Abû Ad-Dardâ’ était l’un des pieux Compagnons du Prophète Muhammad ﷺ. Un jour, un homme accourut vers lui en lui disant :

« Ô Abû Ad-Dardâ’, ta maison a brûlé ! »

Il répondit :

« Non, elle ne peut pas avoir brûlé ! »

L’homme insista : un incendie avait ravagé tout le quartier et sa maison faisait partie de celles qui avaient brûlé. Abû Ad-Dardâ’ répondit avec une pleine certitude :

« Allah ne permettra jamais que cela se produise, en raison des paroles que j’ai entendues du Prophète. Celui qui prononce ces paroles au début de la journée, nous a dit le Prophète, ne sera touché par aucun malheur jusqu’à la fin de la journée ; et celui qui les prononce le soir ne sera touché par aucun malheur jusqu’au matin. »

Il lui récita alors les paroles qu’il avait prononcées ce jour-là, telles qu’il les avait apprises du Prophète. Lorsqu’ils allèrent tous deux inspecter le quartier, il s’avéra que la plupart des autres maisons avaient brûlé, à l’exception de celle d’Abû Ad-Dardâ’. (Ibn As-Sinnî et At-Tabarânî)

C’est une histoire remarquable. Elle ne l’est pas seulement parce que sa maison n’a pas brûlé — car Allah est capable de toute chose. Elle l’est surtout parce qu’Abû Ad-Dardâ’ était tellement certain de la parole du Prophète que même quelqu’un lui affirmant avoir vu tout le quartier partir en flammes n’a pas réussi à ébranler sa foi.

Cela rappelle la foi d’Abû Bakr, qui disait :

« S’il l’a dit, alors c’est vrai. »

Véritablement, la yaqîn (certitude) est l’âme de la foi.

La puissance de la yaqîn face aux épreuves

Cet article, consacré à la certitude, s’inscrit dans la partie consacrée aux choses que nous devons connaître. En effet, savoir simplement que nous devons avoir une bonne opinion d’Allah ou placer notre confiance en Lui ne nous sera pas véritablement utile lorsque nous en aurons besoin si nous n’en sommes pas convaincus avec certitude.

Avoir la yaqîn, c’est être certain de la puissance d’Allah, de Sa miséricorde, de Sa promesse et de tout ce dont nous avons parlé. C’est être certain qu’Il peut nous améliorer, nous sauver et nous aider.

Nous devons nous demander : à quel point cette certitude est-elle profondément ancrée en nous ?

Nous avons évoqué la manière dont Satan cherche à nous faire douter : c’est l’un de ses moyens d’action les plus efficaces. Et c’est précisément contre cela que nous devons lutter, car la première caractéristique des gens qui ont la taqwâ (la conscience d’Allah) dans le Coran est :

« Ceux qui croient à l’invisible… »
(Al-Baqarah, 2:3)

Notre foi devrait être aussi forte que si nous pouvions voir de nos propres yeux. Si vous avez visité un endroit donné et que vous l’avez vu de vos propres yeux, il y a de fortes chances que personne ne puisse vous convaincre qu’il n’existe pas, surtout si vous en avez gardé des souvenirs.

Le Coran et les paroles du Prophète devraient avoir pour nous la même réalité que si nous avions nous-mêmes été témoins de ce qu’ils décrivent. Ils devraient être aussi réels à nos yeux.

Beaucoup d’entre nous ont fait l’expérience des bienfaits d’Allah : ce sont nos souvenirs, nos « preuves personnelles ». Ainsi, lorsque les choses tournent mal dans notre vie, nous devons être capables de nous tourner vers ces souvenirs et de nous y accrocher comme à des ancres. Et pour cette certitude, la récompense est incommensurable.

Cela signifie-t-il que rien de mauvais ne nous arrivera jamais ? Bien sûr que non. Mais nous serons capables de voir au-delà de l’immédiat.

Regarder au-delà des apparences

Notre certitude en Allah signifie que, lorsque de mauvaises choses nous arrivent, nous réfléchirons aux raisons pour lesquelles les épreuves surviennent et cherchons à tirer des enseignements de l’expérience.

Et lorsque les choses se déroulent bien, nous savons que nous devons tomber en prosternation, car ce résultat n’aurait pu se produire qu’avec la volonté et la grâce d’Allah.

Il existe à ce sujet une magnifique douʿa (invocation) que le Prophète avait l’habitude de faire :

« Ô Allah ! Accorde-nous une crainte de Toi qui nous empêchera de Te désobéir ; une obéissance à Toi qui nous conduira à Ton Paradis ; et une certitude grâce à laquelle les calamités de ce monde nous seront rendues faciles par Toi. » (At-Tirmidhî)

Les calamités mettent sans aucun doute notre foi à l’épreuve. C’est pourquoi le Prophète nous a enseigné à demander la certitude : afin que ces calamités nous soient rendues plus faciles.

Soyez comme les Compagnons :

  • Leur foi n’a jamais vacillé, car ils étaient certains des paroles d’Allah dans le Coran et de ce que le Prophète leur enseignait.
  • Ils n’ont jamais cessé d’invoquer Allah, car ils savaient que seul Allah répond à l’invocation de celui qui est dans la détresse.
  • Ils n’ont jamais cessé de demander pardon, même lorsqu’ils avaient le sentiment que leurs péchés étaient aussi nombreux que des montagnes, car ils savaient que les mains d’Allah sont ouvertes pour accueillir le pécheur repentant, encore et encore.

Le Prophète a dit :

« Certes, Allah tend Sa main durant la nuit afin d’accepter le repentir de celui qui a péché durant le jour. Et Il tend Sa main durant le jour afin d’accepter le repentir de celui qui a péché durant la nuit, jusqu’au jour où le soleil se lèvera de son couchant. » (Muslim)

Ils savaient qu’ils devaient travailler avec ardeur, même s’ils ne voyaient jamais les fruits de leurs efforts, car ils savaient que chaque goutte de sueur était enregistrée auprès d’Allah et ne serait jamais perdue.

Allah dit dans le Coran :

« Ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres… Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien. »
(Al-Kahf, 18:30)

Ils ne laissaient pas la rudesse des autres les atteindre, car s’ils faisaient preuve de patience et prononçaient des paroles de paix, ils faisaient partie de ceux qu’Allah a loués dans le Coran :

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre et qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : “Paix !” » (Al-Furqân, 25:63)

Ils fuyaient loin de toute chose vers Allah, et vers Lui seul. Soyez comme les Compagnons. Ayez la foi.