Rompre un jeûne surérogatoire est une question de jurisprudence traitée avec clarté par les savants de l’islam, s’appuyant sur des traditions prophétiques authentiques. Dans son célèbre ouvrage Fiqh As-Sunna, le regretté cheikh Sayyid Sâbiq écrit :
« Umm Hâni’ rapporte que le Prophète ﷺ entra chez elle pendant la journée de la conquête de La Mecque. On lui proposa une boisson, dont il but. Il la proposa ensuite à Umm Hâni’, qui lui dit : “Je jeûne.”
Le Prophète ﷺ répondit : “Celui qui accomplit un jeûne volontaire est maître de lui-même. S’il le souhaite, il peut poursuivre son jeûne ; s’il le souhaite, il peut le rompre.” » (Rapporté par Ahmad.)
Abû Juhaïfa rapporte :
« Le Prophète ﷺ établit un lien de fraternité entre Salmân et Abû ad-Dardâ’. Un jour, Salmân rendit visite à Abû ad-Dardâ’ et remarqua qu’Umm ad-Dardâ’ portait des vêtements très simples. Il lui demanda : “Que t’arrive-t-il ?”
Elle répondit : “Ton frère Abû ad-Dardâ’ ne s’intéresse plus aux choses de ce monde.”
Lorsque Abû ad-Dardâ’ arriva, il prépara un repas pour Salmân et lui dit : “Mange, car je jeûne.”
Salmân répondit : “Je ne mangerai pas tant que tu ne mangeras pas toi aussi.”
Abû ad-Dardâ’ mangea donc. À la tombée de la nuit, il se leva pour prier, mais Salmân lui dit : “Dors.” Il se recoucha donc. Vers la fin de la nuit, Salmân le réveilla et lui dit : “Lève-toi maintenant pour prier.” Ils accomplirent alors la prière ensemble.
Salmân lui dit ensuite : “Ton Seigneur a un droit sur toi, tu as un droit sur toi-même et ton épouse a un droit sur toi. Accorde à chacun son dû.”
Abû ad-Dardâ’ se rendit auprès du Prophète ﷺ et lui rapporta les paroles de Salmân. Le Prophète déclara : “Salmân a dit vrai.” » (Rapporté par Al-Bukhârî.)
Abû Saʿîd al-Khudrî rapporte :
« J’avais préparé un repas pour le Prophète ﷺ. Il vint chez moi accompagné de quelques-uns de ses Compagnons. Lorsque le repas fut servi, l’un des hommes déclara : “Je jeûne.”
Le Messager d’Allah ﷺ lui dit : “Ton frère t’a invité et a engagé des dépenses pour toi.” Puis il lui demanda : “Romps ton jeûne et jeûne un autre jour à sa place, si tu le souhaites.” » (Rapporté par Al-Bayhaqî.)
La majorité des savants considèrent que celui qui accomplit un jeûne volontaire peut l’interrompre. Il est toutefois préférable de rattraper ce jour ultérieurement. L’avis présenté ici est explicite et s’appuie sur un hadith authentique. »