Le fait de manger avant l’Aïd Al-Fitr et de changer de chemin pour se rendre à la prière de l’Aïd fait partie des traditions prophétiques recommandées. Cheikh `Atiyyah Saqr (qu’Allah lui fasse miséricorde) détaille ces règles :

« Il est recommandé de manger avant de quitter son domicile pour accomplir la prière de l’Aïd Al-Fitr. En revanche, il n’en va pas de même pour l’Aïd Al-Adha.

En suivant l’exemple du Prophète (paix et bénédictions sur lui), comme cela est rapporté par Ahmad et d’autres, il est recommandé à la personne de manger trois ou cinq dattes avant de sortir pour la prière de l’Aïd Al-Fitr.

La raison en est que, la veille, elle était en état de jeûne et n’avait pas pris de petit-déjeuner. Durant la nuit de l’Aïd et le jour même, elle est l’hôte du Tout Miséricordieux, et il est interdit de jeûner ce jour-là. Il est donc préférable de rompre le jeûne le plus tôt possible.

Quant à l’Aïd Al-Adha, il est préférable de retarder le repas jusqu’après avoir accompli la prière de l’Aïd Al-Adha et, pour celui qui possède une bête destinée au sacrifice, jusqu’après l’avoir sacrifiée, afin de manger de sa viande. »

La tradition de changer de chemin le jour de l’Aïd

Concernant le déplacement vers le lieu de prière, la Sunnah enseigne de varier les itinéraires à l’aller et au retour. Al-Bukhari rapporte d’après Jabir (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit :

« Le jour de l’Aïd, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) revenait par un chemin différent de celui qu’il avait emprunté à l’aller. »

Muslim et d’autres ont également rapporté d’après Abu Hurayrah (qu’Allah l’agrée) que lorsque le Prophète (paix et bénédictions sur lui) empruntait un chemin pour se rendre à la prière de l’Aïd, il revenait par un autre chemin.

Selon les savants, l’une des sagesses de cette pratique est que les deux chemins témoignent en faveur de la personne. Il est en effet connu qu’au Jour de la Résurrection, la terre témoignera pour nous ou contre nous. Allah, le Très-Haut, dit :

« Et que la terre fera sortir ses fardeaux, et que l’homme dira : “Qu’a-t-elle ?” Ce jour-là, ella racontera ce qui lui est arrivé, parce que ton Seigneur le lui aura révélé. » (Az-Zalzalah, 99:2-5)

Pour toute bonne action, il est bénéfique qu’une personne ait un témoin, qu’il soit humain ou autre. Ainsi, l’une des sagesses du fait d’emprunter des chemins différents le jour de l’Aïd est que chacun de ces chemins puisse témoigner en faveur de la personne. Le fait que deux chemins témoignent pour elle est encore meilleur au Jour de la Résurrection.