Le Prophète (paix et bénédictions soient sur lui) a énormément souffert dans ses efforts pour guider son peuple vers son bonheur ici-bas et dans l’au-delà. Il a rencontré leur opposition et leur résistance lorsqu’il appelait à l’islam en secret, puis plus tard lorsqu’il l’a proclamé ouvertement. Il ne pouvait toujours pas accomplir correctement la prière autour de la Maison sacrée alors qu’il y avait 360 idoles tout autour, et que n’importe quel polythéiste pouvait venir faire la circumambulation, s’incliner et se prosterner devant son idole sans être inquiété ou empêché.

Les épreuves et le boycott à La Mecque

À l’époque où des hommes et des femmes faisaient le tawaf autour de la Maison sacrée nus, Abû Bakr fut frappé lorsqu’il récita des versets du Coran près d’elle. Utbah ibn Rabiah alla même jusqu’à lui gifler le visage avec ses chaussures. À cette époque, Sumayyah bint Khayyat et son mari Yâsir furent battus à mort, tandis qu’Ibn Mas`ûd, Abû Dharr, Khabbâb, Fâtimah bint Al-Khattâb et Zunayrah furent battus jusqu’à perdre connaissance.

Un boycott économique et social fut imposé aux musulmans, interdisant à quiconque de leur vendre de la nourriture ou de la boisson, de se marier avec eux ou de leur rendre visite, au point qu’ils durent manger des feuilles d’arbres. Parallèlement, les Quraysh présentèrent au Prophète (paix et bénédictions soient sur lui) des offres telles que :

  • Un pot-de-vin très généreux qui ferait de lui l’homme le plus riche de toute la péninsule.
  • Le pouvoir et la royauté, afin qu’il soit le premier obéi de son peuple.
  • Un traitement médical pour sa maladie, s’il était malade ou psychologiquement perturbé.
  • Un accord selon lequel il prierait leurs divinités un jour et, en retour, ils prieraient son Dieu le lendemain, ce qui allait à l’encontre de sa foi.
  • Une demande de fixer des lieux de rencontre avec les esclaves à l’écart des lieux de réunion des riches, compromis fondé sur une discrimination raciale contraire à ses valeurs morales.

Tout cela lui serait offert s’il abandonnait entièrement son appel, ou s’il en écartait tout ce qui déplaisait à son peuple, en particulier à ceux qui détenaient l’autorité et la richesse.

L’épreuve d’At-Tâ’if et l’invocation du Prophète

Le Prophète (paix et bénédictions soient sur lui) refusa et s’accrocha à la vérité, persévérant sur sa voie. Il fut exposé à leurs moqueries, insultes et coups malgré l’estime et l’honneur dont il jouissait auprès des siens. Il quitta donc la ville pour chercher un autre endroit où il pourrait trouver refuge et où son appel à l’islam pourrait être accepté.

Il se rendit à At-Tâ’if, dont les habitants se montrèrent encore plus nuisibles envers lui que son propre peuple. Ils ne le traitèrent ni avec l’hospitalité si célèbre chez les Arabes, ni avec la considération due à un Messager qui a le droit de leur transmettre la parole d’Allah tandis qu’ils ont le droit de l’accepter ou de la rejeter. Ils refusèrent de l’écouter et lui refusèrent le droit d’exposer son message de manière pacifique. Ils excitèrent les enfants et les gens vicieux pour le chasser comme un fugitif qui ne possédait plus rien sinon sa foi en son Seigneur et sa détermination à poursuivre son appel à l’islam sans renoncer à la moindre partie de celui-ci.

De retour à La Mecque, sa ville d’origine, le pays de sa famille et de ses proches, la résidence de son épouse et de ses enfants, il ne fut pas autorisé à y entrer. Il dut se placer sous la protection d’Al-Mutim ibn Adî. Muhammad tourna alors son visage vers le ciel. Avec humilité et piété, il supplia Allah par la plus belle des invocations :

« Ô Allah ! C’est à Toi que je me plains de ma faiblesse, du peu de ressources dont je dispose et de mon insignifiance aux yeux des gens. Ô Très Miséricordieux ! Tu es le Seigneur des faibles, Tu es mon Seigneur. À qui vas-Tu me confier ? À quelqu’un d’éloigné qui me maltraitera ? Ou à un ennemi à qui Tu as donné pouvoir sur moi ? Si Tu n’es pas en colère contre moi, alors je ne m’en soucie pas. Cependant, Ta protection m’est plus large (plus douce). Je cherche refuge dans la lumière de Ton Visage par laquelle les ténèbres sont illuminées et grâce à laquelle les affaires de ce monde et de l’au-delà sont ordonnées à bon escient, afin que Ta colère ne descende pas sur moi et que Ton indignation ne s’abatte pas sur moi. C’est à Toi qu’appartient la satisfaction jusqu’à ce que Tu sois pleinement satisfait. Il n’y a de force ni de puissance qu’en Toi. »

Les récompenses divines

Alors Allah le récompensa de la manière suivante :

  • Un esclave nommé `Addâs répondit à son appel à l’islam. Or il est connu que guider une seule personne sur la voie d’Allah est meilleur que de posséder tous les trésors de ce bas monde.
  • Allah lui envoya un groupe de djinns qui écoutèrent sa prédication et repartirent ensuite auprès des leurs pour les avertir.
  • Six hommes de Yathrib lui répondirent et formèrent un groupe de pionniers pour l’appel à l’islam à Al-Madînah Al-Munawwarah, posant ainsi les fondations de l’islam sur cette terre. Ces six hommes étaient Asad ibn Zurârah, Awf ibn Al-Hârith, Râfiibn Mâlik, Qutbah ibnÂmir, Uqbah ibn Âmir et Jâbir ibn Abdillah. Cela eut lieu à un moment où toutes les tribus l’avaient refusé, y compris Banû Kalb, Banû Hanîfah, Banû Âmir ibn Sasaah, Fuzârah,
  • Un certain nombre de membres très respectés de leurs tribus acceptèrent son appel. Parmi eux se trouvaient le poète Suwayd ibn As-Sâmit, Iyas ibn Muâdh, Abû Dharr Al-Ghifârî, At-Tufayl ibn Amr Ad-Dawsî, chef de la tribu de Daws.
  • Le Voyage nocturne (Al-Isrâ’) jusqu’à Jérusalem et l’Ascension (Al-Mi’râj) jusqu’à l’Assemblée sublime : « Puis il se rapprocha, et il descendit encore plus bas, et fut à deux portées d’arc ou plus près encore. » (An-Najm, 53 : 8-9)

Par le Dr Salah Sultan