Méditer sur les signes spectaculaires de la création permet de comprendre comment l’univers entier s’anime pourglorifier Allahau quotidien.

« Quant aux mécréants, leurs œuvres sont semblables à un mirage dans une plaine désertique : l’homme assoiffé le prend pour de l’eau, mais lorsqu’il y parvient, il ne trouve rien. Il trouve plutôt Allah auprès de lui, qui lui règle pleinement son compte ; et Allah est prompt dans le jugement.

Ou bien elles sont semblables à des ténèbres dans une mer profonde, recouverte de vagues au-dessus desquelles s’élèvent d’autres vagues, avec des nuages par-dessus : ténèbres superposées les unes aux autres. Lorsqu’il tend la main, il peut à peine la voir. Et celui à qui Allah n’accorde pas de lumière n’aura aucune lumière.

Ne vois-tu pas que tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre glorifient Allah, ainsi que les oiseaux déployant leurs ailes ? Chacun sait sa prière et sa glorification. Et Allah sait parfaitement ce qu’ils font.

À Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre, et c’est vers Allah que se fera le retour. » (An-Nur 24:39-42)

Les deux premiers versets peignent deux scènes pleines de vie, décrivant la situation dans laquelle se trouvent les mécréants. La première de ces scènes met en évidence la surprise qui les saisira lorsque Allah leur présentera leur compte. Ce sera une surprise bien plus grande que celle du voyageur assoiffé dans le désert, trompé par un mirage, puis découvrant qu’il n’est rien.

Dans la seconde scène, des couches de ténèbres s’accumulent les unes sur les autres, en contraste avec la fausse clarté du mirage. Une grande frayeur est transmise par l’image d’un océan profond, sans fond apparent, enveloppé d’obscurité, avec des vagues se succédant sans fin. Au-dessus de tout cela s’amoncellent de sombres nuages. Les ténèbres s’accumulent alors en couches successives, au point que si quelqu’un tend la main, il ne parvient presque pas à la voir dans cette obscurité envahissante, qui répand une atmosphère de peur et de panique.

Tout cela décrit la mécréance, présentée comme une obscurité totalement coupée de la lumière divine qui rayonne à travers l’univers ; un profond égarement qui empêche les gens de voir même les signes les plus proches de la guidance ; une peur qui ne laisse aucune trace de sécurité. Car « celui à qui Allah n’accorde pas de lumière n’aura aucune lumière ».

La véritable illumination face à l’égarement

La lumière d’Allah est une guidance déposée dans les cœurs, qui leur donne une clairvoyance éclairée et établit un lien entre la nature humaine et les lois qui régissent l’univers tout entier. Elle est la seule véritable illumination. Ceux qui sont coupés de cette lumière demeurent dans des ténèbres qui ne peuvent être dissipées, dans une peur sans sécurité, dans un égarement sans retour. À la fin, ils découvrent que toutes leurs œuvres n’étaient qu’un mirage les conduisant à la perte. Aucune action n’a de valeur si elle n’est pas fondée sur la foi ; il n’y a pas de guidance sans foi, et pas de lumière si ce n’est celle d’Allah.

Telle est la scène de la mécréance, de l’égarement et des ténèbres dans la vie humaine. Elle est suivie par la scène de la foi, de la guidance et de la lumière dans le vaste univers. C’est une scène où l’univers entier, avec tout ce qui y vit — humains et djinns, planètes et étoiles, êtres animés et inanimés — participe à la glorification d’Allah. Nous ressentons toute la majesté de cette scène lorsque nous entendons cette glorification résonner partout dans les cieux et sur la terre.

« Ne vois-tu pas que tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre glorifient Allah, ainsi que les oiseaux déployant leurs ailes ? Chacun sait sa prière et sa glorification. Et Allah sait parfaitement ce qu’ils font. À Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre, et c’est vers Allah que se fera le retour. » (An-Nur 24:41-42)

L’harmonie universelle des créatures

Les êtres humains ne vivent pas seuls dans cet univers. Tout autour d’eux, à leur droite et à leur gauche, au-dessus d’eux et sous leurs pieds, et dans les espaces lointains que leur imagination atteint ou non, se trouvent des êtres qu’Allah a créés avec des natures, des formes et des apparences diverses. Tous partagent la croyance en Allah, se tournent vers Lui et célèbrent Ses louanges. Et Lui « sait parfaitement ce qu’ils font ».

Le Coran invite l’être humain à regarder autour de lui : tout est œuvre d’Allah, et tous les êtres vivants, partout dans les cieux et sur la terre, sont Ses créatures, qui Le glorifient et chantent Ses louanges. Le Coran attire aussi toute notre attention sur une scène que nous voyons chaque jour sans qu’elle éveille en nous de sentiment particulier, tant elle nous est familière : celle des oiseaux qui replient leurs pattes et déploient leurs ailes lorsqu’ils volent. Eux aussi glorifient Allah. « Chacun sait sa prière et sa glorification. » Seul l’être humain néglige parfois de glorifier son Seigneur, alors qu’il devrait être le plus conscient de l’importance de croire en Allah et de Le glorifier.

Dans cette scène, l’univers tout entier apparaît plein d’humilité, tourné vers son Créateur, chantant Ses louanges et Lui adressant ses prières. Il le fait par nature. Son obéissance à Allah se manifeste dans les lois qui le régissent, lesquelles opèrent par la volonté d’Allah. Lorsque l’être humain affine ses sens, il perçoit cette scène comme une réalité, comme s’il entendait le rythme de la glorification d’Allah résonner dans tout l’univers. Il partage alors avec toutes les créatures leurs prières et leurs appels à Allah. Tel était Muhammad, le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui : lorsqu’il marchait, il entendait les cailloux sous ses piedsglorifier Allah. Tel était aussi David — Dawud — : lorsqu’il récitait ses Psaumes, les montagnes et les oiseaux glorifiaient Allah avec lui.

« À Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre, et c’est vers Allah que se fera le retour. » Nul ne devrait se tourner vers autre que Lui, et nul refuge ne doit être recherché en dehors de Lui. La rencontre avec Lui est inévitable. Son châtiment, lorsqu’il est mérité, ne peut être écarté que par Sa grâce. C’est vers Lui que tous retourneront.