Comment eviter les accidents pendant le Hajj est une préoccupation majeure pour garantir que ce voyage sacré se déroule dans la dignité et la sécurité. Le Hajj est une obligation bien-aimée à laquelle aspirent les cœurs croyants. Tout musulman adulte, physiquement capable et disposant des moyens financiers nécessaires pour entreprendre le voyage, est tenu d’accomplir ce pilier de l’Islam. Chaque année, des millions de personnes s’engagent dans ce voyage. Mais malgré toutes les bénédictions et les significations spirituelles associées à cette obligation, certains aspects pénibles apparaissent parfois : les pèlerins se bousculent, et des accidents surviennent. Pour que son Hajj soit accepté, le pèlerin doit observer le comportement digne d’un bon musulman.

L’éminent savant Cheikh Yusuf Al-Qaradawi propose quelques conseils utiles pour éviter de tels accidents lors de l’accomplissement des rites du Hajj. Afin d’éviter la répétition des accidents pendant le Hajj, je suggère les solutions suivantes :

Je voudrais commencer par dire qu’il convient de réduire le nombre de pèlerins chaque année, en particulier parmi ceux qui ont déjà accompli le Hajj obligatoire. À ceux qui ont eu le privilège d’accomplir le Hajj à plusieurs reprises, je conseille de consacrer plutôt le coût de leur pèlerinage à ceux qui meurent de faim, ou de contribuer à la construction d’une école pour des enfants privés d’éducation faute d’établissement accessible dans leur quartier, ou encore d’un hôpital pour ceux qui meurent faute de soins médicaux. Ils peuvent également aider à lancer une activité permettant d’employer les jeunes musulmans. Nos sociétés ont besoin de toute l’aide possible de la part de ceux qui en ont les moyens.

Nous suggérons également que le gouvernement d’Arabie saoudite limite le nombre de pèlerins venant de l’intérieur même du pays. J’ai lu dans les journaux qu’une mesure a été prise dans ce sens, en rendant le Hajj possible pour les Saoudiens une fois tous les cinq ans.

Jeter les cailloux avant Az-Zawal

Il s’agit d’une question extrêmement importante. Le nombre de pèlerins augmente sans cesse, alors qu’ils tentent chaque année de se rassembler dans un espace qui, lui, ne peut être élargi. Tant que nous ne sommes pas en mesure d’agrandir ce lieu, il est sage d’élargir le temps imparti à ce rite, en le faisant commencer dès le lever du soleil et se prolonger jusque tard dans la nuit. Le but du jet des cailloux est de se rappeler Allah Tout-Puissant ; il ne fait pas partie des piliers essentiels du Hajj, d’autant qu’il est accompli après la sortie de l’état d’ihram.

Il est également permis au pèlerin de mandater quelqu’un pour jeter les cailloux en son nom s’il ne peut pas le faire lui-même. Les savants sont unanimement d’accord pour dire que les fatwas peuvent changer lorsque changent les paramètres qui les entourent, comme le temps, le lieu et la condition des personnes. Pourquoi donc ne pas appliquer ce principe ? Nous avons déjà établi des règles telles que : l’obligation dépend de la capacité, et la difficulté appelle la facilitation. Cela confirme constamment que notre religion est une religion de simplicité et non de difficulté.

Allah dit : {Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas pour vous la difficulté.} (Al-Baqara 2:186)

Il dit également : {Et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion.} (Al-Hajj 22:78)

Dans le hadith, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit : « Prenez de moi vos rites. »

Il s’agit d’un hadith global qui englobe toutes les formes d’adoration obligatoires, ainsi que celles qui sont recommandées, selon la manière établie par le Prophète — paix et bénédictions sur lui.

Tout savant versé dans la jurisprudence islamique, toute personne ayant elle-même tenté de jeter les cailloux et ayant ressenti la difficulté d’éviter de tomber ou d’être piétinée, sait que cette religion est une justice divine sur terre ; elle est la miséricorde d’Allah envers Ses serviteurs. Il ne l’a révélée que pour le bonheur de l’humanité, pour son équilibre spirituel, physique et social.

Ainsi, si le Prophète est resté entre le lever et le coucher du soleil, il n’a pas interdit de jeter les cailloux la nuit. En réalité, il a même permis aux bergers de chameaux de jeter leurs cailloux tard dans la nuit ou à n’importe quelle heure de la journée. Par conséquent, aucun des imams ne l’a interdit non plus.

Sensibiliser les pèlerins

En conclusion, je conseille aux savants de chaque pays de s’adresser aux pèlerins et de les accompagner dans leur pèlerinage, afin de leur enseigner l’importance de la douceur et de la sérénité tout au long de ces jours bénis. Ils doivent leur expliquer qu’il n’est pas nécessaire que tous se rendent au même moment pour jeter les cailloux. Ils doivent y aller par groupes, car il est permis de jeter les cailloux à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, afin d’éviter de telles tragédies humaines.