Analyser la cause des meurtres en série et les dérives criminelles d’un point de vue éthique et religieux amène à examiner la notion de responsabilité morale et spirituelle en islam.
La gravité du meurtre et la responsabilité individuelle
Zeinab Al-`Alawani, enseignante de fiqh et d’études islamiques à la Graduate School of Islamic and Social Sciences, déclare ce qui suit :
« Le meurtre est un péché grave en islam. Il compte parmi les actes les plus abominables qui attirent la colère d’Allah. Que cette conclusion soit exacte ou non ne change rien au fait que chaque personne est responsable de ses propres actes.
Même si un tueur en série a été manipulé ou utilisé par d’autres personnes, il demeure responsable de ce qu’il a commis. »
L’islam rejette l’idée qu’une influence extérieure ou un déterminisme absolu puisse totalement effacer le libre arbitre d’un individu coupable d’actes criminels.
Les préventions et les influences spirituelles
Pour contrer les penchants destructeurs et les dérives de l’âme, la tradition musulmane insiste sur la construction d’une éthique de paix :
« C’est pourquoi l’islam nous recommande de renforcer notre foi, de préserver et de développer le respect envers autrui, de promouvoir la paix et de nous éloigner de tout comportement susceptible de nous conduire vers ce qui est haram. »
Concernant les instigations invisibles ou psychologiques poussant au mal, le Coran rappelle la protection divine accordée à ceux qui s’en remettent à leur Créateur :
« Il est vrai que les démons insufflent aux êtres humains de mauvaises suggestions afin de les pousser à commettre des actes atroces. Toutefois, comme le dit le Coran :
“Il n’a aucun pouvoir sur ceux qui croient et placent leur confiance en leur Seigneur.” (An-Nahl, 16:99) »
En définitive, la responsabilité individuelle demeure le pilier central permettant de juger les actes et de comprendre la déviance humaine face à la justice divine.