Parler avec des personnes du sexe opposé nécessite de respecter les principes de la charia et d’observer les convenances religieuses. Il convient tout d’abord de souligner que les musulmans, hommes comme femmes, doivent faire preuve de haya’ — pudeur et modestie — dans toutes leurs correspondances et conversations. L’islam n’interdit pas aux femmes de parler aux hommes, ni aux hommes de parler aux femmes, lorsque la situation l’exige et que la conversation respecte les limites de la charia islamique.

Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche a émis des directives claires sur cette question.

La place de la pudeur et les enseignements coraniques

Dans un hadith authentique, le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) a dit :

« La pudeur fait partie de la foi. »!– /wp:paragraph –>

Dans un autre hadith, il a dit :

« La pudeur n’apporte que du bien. »!– /wp:paragraph –>

Cette pudeur est une noble qualité aussi bien pour les hommes que pour les femmes, mais elle revêt une importance particulière pour les femmes, car elle correspond à leur nature féminine. C’est pourquoi les femmes n’engagent pas la conversation avec des hommes étrangers sans nécessité. Toutefois, les traditions et les coutumes jouent également un rôle dans ce domaine, et celles-ci varient d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre et selon les circonstances.

Il est néanmoins important de comprendre que l’islam n’interdit pas aux femmes de parler aux hommes, ni aux hommes de parler aux femmes, lorsque la situation l’exige et que la conversation respecte les limites de la charia. Allah s’est adressé aux épouses du Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) en disant :

« Ô femmes du Prophète ! Vous n’êtes comparables à aucune autre femme. Si vous craignez Allah, ne soyez pas complaisantes dans votre manière de parler, afin que celui dont le cœur est malade ne soit pas tenté. Mais parlez d’une manière convenable. » (Al-Ahzab, 33:32)

Ainsi, malgré leur statut particulier et les règles spécifiques qui leur étaient imposées, plus restrictives que celles applicables aux autres femmes, l’islam n’a pas interdit aux épouses du Prophète de parler. Il leur a seulement interdit d’adopter une manière de parler susceptible d’éveiller le désir et la convoitise chez ceux dont le cœur est malade. En revanche, une parole honorable et convenable est permise en islam.

De nombreux hadiths confirment également qu’il est permis aux hommes de saluer les femmes et aux femmes de saluer les hommes, ainsi qu’aux hommes de rendre visite à des femmes malades et inversement.

Les cadres et les limites de la communication

Cela ne signifie toutefois pas que toutes les limites doivent disparaître au point que les femmes parlent sans discernement à tous les hommes qu’elles rencontrent, ou que les hommes fassent de même avec toutes les femmes. Une telle attitude est rejetée par la raison et le bon sens avant même de l’être par l’islam.

Il est permis à une femme de parler à un parent masculin, à un enseignant, à un voisin, à un supérieur hiérarchique au travail ou à d’autres personnes, selon les exigences et les besoins de la vie quotidienne ainsi que la complexité des relations humaines à notre époque, à condition que la confiance soit préservée, que les risques de fitnah — tentation ou trouble — soient écartés et que les circonstances restent normales.

Dans de nombreux pays musulmans, il est d’ailleurs courant que les hommes saluent les femmes et que les femmes saluent les hommes lorsqu’ils se rencontrent. Ils peuvent également échanger des paroles convenables au sujet de questions importantes et pertinentes, avec l’approbation des pères, des maris, des frères ainsi que des savants.

Nous ne nions pas que certains pays connaissent des traditions extrêmement strictes concernant les femmes, au point qu’elles peuvent parfois vivre comme des prisonnières dans leur propre foyer jusqu’à leur mort. Même si certains savants peuvent approuver de telles pratiques, il demeure que des preuves juridiques claires et authentiques les contredisent, tout comme les objectifs de la charia, les intérêts des êtres humains et l’évolution des époques et des sociétés.