, le geste lui-même est source de bonheur et contribue à purifier l’âme. Il l’aide à se libérer de l’égoïsme et à développer un véritable esprit de solidarité envers autrui.
C’est aussi un moyen de préserver ses biens : en venant en aide aux autres, il gagne leur affection et se prémunit ainsi contre l’influence de leur envie. En définitive, cet acte profite à la fois à celui qui donne et à celui qui reçoit. Allah Tout-Puissant dit :
« Et quelque bien que vous dépensiez, c’est pour vous-mêmes. Et vous ne dépendez que pour rechercher la Face d’Allah. Et tout bien que vous dépensez vous sera pleinement restitué, et vous ne serez point lésés. » (Al-Baqara, 2:272)
En outre, cette générosité discrète peut aider celui qui donne à surmonter la tristesse et l’abattement. Lorsqu’il vient en aide aux plus démunis, il peut éprouver une profonde joie, particulièrement lorsqu’il les entend invoquer Allah en sa faveur et lui exprimer leur gratitude.
3. L’allégorie coranique et la portée spirituelle
Méditez sur l’image qu’Allah Tout-Puissant donne dans le verset suivant pour décrire celui qui dépense généreusement en recherchant Son agrément :
« Et l’exemple de ceux qui dépensent leurs biens en recherchant l’agrément d’Allah et pour affermir leurs âmes est celui d’un jardin situé sur une hauteur. Une pluie abondante l’atteint et il produit deux fois plus de fruits. Et si la pluie abondante ne l’atteint pas, c’est alors une pluie fine. Allah voit parfaitement ce que vous faites. » (Al-Baqara, 2:265)
À la lumière de ce qui précède, l’analyse psychologique de l’influence de l’aumône discrète, aussi bien sur celui qui donne que sur celui qui la reçoit, montre qu’elle fait disparaître l’humiliation ressentie par le bénéficiaire ainsi que la gêne éprouvée par le donateur.
Elle instaure entre eux un climat de coexistence pacifique qui plaît à Allah Tout-Puissant. Elle éteint également la colère qu’Allah Très-Haut pourrait éprouver à l’égard de celui qui donne, comme le rapporte un hadith qudsî :
« La sadaqa discrète éteint la colère d’Allah. »