L’analyse des donnĂ©es mĂ©tĂ©orologiques modernes offre une perspective fascinante sur le rĂŽle et la portĂ©e des vents fĂ©condants Ă©voquĂ©s dans le texte coranique.

Allah, le TrĂšs-Haut, dit au verset 15:22 du Coran :

ïŽżÙˆÙŽŰŁÙŽŰ±Ù’ŰłÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽ ÙÙŽŰŁÙŽÙ†ŰČÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ مِنَ Ù±Ù„ŰłÙŽÙ‘Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ‹ ÙÙŽŰŁÙŽŰłÙ’Ù‚ÙŽÙŠÙ’Ù†ÙŽŰ§ÙƒÙÙ…ÙÙˆÙ‡Ù ÙˆÙŽÙ…ÙŽŰ§ ŰŁÙŽÙ†ŰȘُمْ لَهُ ŰšÙŰźÙŽŰ§ŰČِنِينَ [Al-Hijr : 22] « Et Nous envoyons les vents fĂ©condants ; puis Nous faisons descendre du ciel une eau dont Nous vous abreuvons, alors que vous n’en ĂȘtes pas les dĂ©tenteurs. » [Sahih International]

Allah nous a comblĂ©s d’un bienfait divin en nous montrant, dans ce verset, la source merveilleuse de l’eau. Ce bienfait de l’eau n’est pas rĂ©servĂ© aux seuls ĂȘtres humains ; il concerne aussi les animaux, les plantes et les autres crĂ©atures vivant sur terre, comme nous le voyons dans d’autres versets du Coran.

Il est dit aux versets 16:10-11 :

ïŽżÙ‡ÙÙˆÙŽ Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙŠ ŰŁÙŽÙ†ŰČَلَ مِنَ Ù±Ù„ŰłÙŽÙ‘Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ‹ ۖ لَّكم مِّنْهُ ŰŽÙŽŰ±ÙŽŰ§ŰšÙŒ وَمِنْهُ ŰŽÙŽŰŹÙŽŰ±ÙŒ فِيهِ ŰȘÙŰłÙÙŠÙ…ÙÙˆÙ†ÙŽïŽŸ [An-Nahl : 10] « C’est Lui qui fait descendre du ciel une eau dont vous buvez, et grĂące Ă  laquelle pousse une vĂ©gĂ©tation oĂč vous faites paĂźtre vos troupeaux. »

ïŽżÙŠÙÙ†ŰšÙŰȘُ لَكُم ŰšÙÙ‡Ù ٱلŰČÙŽÙ‘Ű±Ù’Űčَ وَٱلŰČَّيْŰȘُونَ ÙˆÙŽÙ±Ù„Ù†ÙŽÙ‘ŰźÙÙŠÙ„ÙŽ ÙˆÙŽÙ±Ù„Ù’ŰŁÙŽŰčÙ’Ù†ÙŽŰ§ŰšÙŽ وَمِن كُلِّ Ù±Ù„Ű«ÙŽÙ‘Ù…ÙŽŰ±ÙŽŰ§ŰȘِ ۗ Ű„ÙÙ†ÙÙ‘ فِي Ű°ÙŽÙ°Ù„ÙÙƒÙŽ Ù„ÙŽŰąÙŠÙŽŰ©Ù‹ لِّقَوْمٍ يَŰȘÙŽÙÙŽÙƒÙŽÙ‘Ű±ÙÙˆÙ†ÙŽïŽŸ « Par elle, Il fait pousser pour vous les cultures, les oliviers, les palmiers, les vignes et toutes sortes de fruits. Il y a certes lĂ  un signe pour des gens qui rĂ©flĂ©chissent. »

Des versets similaires se trouvent en 25:48-49 :

ïŽżÙˆÙŽÙ‡ÙÙˆÙŽ ٱلَّdevant ŰŁÙŽŰ±Ù’ŰłÙŽÙ„ÙŽ Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ ŰšÙŰŽÙ’Ű±Ù‹Ű§ ŰšÙŽÙŠÙ’Ù†ÙŽ ÙŠÙŽŰŻÙŽÙŠÙ’ Ű±ÙŽŰ­Ù’Ù…ÙŽŰȘِهِ ۚ ÙˆÙŽŰŁÙŽÙ†ŰČÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ مِنَ Ù±Ù„ŰłÙŽÙ‘Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ‹ Ű·ÙŽÙ‡ÙÙˆŰ±Ù‹Ű§ïŽŸ [Al-Furqan : 48] « Et c’est Lui qui envoie les vents comme une bonne annonce prĂ©cĂ©dant Sa misĂ©ricorde — c’est-Ă -dire la pluie —, et Nous faisons descendre du ciel une eau pure. »

ïŽżÙ„ÙÙ‘Ù†ÙŰ­Ù’ÙŠÙÙŠÙŽ ŰšÙÙ‡Ù ŰšÙŽÙ„Ù’ŰŻÙŽŰ©Ù‹ مَّيْŰȘÙ‹Ű§ ÙˆÙŽÙ†ÙŰłÙ’Ù‚ÙÙŠÙŽÙ‡Ù Ù…ÙÙ…ÙŽÙ‘Ű§ ŰźÙŽÙ„ÙŽÙ‚Ù’Ù†ÙŽŰ§ ŰŁÙŽÙ†Ù’ŰčÙŽŰ§Ù…Ù‹Ű§ ÙˆÙŽŰŁÙŽÙ†ÙŽŰ§ŰłÙÙŠÙŽÙ‘ ÙƒÙŽŰ«ÙÙŠŰ±Ù‹Ű§ïŽŸ [Al-Furqan : 49] « Afin de redonner vie, par elle, Ă  une terre morte, et d’en abreuver ce que Nous avons créé : de nombreux bestiaux et ĂȘtres humains. »

Le rĂŽle de ar-riyāង lawāqiáž„ — Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽ

La premiĂšre partie du verset 15:22 est :

ïŽżÙˆÙŽŰŁÙŽŰ±Ù’ŰłÙŽÙ„Ù’Ù†ÙŽŰ§ Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽïŽŸ « Et Nous envoyons les vents fĂ©condants. »

L’expression arabe ar-riyāង lawāqiáž„ — Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽ — est traduite par de nombreux exĂ©gĂštes par « vents fĂ©condants ». Le terme lawāqiáž„ — Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽ, « fĂ©condants » — qualifie le mot ar-riyāង — Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ, « les vents » — mentionnĂ© dans ce verset. Le mot lawāqiáž„ est Ă©galement rendu par « fĂ©condants » chez Yusuf Ali et « imprĂ©gnants » chez Dr Ghali, deux termes proches du sens de fertilisation. On peut donc dizer qu’Allah envoie des vents dotĂ©s de ces caractĂ©ristiques, puis fait descendre la pluie du ciel.

En tenant compte de l’ensemble des traductions, le terme lawāqiáž„ renvoie littĂ©ralement aux trois rĂŽles suivants des vents :

  • fĂ©conder deux substances pour former une nouvelle substance — les nuages dans ce cas — de maniĂšre comparable au « zygote » chez les ĂȘtres humains et les animaux ;
  • produire des Ă©lĂ©ments fertilisants pour les plantes, les cultures, etc. ;
  • fĂ©conder, ou polliniser, les plantes.

Il convient de noter qu’Allah mentionne d’abord : « Et Nous envoyons les vents fĂ©condants », puis : « et Nous faisons descendre du ciel une eau ». Il est Ă©vident que le ciel doit d’abord ĂȘtre rempli de nuages avant que l’eau ne descende du ciel. Il existe donc un lien entre l’expression du verset : « Nous envoyons les vents fĂ©condants » et la formation des nuages dans le ciel. Ce lien est clairement mentionnĂ© au verset 30:48 du Coran :

ïŽżÙ±Ù„Ù„ÙŽÙ‘Ù‡Ù Ù±Ù„ÙŽÙ‘Ű°ÙÙŠ ÙŠÙŰ±Ù’ŰłÙÙ„Ù Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ فَŰȘÙŰ«ÙÙŠŰ±Ù ŰłÙŽŰ­ÙŽŰ§ŰšÙ‹Ű§ fÙŽÙŠÙŽŰšÙ’ŰłÙŰ·ÙÙ‡Ù فِي Ù±Ù„ŰłÙŽÙ‘Ù…ÙŽŰ§ŰĄÙ كَيْفَ ÙŠÙŽŰŽÙŽŰ§ŰĄÙ ÙˆÙŽÙŠÙŽŰŹÙ’Űčَلُهُ ÙƒÙŰłÙŽÙÙ‹Ű§ فَŰȘÙŽŰ±ÙŽÙ‰ Ù±Ù„Ù’ÙˆÙŽŰŻÙ’Ù‚ÙŽ ÙŠÙŽŰźÙ’Ű±ÙŰŹÙ مِنْ ŰźÙÙ„ÙŽŰ§Ù„ÙÙ‡Ù ۖ ÙÙŽŰ„ÙŰ°ÙŽŰ§ ŰŁÙŽŰ”ÙŽŰ§ŰšÙŽ ŰšÙÙ‡Ù مَن ÙŠÙŽŰŽÙŽŰ§ŰĄÙ مِنْ ŰčÙŰšÙŽŰŻÙÙ‡Ù Ű„ÙŰ°ÙŽŰ§ هُمْ ÙŠÙŽŰłÙ’ŰȘÙŽŰšÙ’ŰŽÙŰ±ÙÙˆÙ†ÙŽïŽŸ « C’est Allah qui envoie les vents ; ceux-ci soulĂšvent alors les nuages, qu’Il Ă©tend dans le ciel comme Il veut, et qu’Il fragmente. Tu vois alors la pluie sortir de leurs interstices. Puis, lorsqu’Il la fait tomber sur qui Il veut parmi Ses serviteurs, les voilĂ  aussitĂŽt rĂ©jouis. »

Les interprétations existantes

Les interprĂ©tations existantes de l’expression « vents fĂ©condants » se concentrent principalement sur la formation des nuages et de la pluie dans le ciel, et ne s’attardent pas sur la question de la production d’élĂ©ments fertilisants. Certains exĂ©gĂštes l’expliquent comme la fĂ©condation des nuages donnant lieu Ă  la pluie. D’autres l’interprĂštent comme des vents imprĂ©gnĂ©s de pluie, ou des vents portant en eux les nuages et la pluie. Ibn Kathir et Ma‘ariful Qur’an en donnent des interprĂ©tations plus prĂ©cises que la plupart des autres commentaires existants.

Selon Ibn Kathir :

« Ils fĂ©condent les nuages afin qu’ils donnent la pluie, et fĂ©condent les arbres afin qu’ils ouvrent leurs feuilles et leurs fleurs. Ces vents sont mentionnĂ©s ici au pluriel parce qu’ils produisent des rĂ©sultats, contrairement au vent stĂ©rile — ar-rīង al-‘aqÄ«m, 51:41 — qui est mentionnĂ© au singulier et dĂ©crit comme stĂ©rile, car il ne produit rien. En effet, les rĂ©sultats ne peuvent ĂȘtre produits que lorsqu’il y a deux Ă©lĂ©ments ou plus. ‘Abdullah ibn Mas‘ud a dit : “Le vent est envoyĂ© portant l’eau depuis le ciel, puis il fĂ©conde les nuages jusqu’à ce que la pluie commence Ă  tomber abondamment, tout comme le lait de la chamelle pleine coule en abondance.” Tel Ă©tait Ă©galement l’avis d’Ibn ‘Abbas, d’Ibrahim An-Nakha‘i et de Qatadah. Ad-Dahhak a dit : “Allah l’envoie vers les nuages ; ceux-ci sont alors fĂ©condĂ©s et se remplissent d’eau.” ‘Ubayd ibn ‘Umayr Al-Laythi a dit : “Allah envoie le vent qui soulĂšve la terre, puis Allah envoie le vent qui Ă©lĂšve les nuages, puis Allah envoie le vent qui forme les nuages, puis Allah envoie le vent fĂ©condant qui pollinise les arbres.” »

Ma‘ariful Qur’an interprùte ce passage sous le titre de l’organisation divine de l’approvisionnement en eau :

« Ce qui est d’abord mentionnĂ© dans le verset, c’est la maniĂšre dont la puissance divine a mis en mouvement son systĂšme unique de distribution de l’eau depuis la mer vers toute la terre, en crĂ©ant dans la mer des vapeurs qui gĂ©nĂšrent la substance des pluies, puis en faisant souffler les vents qui les transforment en nuages, comme s’il s’agissait de vastes masses semblables Ă  des montagnes chargĂ©es d’eau. »

Toutes les interprĂ©tations de l’expression « vents fĂ©condants » peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es ainsi : ce sont des vents qui :

  • fĂ©condent les nuages afin qu’ils donnent la pluie ;
  • remplissent les nuages d’eau ;
  • sont imprĂ©gnĂ©s de pluie ;
  • portent en eux les nuages et la pluie ;
  • fĂ©condent les nuages, qui se remplissent alors d’eau ;
  • remuent la terre ;
  • Ă©lĂšvent les vapeurs d’eau ;
  • soulĂšvent les nuages ;
  • forment les nuages ;
  • pollinisent les arbres.

Toutes ces interprĂ©tations se rattachent principalement Ă  la formation des nuages et de la pluie, Ă  quelques exceptions prĂšs qui mentionnent la fertilisation et la pollinisation des arbres. RĂ©cemment, la formation des nuages a Ă©tĂ© expliquĂ©e Ă  la lumiĂšre de la mĂ©tĂ©orologie Ă  travers les mĂ©dias Ă©lectroniques. Cependant, la production d’élĂ©ments fertilisants, dans ce contexte, n’a pas encore Ă©tĂ© prise en compte par les traducteurs ou les exĂ©gĂštes.

Dans cet article, les trois rĂŽles de ar-riyāង lawāqiáž„ — Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽ — seront expliquĂ©s Ă  la lumiĂšre des connaissances de la science mĂ©tĂ©orologique Ă  ce sujet.

La mĂ©tĂ©orologie et les vents fĂ©condants — lawāqiáž„

La science mĂ©tĂ©orologique nous donne une comprĂ©hension claire de la formation des nuages. Nous savons Ă©galement que les Ă©clairs provoquent une transformation chimique des molĂ©cules d’azote prĂ©sentes dans les vents, ainsi que des molĂ©cules d’eau contenues dans la vapeur, pour former des substances fertilisantes. En examinant cette science, nous dĂ©couvrons de meilleures interprĂ©tations de l’expression « vents fĂ©condants » mentionnĂ©e dans le verset 15:22, en accord avec les sens littĂ©raux du terme lawāqiáž„.

Le mĂ©lange de gaz qui constitue l’atmosphĂšre terrestre est appelĂ© air. L’azote reprĂ©sente 78 % de ce gaz, mĂȘlĂ© Ă  l’oxygĂšne — 21 % —, Ă  la vapeur d’eau — en proportion variable —, Ă  l’argon — 0,9 % —, au dioxyde de carbone — 0,04 % — et Ă  des gaz prĂ©sents Ă  l’état de traces. Nous savons que l’eau prĂ©sente dans les ocĂ©ans et les riviĂšres s’évapore durant l’étĂ© et s’élĂšve dans l’air. La vapeur d’eau est donc l’un des composants de l’air. Elle occupe une trĂšs faible proportion de l’atmosphĂšre terrestre. La fumĂ©e est prĂ©sente dans notre atmosphĂšre en raison de la combustion des carburants, mais aussi des volcans, des fours Ă  charbon, etc.

En plus de cela, des particules de poussiĂšre sont Ă©galement prĂ©sentes dans notre atmosphĂšre ; nous les observons lorsque nous voyons un rayon de lumiĂšre dans une piĂšce sombre. La fumĂ©e et les particules de poussiĂšre reprĂ©sentent moins de 1 % de l’atmosphĂšre terrestre. D’autres particules, comme la poussiĂšre et la fumĂ©e, le pollen, la saletĂ© et le sel marin — issu du dĂ©ferlement des vagues ocĂ©aniques — se trouvent Ă©galement en suspension dans l’air.

Qu’est-ce donc que le vent ? Le vent est le mouvement de l’air, causĂ© par le rĂ©chauffement inĂ©gal de la Terre par le soleil, par la rotation propre de la Terre et par la diffĂ©rence de pression entre deux lieux. Les vents vont des brises lĂ©gĂšres jusqu’aux phĂ©nomĂšnes naturels dangereux tels que les ouragans, les tornades et les orages. On observe que les vents contiennent :

  • les composants nĂ©cessaires Ă  la formation des nuages ;
  • les composants nĂ©cessaires Ă  la production de substances fertilisantes ;
  • les composants nĂ©cessaires Ă  la pollinisation des plantes.

La formation des nuages

Les vents jouent un rĂŽle important dans la formation des nuages, car ils transportent la vapeur d’eau depuis les mers et les ocĂ©ans vers les couches supĂ©rieures de l’atmosphĂšre. Cependant, les molĂ©cules d’eau prĂ©sentes dans la vapeur doivent se rassembler et se condenser pour former des nuages. Les particules de poussiĂšre offrent une surface sur laquelle les vapeurs d’eau prĂ©sentes dans l’atmosphĂšre peuvent se condenser. Chaque particule de poussiĂšre agit comme un « noyau » autour duquel la vapeur d’eau se condense pour former une « gouttelette nuageuse ».

Toutefois, une particule de poussiĂšre ne peut servir de « noyau » pour la condensation de la vapeur d’eau que si sa taille est d’environ 0,2 micron. Cette particule de poussiĂšre est alors appelĂ©e noyau de condensation ; au pluriel, noyaux de condensation, et elle est scientifiquement nommĂ©e « noyau de condensation nuageuse », abrĂ©gĂ© en CCN. La taille d’une gouttelette nuageuse est environ cent fois supĂ©rieure Ă  celle d’un noyau CCN.

De mĂȘme que le noyau est le centre d’une cellule en biologie, le noyau nuageux constitue le centre de la gouttelette nuageuse. La formation d’une « gouttelette nuageuse » peut ĂȘtre comparĂ©e Ă  la formation d’un « zygote » par la fĂ©condation d’un gamĂšte mĂąle — spermatozoĂŻde — et d’un gamĂšte femelle — ovule — chez les ĂȘtres humains et les animaux, ainsi qu’à la pollinisation entre le pollen et le stigmate dans le cas des plantes.

D’autres particules solides similaires Ă  la poussiĂšre — pollen, saletĂ©, fumĂ©e et sel marin — agissent Ă©galement comme noyaux pour la formation des gouttelettes nuageuses. Toutefois, ces particules ne peuvent remplir le rĂŽle de noyaux CCN que si elles sont disponibles dans une taille appropriĂ©e — environ 0,2 micron. Un ensemble de gouttelettes nuageuses se regroupe ensuite pour former les nuages. Lorsque les nuages ne peuvent plus contenir ces vapeurs d’eau en raison de la saturation, celles-ci tombent alors sur la terre sous forme de pluie.

La formation des substances fertilisantes

L’azote est un nutriment essentiel pour les plantes et les autres organismes, car il constitue un Ă©lĂ©ment fondamental des acides nuclĂ©iques, des acides aminĂ©s et des protĂ©ines. C’est aussi le gaz le plus abondant dans l’atmosphĂšre terrestre, reprĂ©sentant environ 78 % de sa composition. MalgrĂ© cette abondance, l’azote atmosphĂ©rique — N₂ — n’est pas directement disponible pour la plupart des formes de vie, principalement parce que, sous cette forme fortement liĂ©e, il rĂ©agit trĂšs peu avec les autres molĂ©cules. Seuls quelques ĂȘtres vivants relativement rares peuvent l’utiliser directement tel quel. Les autres organismes ont besoin que l’azote soit transformĂ© en composĂ©s plus rĂ©actifs, tels que les nitrates — NO₃ — ou l’ammoniac — NH₃ —, avant de pouvoir ĂȘtre utilisĂ© comme fertilisant.

La chaleur immense dĂ©gagĂ©e par un Ă©clair peut briser une molĂ©cule d’azote et libĂ©rer deux atomes d’azote. Ces atomes d’azote libĂ©rĂ©s peuvent ensuite se lier Ă  des atomes d’oxygĂšne pour former des oxydes d’azote qui, en se dissolvant dans les gouttes de pluie, deviennent des nitrates. L’azote libĂ©rĂ© par les Ă©clairs peut Ă©galement se lier Ă  l’hydrogĂšne atmosphĂ©rique pour former de l’ammoniac. Ces composĂ©s azotĂ©s solubles retombent ensuite sur la terre avec la pluie, fournissant un engrais naturel produit par les Ă©clairs pour l’herbe, les plantes, les cultures et autres vĂ©gĂ©taux.

La pollinisation des plantes par les vents

La pollinisation est l’acte par lequel les grains de pollen sont transfĂ©rĂ©s de l’anthĂšre mĂąle d’une fleur vers le stigmate femelle. Les grains de pollen sont transportĂ©s par les vents, l’eau, les oiseaux, les abeilles, les insectes, les papillons, les chauves-souris, etc. Nous savons que les grains de pollen provenant des fleurs, transportĂ©s par les vents, restent en suspension dans l’atmosphĂšre pendant une pĂ©riode prolongĂ©e.

Certains d’entre eux agissent comme noyaux CCN lors de la formation des gouttelettes nuageuses dans la haute atmosphĂšre. Les grains de pollen transportĂ©s par le vent dans la basse atmosphĂšre jouent quant Ă  eux un rĂŽle dans la pollinisation des plantes par le vent. Plusieurs des plantes cultivĂ©es les plus importantes du monde sont pollinisĂ©es par le vent, notamment le blĂ©, le riz, le maĂŻs, le seigle, l’orge et l’avoine.

Conclusion

AprĂšs avoir examinĂ© la science mĂ©tĂ©orologique Ă  propos du verset 15:22 du Coran, nous trouvons trois interprĂ©tations — ou sens Ă©largis — de l’expression ar-riyāង lawāqiáž„ — Ù±Ù„Ű±ÙÙ‘ÙŠÙŽŰ§Ű­ÙŽ Ù„ÙŽÙˆÙŽŰ§Ù‚ÙŰ­ÙŽ —, « les vents fĂ©condants » :

  • ils fĂ©condent deux de leurs composants — les noyaux de condensation nuageuse, CCN, et la vapeur d’eau — pour former des gouttelettes nuageuses, puis rassemblent ces gouttelettes en nuages, avant de faire descendre la pluie depuis ces nuages ;
  • ils produisent des substances fertilisantes — nitrates et ammoniac — Ă  travers une sĂ©rie de rĂ©actions chimiques impliquant l’azote, l’oxygĂšne et l’hydrogĂšne, aprĂšs la rupture des liaisons chimiques des molĂ©cules d’azote par les Ă©clairs ;
  • ils contribuent Ă  la pollinisation entre le pollen et le stigmate dans le cas des plantes.

Il convient de noter que, selon le verset 15:22, Allah fait descendre du ciel une eau afin que nous en buvions. Il pourrait donc sembler inutile, Ă  premiĂšre vue, d’inclure ici la deuxiĂšme interprĂ©tation des vents fĂ©condants. Cependant, Allah dĂ©clare dans d’autres versets que, par la descente de la pluie, Il fait pousser la vĂ©gĂ©tation, les cultures, les plantes, les fruits, etc. C’est pourquoi la deuxiĂšme interprĂ©tation — selon laquelle ces vents produisent des substances fertilisantes — mĂ©rite d’ĂȘtre prise en compte. Quant Ă  la troisiĂšme interprĂ©tation, elle correspond au rĂŽle trĂšs connu des vents, mĂȘme si elle n’est pas directement liĂ©e aux nuages et Ă  la pluie.

Le plus important est que nous puissions dĂ©ployer nos efforts pour comprendre et interprĂ©ter le message d’Allah Ă  la lumiĂšre des connaissances dont nous disposons. Nous pouvons rĂ©ussir ou non, ĂȘtre exacts ou non, dans la recherche des fruits de ces efforts. Mais Allah sait mieux.

Par Prof. Dr Md. Mamunur Rashid