Lors d’une séparation, beaucoup s’interrogent sur les règles islamiques : la présence de témoins est-elle une condition obligatoire pour valider l’acte ? Voici ce que disent les savants.
Le Dr Muhammad Siraj, professeur d’études islamiques à l’Université américaine du Caire (AUC), a déclaré à ce sujet :
Divergence entre les écoles juridiques
« La majorité des savants ne considèrent pas la présence de témoins comme une condition du divorce. Celui-ci prend effet dès qu’il est prononcé. En revanche, les chiites imamites exigent la présence de témoins pour que le divorce soit valide. Selon eux, le divorce ne prend donc effet que s’il est attesté par des témoins.
L’interprétation du verset coranique
Cette divergence est liée au verset coranique suivant :
“Puis, lorsqu’elles atteignent le terme prescrit, reprenez-les convenablement ou séparez-vous d’elles convenablement. Et prenez comme témoins deux hommes justes parmi vous, et rendez le témoignage conformément à ce qu’Allah exige.” (At-Talaq, 65 : 2)
Ce verset est mentionné après l’évocation du divorce et de la raj`ah, c’est-à-dire la reprise de l’épouse divorcée pendant la période de viduité.
Les chiites comprennent l’ordre : “Prenez comme témoins deux hommes” comme une obligation, tandis que la majorité des savants l’interprète comme une recommandation. »
Une pratique recommandée mais non obligatoire
Il est donc préférable d’avoir des témoins lors du divorce et de la raj`ah, mais cela ne constitue pas une condition de validité.
Cette position est également soutenue par une fatwa de Cheikh Yusuf Al-Qaradawi. Celui-ci approuve l’avis de la majorité des savants selon lequel la présence de témoins lors du divorce ou de la rajah n’est pas obligatoire, bien qu’elle soit particulièrement recommandée dans le cas de la rajah, sur la base du verset précité, afin d’éviter les conflits, les contestations ou toute confusion.