Il existe une différence évidente entre les compétitions permises et les paris interdits. Une compétition permise se déroule entre deux équipes, et le vainqueur reçoit un prix payé par une tierce partie. En revanche, un pari interdit — qui n’est rien d’autre que du jeu d’argent — consiste à ce que deux spectateurs parient entre eux une certaine somme d’argent, somme qui sera payée par celui qui soutient l’équipe perdante à celui qui soutient l’équipe gagnante. Il s’agit d’un pari qui n’a aucun lien avec la compétition entre les deux équipes, puisqu’il a lieu entre deux parties qui n’ont aucune relation avec la compétition, et que ladite somme est versée à quelqu’un qui n’a aucune relation avec la compétition.

L’exemple historique d’Abu Bakr

Ce type de pari a eu lieu entre Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) et les polythéistes avant que les paris ne soient interdits, à propos du verset coranique dans lequel Allah Tout-Puissant dit : « Les Romains ont été vaincus. Dans la terre la plus proche (Syrie, Irak, Jordanie et Palestine), et après leur défaite, ils seront les vainqueurs. » (Ar-Rûm, 30:4)

Abu Bakr paria avec les mécréants une somme d’argent en affirmant que les Romains vaincraient les Perses dans un délai de trois ans. Lorsque Abu Bakr informa le Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) de cela — et que le jeu d’argent n’avait pas encore été interdit à ce moment-là — le Prophète lui ordonna d’allonger cette période de trois ans à neuf ans, car l’arabe indique que la victoire aura lieu dans un délai de trois à neuf ans.

Au cours de cette période, les Romains vainquirent les Perses et Abu Bakr remporta le pari. Dans ce cas, les deux parties étaient Abu Bakr et les polythéistes, et tous deux n’avaient rien à voir avec la guerre entre les Romains et les Perses. Leur pari était donc une forme de jeu d’argent. Plus tard, l’interdiction du jeu d’argent fut révélée, et lorsque Abu Bakr reçut l’argent du pari, le Messager d’Allah lui ordonna de le dépenser pour les pauvres.

Par le Cheikh Faysal Mawlawi Le Cheikh Faysal Mawlawi est le vice-président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche.