Les ouvrages de mustalah (méthodologie du hadith) parlent de plusieurs catégories de hadiths selon leur statut. On peut établir les grandes classifications suivantes, dont chacune sera expliquée dans de prochains articles.

Critères de classification en méthodologie du Hadith

  • Selon la référence à une autorité particulière, c’est-à-dire le Prophète (paix et bénédictions sur lui), un Compagnon ou un Successeur ; ces hadiths sont appelés respectivement marfu (« élevé »), mauquf (« arrêté ») et maqtu (« rompu »).
  • Selon les maillons de l’isnad (chaîne de transmission), c’est-à-dire selon que la chaîne des rapporteurs est interrompue ou ininterrompue ; par exemple musnad (« appuyé »), muttasil (« continu »), munqati (« rompu »), muallaq (« suspendu »), mu`dal (« problématique ») et mursal (« envoyé »).
  • Selon le nombre de rapporteurs impliqués à chaque niveau de l’isnad ; par exemple mutawatir (« consécutif ») et ahad (« isolé »), ce dernier se divisant en gharib (« rare, étrange »), `aziz (« peu répandu, fort ») et mashhur (« célèbre »).
  • Selon la manière dont le hadith a été rapporté, comme l’emploi des termes arabes an (« d’après », « sur l’autorité de »), haddathana (« il nous a rapporté »), akhbarana (« il nous a informés ») ou samitu (« j’ai entendu »). Relèvent de cette catégorie la discussion sur les hadiths mudallas (« dissimulés ») et musalsal (« à chaîne uniforme »). Dans la citation des isnads dans la série d’articles qui suit, le premier mode de narration mentionné ci-dessus sera représenté par une ligne simple discontinue ainsi : —. Les trois autres modes de narration mentionnés ci-dessus, qui indiquent tous fortement une transmission claire et directe du hadith, seront représentés par une double ligne ainsi : ===.
  • Selon la nature du matn (texte) et de l’isnad ; par exemple un ajout fait par un rapporteur fiable, connu sous le nom de ziyadatu ath-thiqah, ou une opposition d’une autorité moindre à une autorité plus fiable, connue sous le nom de shadh (« irrégulier »). Dans certains cas, un texte contenant une expression vulgaire, une remarque déraisonnable ou une affirmation manifestement erronée est rejeté d’emblée par les traditionnistes, sans considération de l’isnad. Un tel hadith est appelé munkar (« dénoncé »). Si une expression ou une affirmation est prouvée comme étant un ajout d’un rapporteur au texte, elle est déclarée mudraj (« interpolée »).
  • Selon un défaut caché que l’on trouve dans l’isnad ou le texte d’un hadith. Bien que cela puisse être inclus dans certaines des catégories précédentes, un hadith muallal (hadith défectueux) mérite d’être expliqué séparément. Le défaut peut être causé de plusieurs manières ; par exemple, deux types de hadith muallal sont connus sous les noms de maqlub (« renversé ») et mudtarib (« instable »).
  • Selon la fiabilité et la mémoire des rapporteurs. Le jugement final porté sur un hadith dépend de manière cruciale de ce facteur. Les verdicts tels que sahih (« authentique, sain »), hasan (« bon »), daif (« faible ») et maudu (« fabriqué, forgé ») reposent principalement sur la nature des rapporteurs figurant dans l’isnad.

Par le Cheikh Suhaib Hassan