La Sunna désigne la voie du Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Elle englobe tout ce qu’il a dit, fait et approuvé. Nous connaissons la Sunna à travers les paroles et les récits appelés hadiths, qui nous ont été transmis par les Compagnons du Prophète.

La loi islamique est fondée sur le Coran et la Sunna. Dans ce sens, la Sunna explique le Coran, tout en apportant également des règles et des orientations supplémentaires. Le Coran nous ordonne à de nombreuses reprises d’obéir au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Il est donc erroné — comme le prétendent certaines sectes déviantes — d’affirmer que le Coran se suffit à lui-même et que nous n’avons pas besoin de la Sunna.

Les statuts de la Sunna en jurisprudence

Selon les juristes musulmans, la Sunna vient après le fard. Le fard désigne ce qui est obligatoire et doit être accompli ; le délaisser sans excuse constitue un péché. La Sunna se divise en Sunna confirmée (Sunna mu’akkadah) et Sunna non confirmée ou facultative (Sunna ghayr mu’akkadah). La Sunna confirmée ne doit pas non plus être délaissée, même si elle n’a pas le même degré d’importance que le fard. Quant à la Sunna facultative, elle est recommandée, mais celui qui la délaisse ne commet aucun péché et ne peut en être blâmé.

Les prières surérogatoires de la Sunna désignent les prières rituelles supplémentaires (salât) qui sont recommandées avant ou après les prières obligatoires (fard). Il n’est pas obligatoire d’accomplir ces prières supplémentaires, mais il est fortement recommandé de le faire. En effet, nous serons récompensés pour avoir suivi l’exemple du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et, au Jour du Jugement, ces prières de la Sunna compenseront les prières obligatoires qui auraient été manquées ou qui n’auraient pas été acceptées. Pour chacune des prières obligatoires, un nombre déterminé de rakʿahs de prière de la Sunna est à accomplir avant et/ou après la prière obligatoire.

Actes prophétiques : Habitude ou adoration ?

La Sunna peut également désigner les actes que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplissait dans le but de se rapprocher d’Allah, par opposition aos actes qu’il accomplissait simplement par habitude ou par coutume.

  • Exemple du sommeil : Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dormait sur une simple natte par habitude ou selon la coutume de son époque. Nous ne sommes pas tenus de l’imiter sur ce point. Mais il se couchait également sur le côté droit et nous recommandait d’en faire autant. Dormir sur le côté droit constitue donc une Sunna, puisqu’il s’agit d’une pratique qu’il accomplissait afin de plaire à Allah.
  • Exemple de l’alimentation : Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) mangeait avec la main droite parce qu’Allah le lui avait ordonné ; manger de la main droite constitue donc pour nous une Sunna (et, dans ce cas précis, une obligation, sur la base d’un autre hadith). Mais le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) mangeait également avec ses doigts parce que c’était la coutume de son époque. Il ne s’agit donc pas pour nous d’une Sunna, et il n’y a aucun mal à utiliser une fourchette, une cuillère ou des baguettes.

Sunna et Bidʿa (Innovation)

Le terme Sunna peut parfois désigner ce qui est légitime, par opposition à la bidʿa, qui est une innovation rejetée dans la religion. Dire qu’un acte d’adoration est conforme à la Sunna signifie que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) l’accomplissait de cette manière, et non que cet acte a été inventé ultérieurement par d’autres.

Ainsi, on peut par exemple se demander si l’utilisation d’un chapelet de prière (misbaha) pour compter les formules prononcées dans le dhikr (le rappel d’Allah) constitue une Sunna. Cette question revient à demander si le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) utilisait lui-même un chapelet et si son utilisation constitue une innovation religieuse rejetée.

La réponse est qu’il n’en utilisait pas lui-même et que ce n’est donc pas une Sunna. Toutefois, plusieurs de ses Compagnons utilisaient des cailloux ou des noyaux de dattes pour compter leurs formules de rappel, et le Prophète ne l’a pas désapprouvé. L’utilisation de tels moyens n’est donc pas non plus considérée comme une innovation religieuse rejetée.

Nous pouvons ainsi constater que le terme Sunna recouvre plusieurs sens apparentés. La voie du Prophète Muhammad (que la plaintext et les bénédictions d’Allah soient sur lui) est la voie que les musulmans sont appelés à suivre.