Garder ses priorités en ordre
Les priorités en islam guident chaque croyant pour distinguer entre les actes obligatoires (wajib) et les actes optionnels (nafl), de sorte qu’une juste connaissance du fiqh oriente notre adoration et notre vie quotidienne. Dans son célèbre ouvrage Al-Hikam (Les paroles de sagesse), le cheikh Ahmad Ibn `Ata’illah As-Sakandari dit :
« Un signe que l’on suit ses passions, c’est d’être actif dans les bonnes œuvres surérogatoires tout en étant négligent dans les obligations requises. »
Le rôle du fiqh et de la saine compréhension
L’étape suivante de notre cheminement vers Allah exige une connaissance solide et une compréhension profonde. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit :
« Si Allah veut élever quelqu’un, Il lui accorde la connaissance (fiqh) de la religion. »!– /wp:paragraph –>
La connaissance (fiqh) ne se limite pas aux jugements juridiques relatifs aux actes d’adoration pratiques et aux aspects sociaux. En principe, le fiqh signifie la compréhension profonde et la pleine intelligence de la loi islamique et de ses différents jugements. Cette compréhension approfondie de la loi islamique est très importante dans notre cheminement vers Allah.
Comprendre les priorités en islam
En droit islamique, il y a des principes (usul) et des questions secondaires (furu`). Les principes ont priorité sur les questions secondaires. Il y a des obligations requises et des bonnes œuvres optionnelles. Les obligations ont priorité sur les actes optionnels.
Il existe des grands péchés et des petits péchés. Les grands péchés priment, en termes d’évitement, sur les petits. L’action du cœur est plus importante que l’action des autres membres du corps et a donc une priorité plus élevée. Le péché commis par le cœur est plus dangereux que le péché commis par les autres organes. Et ainsi de suite.
Exemples concrets des priorités en islam
Il faut être conscient de ces différences et de leurs implications ; autrement, la personne suivra ses passions et non une compréhension correcte de la loi islamique. Sans la science des priorités, on se limite aux apparences extérieures et l’on passe à côté de l’essence de la foi.
Exemple : pèlerinage vs. embellissement de mosquée
Par exemple, si vous disposez d’une somme d’argent avec laquelle vous pouvez soit accomplir le pèlerinage, soit contribuer à l’amélioration du bâtiment d’une mosquée, une compréhension correcte implique que vous commenciez par le pèlerinage. Le pèlerinage est une obligation et l’un des piliers de l’islam ; il doit donc être accompli en premier, alors qu’améliorer ou embellir le bâtiment d’une mosquée est facultatif et, en réalité, non nécessaire. Si vous donnez la priorité à l’acte optionnel sur l’obligation fondamentale, alors, dit le cheikh, vous suivez vos passions et non la voie droite.
Exemple : soins aux parents âgés vs. report du Hajj
Cependant, si cet argent est nécessaire, par exemple, pour les médicaments de votre mère âgée, vous devez le dépenser pour elle et retarder l’accomplissement du pèlerinage. Prendre soin de votre mère est une obligation immédiate, tandis que le pèlerinage est une obligation qui peut être différée. Si vous faites le contraire, c’est un signe que vous suivez vos passions et non une connaissance correcte.
Actes optionnels vs. actes obligatoires
Malheureusement, certaines personnes accomplissent actes surérogatoires tout en négligeant les obligations élémentaires de la foi.
Exemple : manquer une prière obligatoire pour une prière optionnelle
Un autre exemple : si vous disposez d’un temps limité soit pour accomplir la prière obligatoire à son heure, soit pour faire les deux rak‘a (unités de prière) de salutation de la mosquée, et que si vous accomplissez la prière optionnelle vous manquerez la prière obligatoire, que devez-vous faire en premier ? La réponse est : accomplir d’abord la prière obligatoire. Si vous faites la prière de salutation de la mosquée et manquez ainsi la prière obligatoire, c’est un signe de mauvaise compréhension et de suivisme des passions.
Formalisme rituel vs. valeurs islamiques fondamentales
Malheureusement, certaines personnes sont très attachées à accomplir des actes surérogatoires, en particulier des formalités rituelles, alors qu’elles négligent les obligations fondamentales de la foi. Il est admis que la bienfaisance envers les parents est une obligation :
{Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui, et que vous soyez bienfaisants envers vos parents…} (Al-Isrâ’ 17:23)
Il est également obligatoire de rendre les dépôts à leurs ayants droit :
{… que celui à qui l’on a fait confiance restitue le dépôt…} (Al-Baqarah 2:283)
Le croyant est aussi tenu de ne pas maudire. Le Prophète a dit :
« Il ne sied pas au croyant d’être un maudisseur ou un diffamateur. »!– /wp:paragraph –>
Exemple : suivre la Sunna extérieure avec un intérieur corrompu
Malheureusement, dans nos sociétés et communautés actuelles, nous voyons des personnes qui prétendent suivre la voie de vie du Prophète – sa manière de s’habiller, son apparence extérieure, etc. – alors qu’elles maltraitent leurs parents, trahissent la confiance publique ou injurient les autres. En d’autres termes, elles se conforment aux apparences extérieures tout en négligeant les obligations.
Exemple : accomplir l’Aïd ou la ‘Umra en abandonnant les obligations
Certaines personnes n’accomplissent pas les prières obligatoires, mais accomplissent la prière de l’Aïd même dans les circonstances les plus difficiles, alors que la prière de l’Aïd est optionnelle. D’autres commettent des péchés graves publiquement, mais accomplissent régulièrement la ‘Umra. La ‘Umra est optionnelle, mais s’abstenir de semer la corruption est obligatoire.
Hadith sur les obligations et les œuvres optionnelles
Nous entendons souvent un hadith dans lequel Allah parle des bonnes œuvres surérogatoires :
«!– /wp:paragraph –>
Mais nous oublions le début du hadith :
« Mon serviteur ne se rapproche de Moi par rien qui Me soit plus aimé que ce que Je lui ai rendu obligatoire. »
Les fondements de l’islam en premier
Si nous accomplissons les obligations comme la prière, la zakat, le jeûne et le pèlerinage, si nous renonçons aux péchés, si nous sommes bienfaisants envers nos parents, si nous traitons les jeunes et les personnes âgées avec douceur, etc., nous entrerons au Paradis.
L’histoire du bédouin et l’enseignement du Prophète
Lorsque le Prophète fut interrogé au sujet de l’islam, il ne commença pas par les formalités ou les apparences extérieures. Un bédouin vint le questionner au sujet des obligations. Le Prophète répondit à chaque obligation clairement et conclut :
« S’il dit vrai, il réussira et entrera au Paradis. » (Al-Bukhari)
Nous demandons à Allah de nous accorder une compréhension correcte et une connaissance saine afin que nous puissions cheminer vers Lui de la manière la plus guidée.
Par Jasser Auda