En Islam, le fait de nourrir un enfant au sein peut établir une parenté de lait, rendant cet enfant mahram (interdit au mariage) pour sa nourrice et ses proches. Cependant, cette règle ne s’applique pas systématiquement. Quelles sont les conditions précises exigées par la charia pour que ce lien soit juridiquement reconnu ? Voici l’explication de la jurisprudence.

Pour que l’allaitement établisse un lien de mahram, deux conditions doivent être remplies :

  • L’enfant doit avoir été allaité au moins cinq fois.
  • Cet allaitement doit avoir eu lieu au cours des deux premières années de sa vie.

Lorsque ces deux conditions sont réunies, les règles relatives à l’allaitement s’appliquent : l’enfant est alors considéré comme un parent de lait, et le mariage avec les personnes concernées devient interdit.

L’importance de l’âge lors de l’allaitement

Le Dr Muhammad As-Sayyed Ad-Disooqi, professeur de fiqh — jurisprudence islamique — à l’Université du Qatar, déclare ce qui suit :

Pour que des enfants allaités deviennent des mahrams, de sorte que le mariage entre les garçons et les filles concernés soit interdit, l’allaitement doit avoir lieu avant l’âge de deux ans.

Ainsi, allaiter un enfant âgé de plus de deux ans ne crée pas d’interdiction matrimoniale, que le lait soit tété directement au sein ou donné dans un récipient.

Des exemples concrets

Par exemple, si une femme allaite un garçon âgé de trois ou quatre ans, lequel pourrait normalement épouser sa fille une fois adulte, cet allaitement ne rend pas le mariage entre eux interdit. Elle aurait dû l’allaiter à l’âge où les nourrissons sont normalement allaités, c’est-à-dire au cours des deux premières années de sa vie.

Cela signifie également que le fait pour une femme d’allaiter ses neveux et nièces lorsqu’ils ont huit ans ne fait pas d’eux des frères et sœurs de lait, ni ses fils et filles de lait.