L’analyse des donnĂ©es mĂ©tĂ©orologiques modernes offre une perspective fascinante sur le rĂŽle et la portĂ©e des vents fĂ©condants Ă©voquĂ©s dans le texte coranique.
Allah, le TrĂšs-Haut, dit au verset 15:22 du Coran :
ïŽżÙÙŰŁÙ۱ÙŰłÙÙÙÙÙۧ Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ ÙÙŰŁÙÙŰČÙÙÙÙÙۧ Ù ÙÙÙ Ù±ÙŰłÙÙÙ ÙŰ§ŰĄÙ Ù ÙŰ§ŰĄÙ ÙÙŰŁÙŰłÙÙÙÙÙÙÙۧÙÙÙ ÙÙÙÙ ÙÙÙ Ùۧ ŰŁÙÙŰȘÙÙ Ù ÙÙÙÙ ŰšÙŰźÙۧŰČÙÙÙÙÙÙ [Al-Hijr : 22] « Et Nous envoyons les vents fĂ©condants ; puis Nous faisons descendre du ciel une eau dont Nous vous abreuvons, alors que vous nâen ĂȘtes pas les dĂ©tenteurs. » [Sahih International]
Allah nous a comblĂ©s dâun bienfait divin en nous montrant, dans ce verset, la source merveilleuse de lâeau. Ce bienfait de lâeau nâest pas rĂ©servĂ© aux seuls ĂȘtres humains ; il concerne aussi les animaux, les plantes et les autres crĂ©atures vivant sur terre, comme nous le voyons dans dâautres versets du Coran.
Il est dit aux versets 16:10-11 :
ïŽżÙÙÙÙ Ù±ÙÙÙ۰ÙÙ ŰŁÙÙŰČÙÙÙ Ù ÙÙÙ Ù±ÙŰłÙÙÙ ÙŰ§ŰĄÙ Ù ÙŰ§ŰĄÙ Û ÙÙÙÙÙ Ù ÙÙÙÙÙÙ ŰŽÙ۱ÙŰ§ŰšÙ ÙÙÙ ÙÙÙÙÙ ŰŽÙŰŹÙŰ±Ù ÙÙÙÙÙ ŰȘÙŰłÙÙÙ ÙÙÙÙ [An-Nahl : 10] « Câest Lui qui fait descendre du ciel une eau dont vous buvez, et grĂące Ă laquelle pousse une vĂ©gĂ©tation oĂč vous faites paĂźtre vos troupeaux. »
ïŽżÙÙÙŰšÙŰȘÙ ÙÙÙÙÙ ŰšÙÙÙ Ù±ÙŰČÙÙ۱ÙŰčÙ ÙÙÙ±ÙŰČÙÙÙÙŰȘÙÙÙÙ ÙÙÙ±ÙÙÙÙŰźÙÙÙÙ ÙÙÙ±ÙÙŰŁÙŰčÙÙÙŰ§ŰšÙ ÙÙÙ ÙÙ ÙÙÙÙÙ Ù±ÙŰ«ÙÙÙ Ù۱ÙۧŰȘÙ Û Ű„ÙÙÙÙ ÙÙÙ Ű°ÙÙ°ÙÙÙÙ ÙÙŰąÙÙŰ©Ù ÙÙÙÙÙÙÙÙ Ù ÙÙŰȘÙÙÙÙÙÙ۱ÙÙÙÙ « Par elle, Il fait pousser pour vous les cultures, les oliviers, les palmiers, les vignes et toutes sortes de fruits. Il y a certes lĂ un signe pour des gens qui rĂ©flĂ©chissent. »
Des versets similaires se trouvent en 25:48-49 :
ïŽżÙÙÙÙÙÙ Ù±ÙÙÙdevant ŰŁÙ۱ÙŰłÙÙÙ Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ŰšÙŰŽÙ۱Ùۧ ŰšÙÙÙÙÙ ÙÙŰŻÙÙÙ Ű±ÙŰÙÙ ÙŰȘÙÙÙ Û ÙÙŰŁÙÙŰČÙÙÙÙÙۧ Ù ÙÙÙ Ù±ÙŰłÙÙÙ ÙŰ§ŰĄÙ Ù ÙŰ§ŰĄÙ Ű·ÙÙÙÙ۱ÙŰ§ïŽŸ [Al-Furqan : 48] « Et câest Lui qui envoie les vents comme une bonne annonce prĂ©cĂ©dant Sa misĂ©ricorde â câest-Ă -dire la pluie â, et Nous faisons descendre du ciel une eau pure. »
ïŽżÙÙÙÙÙŰÙÙÙÙÙ ŰšÙÙÙ ŰšÙÙÙŰŻÙŰ©Ù Ù ÙÙÙÙŰȘÙۧ ÙÙÙÙŰłÙÙÙÙÙÙÙ Ù ÙÙ ÙÙۧ ŰźÙÙÙÙÙÙÙۧ ŰŁÙÙÙŰčÙŰ§Ù Ùۧ ÙÙŰŁÙÙÙۧ۳ÙÙÙÙ ÙÙŰ«ÙÙ۱ÙŰ§ïŽŸ [Al-Furqan : 49] « Afin de redonner vie, par elle, Ă une terre morte, et dâen abreuver ce que Nous avons créé : de nombreux bestiaux et ĂȘtres humains. »
Le rĂŽle de ar-riyÄáž„ lawÄqiáž„ â Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ
La premiĂšre partie du verset 15:22 est :
ïŽżÙÙŰŁÙ۱ÙŰłÙÙÙÙÙۧ Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ « Et Nous envoyons les vents fĂ©condants. »
Lâexpression arabe ar-riyÄáž„ lawÄqiáž„ â Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ â est traduite par de nombreux exĂ©gĂštes par « vents fĂ©condants ». Le terme lawÄqiáž„ â ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ, « fĂ©condants » â qualifie le mot ar-riyÄáž„ â Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ, « les vents » â mentionnĂ© dans ce verset. Le mot lawÄqiáž„ est Ă©galement rendu par « fĂ©condants » chez Yusuf Ali et « imprĂ©gnants » chez Dr Ghali, deux termes proches du sens de fertilisation. On peut donc dizer quâAllah envoie des vents dotĂ©s de ces caractĂ©ristiques, puis fait descendre la pluie du ciel.
En tenant compte de lâensemble des traductions, le terme lawÄqiáž„ renvoie littĂ©ralement aux trois rĂŽles suivants des vents :
- fĂ©conder deux substances pour former une nouvelle substance â les nuages dans ce cas â de maniĂšre comparable au « zygote » chez les ĂȘtres humains et les animaux ;
- produire des éléments fertilisants pour les plantes, les cultures, etc. ;
- féconder, ou polliniser, les plantes.
Il convient de noter quâAllah mentionne dâabord : « Et Nous envoyons les vents fĂ©condants », puis : « et Nous faisons descendre du ciel une eau ». Il est Ă©vident que le ciel doit dâabord ĂȘtre rempli de nuages avant que lâeau ne descende du ciel. Il existe donc un lien entre lâexpression du verset : « Nous envoyons les vents fĂ©condants » et la formation des nuages dans le ciel. Ce lien est clairement mentionnĂ© au verset 30:48 du Coran :
ïŽżÙ±ÙÙÙÙÙÙ Ù±ÙÙÙ۰ÙÙ ÙÙ۱ÙŰłÙÙÙ Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙŰȘÙŰ«ÙÙŰ±Ù ŰłÙŰÙۧۚÙۧ fÙÙÙŰšÙŰłÙŰ·ÙÙÙ ÙÙÙ Ù±ÙŰłÙÙÙ ÙŰ§ŰĄÙ ÙÙÙÙÙÙ ÙÙŰŽÙŰ§ŰĄÙ ÙÙÙÙŰŹÙŰčÙÙÙÙÙ ÙÙŰłÙÙÙۧ ÙÙŰȘÙ۱ÙÙ Ù±ÙÙÙÙŰŻÙÙÙ ÙÙŰźÙ۱ÙŰŹÙ Ù ÙÙÙ ŰźÙÙÙۧÙÙÙÙ Û ÙÙŰ„Ù۰Ùۧ ŰŁÙŰ”ÙŰ§ŰšÙ ŰšÙÙÙ Ù ÙÙ ÙÙŰŽÙŰ§ŰĄÙ Ù ÙÙÙ ŰčÙŰšÙŰŻÙÙÙ Ű„Ù۰Ùۧ ÙÙÙ Ù ÙÙŰłÙŰȘÙŰšÙŰŽÙ۱ÙÙÙÙ « Câest Allah qui envoie les vents ; ceux-ci soulĂšvent alors les nuages, quâIl Ă©tend dans le ciel comme Il veut, et quâIl fragmente. Tu vois alors la pluie sortir de leurs interstices. Puis, lorsquâIl la fait tomber sur qui Il veut parmi Ses serviteurs, les voilĂ aussitĂŽt rĂ©jouis. »
Les interprétations existantes
Les interprĂ©tations existantes de lâexpression « vents fĂ©condants » se concentrent principalement sur la formation des nuages et de la pluie dans le ciel, et ne sâattardent pas sur la question de la production dâĂ©lĂ©ments fertilisants. Certains exĂ©gĂštes lâexpliquent comme la fĂ©condation des nuages donnant lieu Ă la pluie. Dâautres lâinterprĂštent comme des vents imprĂ©gnĂ©s de pluie, ou des vents portant en eux les nuages et la pluie. Ibn Kathir et Maâariful Qurâan en donnent des interprĂ©tations plus prĂ©cises que la plupart des autres commentaires existants.
Selon Ibn Kathir :
« Ils fĂ©condent les nuages afin quâils donnent la pluie, et fĂ©condent les arbres afin quâils ouvrent leurs feuilles et leurs fleurs. Ces vents sont mentionnĂ©s ici au pluriel parce quâils produisent des rĂ©sultats, contrairement au vent stĂ©rile â ar-rīង al-âaqÄ«m, 51:41 â qui est mentionnĂ© au singulier et dĂ©crit comme stĂ©rile, car il ne produit rien. En effet, les rĂ©sultats ne peuvent ĂȘtre produits que lorsquâil y a deux Ă©lĂ©ments ou plus. âAbdullah ibn Masâud a dit : âLe vent est envoyĂ© portant lâeau depuis le ciel, puis il fĂ©conde les nuages jusquâĂ ce que la pluie commence Ă tomber abondamment, tout comme le lait de la chamelle pleine coule en abondance.â Tel Ă©tait Ă©galement lâavis dâIbn âAbbas, dâIbrahim An-Nakhaâi et de Qatadah. Ad-Dahhak a dit : âAllah lâenvoie vers les nuages ; ceux-ci sont alors fĂ©condĂ©s et se remplissent dâeau.â âUbayd ibn âUmayr Al-Laythi a dit : âAllah envoie le vent qui soulĂšve la terre, puis Allah envoie le vent qui Ă©lĂšve les nuages, puis Allah envoie le vent qui forme les nuages, puis Allah envoie le vent fĂ©condant qui pollinise les arbres.â »
Maâariful Qurâan interprĂšte ce passage sous le titre de lâorganisation divine de lâapprovisionnement en eau :
« Ce qui est dâabord mentionnĂ© dans le verset, câest la maniĂšre dont la puissance divine a mis en mouvement son systĂšme unique de distribution de lâeau depuis la mer vers toute la terre, en crĂ©ant dans la mer des vapeurs qui gĂ©nĂšrent la substance des pluies, puis en faisant souffler les vents qui les transforment en nuages, comme sâil sâagissait de vastes masses semblables Ă des montagnes chargĂ©es dâeau. »
Toutes les interprĂ©tations de lâexpression « vents fĂ©condants » peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es ainsi : ce sont des vents qui :
- fĂ©condent les nuages afin quâils donnent la pluie ;
- remplissent les nuages dâeau ;
- sont imprégnés de pluie ;
- portent en eux les nuages et la pluie ;
- fĂ©condent les nuages, qui se remplissent alors dâeau ;
- remuent la terre ;
- Ă©lĂšvent les vapeurs dâeau ;
- soulĂšvent les nuages ;
- forment les nuages ;
- pollinisent les arbres.
Toutes ces interprĂ©tations se rattachent principalement Ă la formation des nuages et de la pluie, Ă quelques exceptions prĂšs qui mentionnent la fertilisation et la pollinisation des arbres. RĂ©cemment, la formation des nuages a Ă©tĂ© expliquĂ©e Ă la lumiĂšre de la mĂ©tĂ©orologie Ă travers les mĂ©dias Ă©lectroniques. Cependant, la production dâĂ©lĂ©ments fertilisants, dans ce contexte, nâa pas encore Ă©tĂ© prise en compte par les traducteurs ou les exĂ©gĂštes.
Dans cet article, les trois rĂŽles de ar-riyÄáž„ lawÄqiáž„ â Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ â seront expliquĂ©s Ă la lumiĂšre des connaissances de la science mĂ©tĂ©orologique Ă ce sujet.
La mĂ©tĂ©orologie et les vents fĂ©condants â lawÄqiáž„
La science mĂ©tĂ©orologique nous donne une comprĂ©hension claire de la formation des nuages. Nous savons Ă©galement que les Ă©clairs provoquent une transformation chimique des molĂ©cules dâazote prĂ©sentes dans les vents, ainsi que des molĂ©cules dâeau contenues dans la vapeur, pour former des substances fertilisantes. En examinant cette science, nous dĂ©couvrons de meilleures interprĂ©tations de lâexpression « vents fĂ©condants » mentionnĂ©e dans le verset 15:22, en accord avec les sens littĂ©raux du terme lawÄqiáž„.
Le mĂ©lange de gaz qui constitue lâatmosphĂšre terrestre est appelĂ© air. Lâazote reprĂ©sente 78 % de ce gaz, mĂȘlĂ© Ă lâoxygĂšne â 21 % â, Ă la vapeur dâeau â en proportion variable â, Ă lâargon â 0,9 % â, au dioxyde de carbone â 0,04 % â et Ă des gaz prĂ©sents Ă lâĂ©tat de traces. Nous savons que lâeau prĂ©sente dans les ocĂ©ans et les riviĂšres sâĂ©vapore durant lâĂ©tĂ© et sâĂ©lĂšve dans lâair. La vapeur dâeau est donc lâun des composants de lâair. Elle occupe une trĂšs faible proportion de lâatmosphĂšre terrestre. La fumĂ©e est prĂ©sente dans notre atmosphĂšre en raison de la combustion des carburants, mais aussi des volcans, des fours Ă charbon, etc.
En plus de cela, des particules de poussiĂšre sont Ă©galement prĂ©sentes dans notre atmosphĂšre ; nous les observons lorsque nous voyons un rayon de lumiĂšre dans une piĂšce sombre. La fumĂ©e et les particules de poussiĂšre reprĂ©sentent moins de 1 % de lâatmosphĂšre terrestre. Dâautres particules, comme la poussiĂšre et la fumĂ©e, le pollen, la saletĂ© et le sel marin â issu du dĂ©ferlement des vagues ocĂ©aniques â se trouvent Ă©galement en suspension dans lâair.
Quâest-ce donc que le vent ? Le vent est le mouvement de lâair, causĂ© par le rĂ©chauffement inĂ©gal de la Terre par le soleil, par la rotation propre de la Terre et par la diffĂ©rence de pression entre deux lieux. Les vents vont des brises lĂ©gĂšres jusquâaux phĂ©nomĂšnes naturels dangereux tels que les ouragans, les tornades et les orages. On observe que les vents contiennent :
- les composants nécessaires à la formation des nuages ;
- les composants nécessaires à la production de substances fertilisantes ;
- les composants nécessaires à la pollinisation des plantes.
La formation des nuages
Les vents jouent un rĂŽle important dans la formation des nuages, car ils transportent la vapeur dâeau depuis les mers et les ocĂ©ans vers les couches supĂ©rieures de lâatmosphĂšre. Cependant, les molĂ©cules dâeau prĂ©sentes dans la vapeur doivent se rassembler et se condenser pour former des nuages. Les particules de poussiĂšre offrent une surface sur laquelle les vapeurs dâeau prĂ©sentes dans lâatmosphĂšre peuvent se condenser. Chaque particule de poussiĂšre agit comme un « noyau » autour duquel la vapeur dâeau se condense pour former une « gouttelette nuageuse ».
Toutefois, une particule de poussiĂšre ne peut servir de « noyau » pour la condensation de la vapeur dâeau que si sa taille est dâenviron 0,2 micron. Cette particule de poussiĂšre est alors appelĂ©e noyau de condensation ; au pluriel, noyaux de condensation, et elle est scientifiquement nommĂ©e « noyau de condensation nuageuse », abrĂ©gĂ© en CCN. La taille dâune gouttelette nuageuse est environ cent fois supĂ©rieure Ă celle dâun noyau CCN.
De mĂȘme que le noyau est le centre dâune cellule en biologie, le noyau nuageux constitue le centre de la gouttelette nuageuse. La formation dâune « gouttelette nuageuse » peut ĂȘtre comparĂ©e Ă la formation dâun « zygote » par la fĂ©condation dâun gamĂšte mĂąle â spermatozoĂŻde â et dâun gamĂšte femelle â ovule â chez les ĂȘtres humains et les animaux, ainsi quâĂ la pollinisation entre le pollen et le stigmate dans le cas des plantes.
Dâautres particules solides similaires Ă la poussiĂšre â pollen, saletĂ©, fumĂ©e et sel marin â agissent Ă©galement comme noyaux pour la formation des gouttelettes nuageuses. Toutefois, ces particules ne peuvent remplir le rĂŽle de noyaux CCN que si elles sont disponibles dans une taille appropriĂ©e â environ 0,2 micron. Un ensemble de gouttelettes nuageuses se regroupe ensuite pour former les nuages. Lorsque les nuages ne peuvent plus contenir ces vapeurs dâeau en raison de la saturation, celles-ci tombent alors sur la terre sous forme de pluie.
La formation des substances fertilisantes
Lâazote est un nutriment essentiel pour les plantes et les autres organismes, car il constitue un Ă©lĂ©ment fondamental des acides nuclĂ©iques, des acides aminĂ©s et des protĂ©ines. Câest aussi le gaz le plus abondant dans lâatmosphĂšre terrestre, reprĂ©sentant environ 78 % de sa composition. MalgrĂ© cette abondance, lâazote atmosphĂ©rique â Nâ â nâest pas directement disponible pour la plupart des formes de vie, principalement parce que, sous cette forme fortement liĂ©e, il rĂ©agit trĂšs peu avec les autres molĂ©cules. Seuls quelques ĂȘtres vivants relativement rares peuvent lâutiliser directement tel quel. Les autres organismes ont besoin que lâazote soit transformĂ© en composĂ©s plus rĂ©actifs, tels que les nitrates â NOâ â ou lâammoniac â NHâ â, avant de pouvoir ĂȘtre utilisĂ© comme fertilisant.
La chaleur immense dĂ©gagĂ©e par un Ă©clair peut briser une molĂ©cule dâazote et libĂ©rer deux atomes dâazote. Ces atomes dâazote libĂ©rĂ©s peuvent ensuite se lier Ă des atomes dâoxygĂšne pour former des oxydes dâazote qui, en se dissolvant dans les gouttes de pluie, deviennent des nitrates. Lâazote libĂ©rĂ© par les Ă©clairs peut Ă©galement se lier Ă lâhydrogĂšne atmosphĂ©rique pour former de lâammoniac. Ces composĂ©s azotĂ©s solubles retombent ensuite sur la terre avec la pluie, fournissant un engrais naturel produit par les Ă©clairs pour lâherbe, les plantes, les cultures et autres vĂ©gĂ©taux.
La pollinisation des plantes par les vents
La pollinisation est lâacte par lequel les grains de pollen sont transfĂ©rĂ©s de lâanthĂšre mĂąle dâune fleur vers le stigmate femelle. Les grains de pollen sont transportĂ©s par les vents, lâeau, les oiseaux, les abeilles, les insectes, les papillons, les chauves-souris, etc. Nous savons que les grains de pollen provenant des fleurs, transportĂ©s par les vents, restent en suspension dans lâatmosphĂšre pendant une pĂ©riode prolongĂ©e.
Certains dâentre eux agissent comme noyaux CCN lors de la formation des gouttelettes nuageuses dans la haute atmosphĂšre. Les grains de pollen transportĂ©s par le vent dans la basse atmosphĂšre jouent quant Ă eux un rĂŽle dans la pollinisation des plantes par le vent. Plusieurs des plantes cultivĂ©es les plus importantes du monde sont pollinisĂ©es par le vent, notamment le blĂ©, le riz, le maĂŻs, le seigle, lâorge et lâavoine.
Conclusion
AprĂšs avoir examinĂ© la science mĂ©tĂ©orologique Ă propos du verset 15:22 du Coran, nous trouvons trois interprĂ©tations â ou sens Ă©largis â de lâexpression ar-riyÄáž„ lawÄqiáž„ â Ù±Ù۱ÙÙÙÙۧŰÙ ÙÙÙÙۧÙÙŰÙ â, « les vents fĂ©condants » :
- ils fĂ©condent deux de leurs composants â les noyaux de condensation nuageuse, CCN, et la vapeur dâeau â pour former des gouttelettes nuageuses, puis rassemblent ces gouttelettes en nuages, avant de faire descendre la pluie depuis ces nuages ;
- ils produisent des substances fertilisantes â nitrates et ammoniac â Ă travers une sĂ©rie de rĂ©actions chimiques impliquant lâazote, lâoxygĂšne et lâhydrogĂšne, aprĂšs la rupture des liaisons chimiques des molĂ©cules dâazote par les Ă©clairs ;
- ils contribuent Ă la pollinisation entre le pollen et le stigmate dans le cas des plantes.
Il convient de noter que, selon le verset 15:22, Allah fait descendre du ciel une eau afin que nous en buvions. Il pourrait donc sembler inutile, Ă premiĂšre vue, dâinclure ici la deuxiĂšme interprĂ©tation des vents fĂ©condants. Cependant, Allah dĂ©clare dans dâautres versets que, par la descente de la pluie, Il fait pousser la vĂ©gĂ©tation, les cultures, les plantes, les fruits, etc. Câest pourquoi la deuxiĂšme interprĂ©tation â selon laquelle ces vents produisent des substances fertilisantes â mĂ©rite dâĂȘtre prise en compte. Quant Ă la troisiĂšme interprĂ©tation, elle correspond au rĂŽle trĂšs connu des vents, mĂȘme si elle nâest pas directement liĂ©e aux nuages et Ă la pluie.
Le plus important est que nous puissions dĂ©ployer nos efforts pour comprendre et interprĂ©ter le message dâAllah Ă la lumiĂšre des connaissances dont nous disposons. Nous pouvons rĂ©ussir ou non, ĂȘtre exacts ou non, dans la recherche des fruits de ces efforts. Mais Allah sait mieux.
Par Prof. Dr Md. Mamunur Rashid