Savoir s’il est permis de consommer de la viande de cheval fait l’objet de discussions détaillées au sein de la jurisprudence islamique et des différentes écoles juridiques.
La consommation de viande de cheval est licite. L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté, d’après Jabir, qu’il a dit :
Le jour de Khaybar, le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) interdit de manger la chair des ânes domestiques, mais autorisa la viande de cheval.
Il existe également de nombreux hadiths authentiques indiquant que les Compagnons consommaient de la viande de cheval. Parmi eux figure le hadith rapporté par Asma’ bint Abu Bakr — qu’Allah les agrée —, authentifié par Al-Bukhari et Muslim. Elle a dit :
Nous avons abattu un cheval à l’époque du Prophète d’Allah (paix et bénédictions sur lui), puis nous l’avons mangé.
Dans une autre version, elle ajoute :
Et nous étions à Médine.
Parmi les savants qui ont affirmé la licéité de la viande de cheval figurent Shurayh Al-Qadi, Al-Hasan Al-Basri, Ata’, Said ibn Jubayr, Al-Layth ibn Sa`d, Sufyan Ath-Thawri, Abu Yusuf, Muhammad ibn Al-Hasan, Abu Thawr et d’autres.
Abu Hanifah, Al-Awza`i et Malik étaient toutefois d’avis que sa consommation est répréhensible. Selon l’école malikite, cette réprobation relève du makruh tanzihi, c’est-à-dire d’un acte déconseillé sans être strictement interdit.
Ils se sont également appuyés sur des récits rapportés dans les Sunan d’Abu Dawud, d’An-Nasa’i et d’Ibn Majah, selon lesquels le Prophète (paix et bénédictions sur lui) aurait interdit de manger la viande de cheval, de mulet et d’âne. Ils ont également invoqué la parole d’Allah :
Et les chevaux, les mulets et les ânes, afin que vous les montiez et qu’ils soient pour vous une parure. Et Il crée ce que vous ne savez pas. (An-Nahl, 16 : 8)
Cependant, l’imam Ash-Shafi`i et ceux qui partagent son avis ont expliqué que ce verset n’a pas pour objet d’établir ce qui est licite ou interdit. Il vise plutôt à rappeler les bienfaits qu’Allah accorde à Ses serviteurs et à attirer leur attention sur la perfection de Sa puissance et de Sa sagesse.
Quant au hadith invoqué par Abu Hanifah, Malik et ceux qui partagent leur opinion, l’imam Ahmad a déclaré que sa chaîne de transmission n’était pas solide et qu’elle comportait deux narrateurs inconnus.
Il n’est donc pas possible de délaisser des récits authentiques au profit d’un récit faible. Pour cette raison, l’avis considéré comme le plus solide est que la consommation de viande de cheval est licite.