Au tout début, nous devons noter que l’Islam autorise tout ce qui est pur et bénéfique pour l’être humain. Il encourage le musulman à être fort et à rechercher les moyens de la force. Dans son hadith, le Prophète, paix et bénédictions soient sur lui, nous ordonne en disant : « Apprenez à vos enfants la natation, le tir à l’arc et l’équitation. » Cet appel direct à pratiquer le sport montre la grande importance que l’Islam accorde au sport dans l’éducation des musulmans et dans le fait de rendre leurs corps sains et solides. Il n’est pas étonnant non plus d’entendre l’adage : « Un esprit sain dans un corps sain. »
En apportant plus de lumière sur la question du sport et de ses règles de conduite, le cheikh `Atiyyah Saqr, ancien président du Comité des fatwas d’Al-Azhar, déclare ce qui suit :
Comment l’Islam considère-t-il le sport ?
L’Islam ne s’oppose pas à ce que l’on ait un corps fort grâce à la pratique du sport. Les musulmans sont invités à avoir un corps sain et un esprit sain, en plus d’une moralité saine. Dans le hadith, nous lisons : « Le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que le croyant faible. » (Rapporté par Muslim) Un corps sain et fort est capable d’accomplir aussi bien les devoirs religieux que les devoirs de la vie d’ici-bas.
Les effets du sport sur le corps :
Dans son célèbre ouvrage Zâd Al-Ma`âd, l’imam Ibn Al-Qayyim affirme que le mouvement est l’essence même du sport. Il aide le corps à se débarrasser des déchets alimentaires de façon très naturelle. Il le rend actif, renforce son immunité et le protège des maladies. Chaque organe a son propre sport qui lui convient. Quant à l’équitation, le tir à l’arc, la lutte et la course, ce sont des sports qui profitent à l’ensemble du corps.
Nous voyons que beaucoup de rites islamiques comportent des formes de mouvements qui aident le corps à atteindre une bonne condition physique lorsqu’ils sont accomplis correctement. Les rites du pèlerinage, les visites aux frères musulmans, la visite des malades, les allers-retours vers la mosquée et la participation à de nombreuses activités sociales ne sont rien d’autre que des exercices physiques.
Les règles de conduite du sport en Islam :
Le fait que l’Islam encourage la pratique du sport permet de réaliser à quel point cette voie qu’Allah a donnée à l’humanité est grande, flexible et globale. Dans ce contexte, l’Islam souligne l’importance de l’éducation spirituelle et morale qui doit accompagner l’entraînement physique afin que ce dernier produise les effets escomptés.
En soutenant une équipe, le hooliganisme doit être évité. Il n’y a pas non plus de place pour la jubilation malveillante. Avoir l’avantage dans un jeu ne justifie pas de se moquer d’un adversaire vaincu. L’Islam voit le sport comme un moyen de renforcer l’amour mutuel et la coopération entre les gens, et non comme un moyen de blesser les sentiments. C’est pourquoi la partie victorieuse ne doit jamais se laisser emporter par la joie au point d’insulter ses adversaires, et la partie vaincue ne doit pas être rongée par l’envie devant l’avantage de son homologue. Elle doit garder à l’esprit que sa défaite d’aujourd’hui ouvrira la voie à son succès de demain, si elle fait preuve de patience et cherche à s’améliorer.
Cela nous rappelle l’occasion où le chameau d’un bédouin devança la chamelle du Prophète, connue pour être toujours la première dans les courses. Les musulmans en furent attristés. Commentant l’affaire, le Prophète, paix et bénédictions soient sur lui, dit : « Allah, le Très-Haut, a décrété que rien ne jouira d’une gloire permanente (ce qui signifie que toute situation connaît des hauts et des bas et qu’aucun état n’est permanent). » Le Prophète, paix et bénédictions soient sur lui, prononça cette parole pour apaiser les sentiments de ceux qui trouvaient difficile à accepter que sa chamelle ait été dépassée.
Dans les compétitions, le véritable musulman n’oublie jamais les bonnes manières envers ses adversaires. Mettre la moralité de côté dans les concours et compétitions est une forme d’hypocrisie à laquelle le Prophète a fait allusion lorsqu’il dit : « Il y a quatre caractéristiques : si elles se trouvent toutes chez une personne, c’est un hypocrite pur, et si l’une d’elles s’y trouve, elle porte un trait d’hypocrisie jusqu’à ce qu’elle s’en débarrasse : lorsqu’on lui fait confiance, il trahit la confiance ; lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il promet, il ne tient pas parole ; et lorsqu’il se dispute, il devient dévoyé (recourt à des paroles vile et à une conduite corrompue). »
Conseils pour un musulman qui pratique le sport :
- L’Islam n’autorise pas les matchs ou jeux qui impliquent les deux sexes ensemble, d’une manière qui ouvre la porte à la séduction, à la tentation et à la corruption.
- L’Islam rejette également tous les jeux et sports qui excitent le désir sexuel ou encouragent la déviance morale, comme les femmes qui pratiquent la danse et sont regardées par le public.
- Il n’est pas permis à un musulman de se lâcher dans la pratique du sport d’une façon qui implique de causer du tort aux autres. Pratiquer un sport dans des rues bondées, par exemple, provoquant ainsi des embouteillages, n’est pas une manière islamique de faire.
- Un musulman ne doit pas se laisser absorber par le sport au point de négliger ses devoirs religieux et autres obligations.
- Pendant la pratique du sport, il ne doit y avoir aucune place pour les paroles grossières, les mauvais comportements et les insultes.
- Le fanatisme aveugle pour ou contre une équipe n’a rien à voir avec l’Islam, car cela contredit vraiment les enseignements islamiques qui appellent à l’unité et à l’amour.
- Les hommes doivent pratiquer des sports qui conviennent à leur nature, et inversement. En Islam, il n’est pas permis aux femmes de pratiquer des sports propres aux hommes.
En conclusion, il faut préciser qu’en déclarant quelque chose licite, l’Islam pose certaines conditions qui visent à préserver la moralité et qui sont en accord avec la sagesse générale de la législation. Le sport doit être pratiqué en respectant ces conditions afin d’éviter tout préjudice indésirable. La règle générale de la Sharî`ah est que tout acte qui implique de dépasser les limites, que ce soit dans la nourriture, la boisson, l’habillement ou autre, est interdit. Le Coran déclare : « Ô vous qui avez cru ! N’interdisez pas les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites, et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs. » (Al-Ma’idah : 87)