De nombreux musulmans se posent des questions sur la validité de leur union lorsqu’elle est célébrée uniquement à la mairie : quelles sont les conditions pour que le mariage civil en Occident soit pleinement reconnu par la religion islamique ? Éléments de réponse avec les savants contemporains.

D’une manière générale, pour qu’un mariage soit valide, il doit remplir certaines conditions, notamment sa publicité, le versement de la dot, le consentement des deux parties, l’autorisation du wali — le tuteur de la femme — et la présence de témoins.

Concernant le mariage civil célébré dans les pays occidentaux, il convient de préciser que si le contrat de mariage remplit toutes les conditions requises et qu’aucun empêchement reconnu par la charia ne s’y oppose, le mariage est valide. Les époux peuvent alors exercer légitimement leurs droits conjugaux.

Cependant, si l’un des conjoints est ressortissant d’un pays musulman, le contrat doit être conclu dans un pays musulman, ou enregistré auprès du ou des consulats compétents, afin que les droits des deux époux soient préservés conformément à la charia.

L’avis du Conseil européen de la fatwa

À ce sujet, Cheikh Faysal Mawlawi, vice-président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, déclare :

Le mariage légalement célébré dans un pays européen est considéré comme valide au regard de la charia, à condition qu’aucun empêchement juridique reconnu par celle-ci ne s’y oppose.

En effet, la condition fondamentale de validité du mariage est le consentement des deux époux, lequel est bien présent dans le mariage civil ou judiciaire. De plus, la publicité du mariage y est généralement assurée.

Concernant la présence de deux témoins, certaines écoles juridiques la considèrent comme nécessaire afin de garantir que le mariage soit rendu public, objectif qui est atteint dans le cadre d’un mariage légal. Quant au consentement du tuteur, il fait l’objet de divergences entre les différentes écoles de fiqh.

Par conséquent, le seul élément susceptible d’invalider un mariage civil ou judiciaire célébré en Occident est l’existence d’un empêchement matrimonial reconnu par la charia.

Les divergences entre charia et lois occidentales

Par exemple, un musulman n’est pas autorisé à épouser sa sœur de lait, même si les lois européennes permettent une telle union. De même, une musulmane ne peut pas épouser un non-musulman, tandis qu’un musulman ne peut épouser, parmi les non-musulmanes, qu’une femme chrétienne ou juive, bien que les lois occidentales autorisent généralement toutes les formes de mariage interreligieux.

Ainsi, si un mariage est conclu dans un pays occidental entre un musulman et sa sœur de lait, cette union n’est pas valide selon la charia, car il existe un empêchement matrimonial. Il est alors interdit aux personnes concernées d’avoir des relations conjugales.

En l’absence de tout empêchement reconnu par la charia, un mariage célébré dans un pays occidental peut être considéré comme valide selon la charia et être reconnu par les tribunaux islamiques des pays musulmans. Cette règle s’applique particulièrement lorsque les deux époux musulmans possèdent une nationalité ou sont d’origine européenne.

Les règles de la juridiction et des consulats

Toutefois, si l’un des époux, ou les deux, possède la nationalité d’un pays musulman, ils doivent conclure le contrat de mariage dans un pays musulman, ou le faire enregistrer auprès du ou des consulats compétents afin qu’il soit officiellement reconnu à l’étranger.

S’ils concluent néanmoins le contrat dans un pays non musulman, le mariage demeure valide tant qu’aucun empêchement reconnu par la charia ne s’y oppose. Cependant, ils commettent un péché en ne s’adressant pas à une juridiction musulmane et en acceptant l’application de lois non musulmanes à la place.

Les empêchements au mariage reconnus par la charia

Les empêchements au mariage reconnus par la charia sont les suivants :

Une musulmane ne peut pas épouser un non-musulman. Un musulman, quant à lui, ne peut épouser parmi les non-musulmanes qu’une femme chrétienne ou juive.

La femme appartient à l’une des catégories avec lesquelles le mariage est définitivement interdit par la charia, notamment la mère, la fille, la sœur, la tante paternelle ou la tante maternelle.

Elle est la mère de lait ou la sœur de lait de l’homme.

Un musulman ne peut épouser une femme déjà mariée, ni une veuve ou une femme divorcée qui se trouve encore dans sa période de viduité, appelée `iddah. Le mariage ne devient permis qu’après l’expiration de cette période.

Un musulman ne peut avoir simultanément plus de quatre épouses. Il ne peut pas non plus être marié à deux sœurs en même temps, ni à une femme et à la tante paternelle ou maternelle de celle-ci simultanément.