Face à des difficultés insurmontables au sein du couple, il est légitime de se demander si une femme peutdemander le divorceen Islam, notamment lorsqu’elle éprouve une aversion profonde pour son conjoint. Voici l’éclairage de la jurisprudence islamique sur cette question délicate et les solutions proposées par la religion.

En islam, la dissolution du lien conjugal est la plus détestée des choses permises. Elle ne doit donc être envisagée que dans des situations de nécessité extrême. Les époux doivent d’abord épuiser tous les moyens raisonnables de réconciliation et de médiation. S’ils ont sincèrement tenté de résoudre leurs différends, mais qu’ils ne parviennent toujours pas à s’entendre et qu’il leur est devenu impossible de vivre ensemble, ils peuvent alors se séparer d’une manière convenable et digne.

Le droit au choix face à l’aversion conjugale

L’éminent savant musulman Dr Abdul-Fattah Ashoor, professeur d’exégèse coranique à l’Université Al-Azhar, déclare ce qui suit :

« C’est une grâce d’Allah de nous avoir fait adhérer à l’islam, qui accorde aux femmes des droits qu’aucune autre religion ni aucun autre système ne leur avait reconnus. Parmi ces droits figure celui de choisir entre deux solutions lorsqu’une épouse éprouve une aversion pour la vie commune avec son mari.

Première solution : le compromis et la réconciliation

Premièrement, elle peut opter pour un compromis, même si cela implique de renoncer à certains de ses droits conjugaux afin de satisfaire son mari, de reprendre leur vie commune et de préserver leur famille de la désunion. Allah, le Très-Haut, dit :

“Si une femme craint de son mari un mauvais comportement ou un éloignement, il n’y a aucun péché pour eux à parvenir à un arrangement entre eux, car la réconciliation est meilleure. Les âmes sont naturellement portées à l’avidité. Mais si vous agissez avec bienfaisance et faites preuve de piété, Allah est parfaitement informé de ce que vous faites.” (An-Nisa’, 4 : 128)

Deuxième solution : la séparation par le Khul’

Deuxièmement, si elle refuse cette solution et estime que la poursuite de la vie conjugale constituerait pour elle un fardeau insupportable, elle a le droit de demander la séparation par le khul`, c’est-à-dire en renonçant à ses droits financiers, notamment à son entretien, et en restituant à son mari ce qu’il lui avait versé comme mahr — dot nuptiale.

Le mari peut alors prononcer le divorce. S’il refuse, le juge devra les séparer par un divorce irrévocable. Il n’y a donc aucune raison de demeurer dans la confusion ou la perplexité.

L’importance de la patience et de l’invocation

Cependant, une femme musulmane vertueuse cherchera probablement à faire preuve de patience dans une telle situation, en demandant à Allah de la guider et de retirer de son cœur cette aversion envers son mari pour la remplacer par un amour profond. Elle cherchera ainsi à préserver la stabilité de la vie conjugale et à protéger les enfants de la désunion et de l’errance.