L’islam est une religion profondément sociale qui vise à établir des règles de conduite et des usages couvrant tous les aspects de la vie, y compris la célébration des Aïd. Les règles de bienséance et les usages islamiques ne sont pas pratiqués de manière inconsciente ou machinale ; ils sont tirés des deux sources fondamentales de l’islam : le Coran et la Sunna. Ils sont donc, au sens le plus strict du terme, d’inspiration divine.

La vie du Prophète Muhammad ﷺ offre de nombreux exemples concrets de bonnes manières : être juste entre deux personnes, aider quelqu’un à monter sur sa monture, l’aider à y charger ses affaires, prononcer de bonnes paroles, enlever les nuisances des chemins et des routes, donner à manger et à boire aux chiens et aux chats errants, être le premier à saluer les autres, rendre visite à ses proches, etc. Même les relations intimes entre époux sont considérées comme une bonne œuvre.

Les caractéristiques les plus fondamentales de la personnalité du musulman idéal devraient être l’humilité, la pudeur et la simplicité ou le naturel, c’est-à-dire l’absence d’affectation. L’orgueil et l’arrogance, sous quelque forme que ce soit, ne sont pas acceptés, car nul individu n’est supérieur à un autre, si ce n’est par son degré de foi et sa contribution en bonnes œuvres.

Les relations sociales revêtent une grande importance, car elles permettent de prévenir ou de limiter l’isolement de l’individu. Les usages sociaux sont également valorisés parce qu’ils favorisent la stabilité et l’harmonie dans les relations entre les membres de la société. Ainsi, les vêtements qui expriment l’orgueil ou affichent ostensiblement un statut social sont interdits. La manière de manger doit témoigner de l’humilité à l’occasion du repas, ainsi que du respect pour la nourriture.

La fonction des règles de bienséance islamiques dans l’unification des communautés musulmanes, tout comme leur rôle d’expression de cette unité, est manifeste. Mais les bonnes manières islamiques ne consistent pas simplement à assurer la cohérence des comportements ; elles visent à favoriser l’adoption constante d’un comportement juste.

La dimension sociale et morale de l’Aïd

À l’Aïd, les règles de bienséance sociale doivent être scrupuleusement respectées d’une manière qui fasse plaisir aux autres et ne cause de tort à personne. Voici quelques-unes des règles de conduite propres à cette occasion.

Partager sa nourriture

L’islam recommande aux musulmans de partager leur nourriture chaque fois que cela est possible. L’Aïd al-Adhâ est une excellente occasion de partager avec les autres une partie de la viande de l’animal sacrifié, en signe d’amour et de sollicitude, et ainsi de préserver l’intégrité de la communauté.

L’islam encourage même les musulmans à organiser de temps à autre des repas auxquels ils invitent d’autres personnes.

Manger ensemble renforce les liens sociaux entre les membres d’une communauté, indépendamment de leur statut social. C’est pourquoi l’islam réprouve le repas auquel les riches sont invités tandis que les pauvres en sont exclus, et le considère comme le pire des repas.

Répandre la bienveillance

L’un des principaux objectifs des règles de bienséance islamiques est de contribuer à établir et à préserver des relations sociales saines.

Parmi les qualités nécessaires à la personnalité du musulman idéal figurent l’honnêteté, le respect d’autrui, le respect de la parole donnée, la maîtrise de la colère, la patience, la modestie et la bienveillance.

Ces vertus éliminent la méfiance et instaurent la confiance, qui constitue le fondement indispensable sur lequel des relations saines peuvent être établies et développées.

Dans la perspective islamique, il ne suffit pas simplement d’éviter de faire du tort aux autres, ni même de leur souhaiter ce que l’on souhaite pour soi-même. Ce qui est demandé aux musulmans les uns envers les autres, c’est une responsabilité mutuelle et une aide concrète.

Éviter les formalités excessives

Les formalités dans les relations, particulièrement pendant les Aïd, devraient être réduites au strict minimum. Cela permet des échanges sociaux plus libres, facilite le bon fonctionnement des relations sociales et favorise les rencontres.

Les musulmans sont encouragés à se rencontrer, car cela renforce les liens sociaux et protège l’individu contre les conséquences psychologiques de l’isolement social. De plus, les musulmans sont encouragés à se fréquenter régulièrement.

Il incombe à l’hôte de se montrer accueillant et généreux envers son invité. Accepter une invitation à partager un repas est fortement recommandé et encouragé en islam.

Faire vivre l’esprit de fraternité

Rendre visite aux malades, participer aux cortèges funèbres, présenter ses condoléances aux personnes endeuillées, les réconforter et les encourager, leur fournir de la nourriture, échanger des cadeaux avec les autres membres de la société, se serrer la main lors des rencontres et des séparations, partager d’autres occasions heureuses telles que les mariages et les naissances, etc., sont autant de moyens de renforcer et de développer les relations sociales.

Une importance particulière est accordée à ces échanges entre proches et voisins pendant les Aïd.

Agir pour Allah

Les relations sociales doivent être totalement exemptes d’intérêts personnels et être établies entièrement pour la satisfaction d’Allah.

Ainsi, un musulman ne devrait pas accepter un cadeau offert par une personne qui cherche, par ce moyen, à l’influencer dans le but de servir un intérêt personnel.

Se rassembler

En islam, la vie sociale est encouragée à une large échelle, notamment à travers les rassemblements de l’ensemble de la communauté.

Il est recommandé que les cinq prières prescrites en islam soient accomplies en congrégation dans la mosquée. Le rassemblement hebdomadaire pour la prière du vendredi est obligatoire pour tout musulman, sous réserve de certaines exceptions.

Il existe également les deux occasions annuelles de l’Aïd al-Fitr et de l’Aïd al-Adhâ.

De plus, des millions de musulmans venus du monde entier se réunissent chaque année à La Mecque pendant quelques jours, à l’occasion de la saison du Hajj.

En vérité, l’islam est une religion profondément sociale.