Lorsqu’on aborde l’étude des textes sacrés, la démarche consistant à chercher une preuve contre le Coran est non seulement courante, mais elle est même directement encouragée par le texte lui-même, soumettant le lecteur critique à un défi logique passionnant.
Il faut souligner que le Coran se montre exact sur de très nombreux points. Toutefois, l’exactitude, à elle seule, ne signifie pas nécessairement qu’un livre soit une révélation divine. En réalité, l’exactitude n’est que l’un des critères d’une révélation divine. Par exemple, un annuaire téléphonique peut être exact, sans que cela signifie pour autant qu’il ait été révélé par Dieu.
Le véritable enjeu consiste donc à établir une preuve quant à la source des informations contenues dans le Coran. La démarche doit être inversée : la charge de la preuve incombe au lecteur. On ne peut pas simplement nier l’authenticité du Coran sans preuve suffisante. Si, effectivement, quelqu’un y trouve une erreur, il est alors en droit d’en contester la validité. C’est précisément ce que le Coran encourage à faire.
À la recherche d’erreurs
Un jour, après une conférence que j’avais donnée en Afrique du Sud, un homme vint me voir. Il était très irrité par ce que j’avais dit et déclara : « Ce soir, je vais rentrer chez moi et trouver une erreur dans le Coran. » Je lui répondis naturellement : « Félicitations. C’est la chose la plus intelligente que vous ayez dite. »
C’est en effet l’attitude que les musulmans devraient adopter face à ceux qui doutent de l’authenticité du Coran, car le Coran lui-même lance ce défi. Et, inévitablement, après avoir accepté ce défi et constaté qu’il est fondé, ces personnes en viennent à croire au Coran, parce qu’elles n’ont pas réussi à l’invalider. En réalité, le Coran gagne leur respect, car elles ont elles-mêmes dû vérifier son authenticité.
Il est un point essentiel que l’on ne répétera jamais assez au sujet de l’authenticité du Coran : l’incapacité d’une personne à expliquer elle-même un phénomène ne l’oblige ni à accepter l’existence de ce phénomène ni à adopter l’explication qu’en donne quelqu’un d’autre. Autrement dit, le simple fait de ne pas pouvoir expliquer une chose ne signifie pas que l’on doive accepter l’explication d’autrui.
Cependant, lorsque quelqu’un refuse les explications proposées par les autres, la charge de la preuve lui revient : il lui appartient alors de fournir une explication plausible. Cette règle générale s’applique à de nombreux domaines de la vie, mais elle correspond de manière particulièrement remarquable au défi coranique, car elle met en difficulté celui qui affirme : « Je n’y crois pas. » Dès qu’il formule ce refus, il lui incombe de trouver lui-même une explication, s’il estime que les réponses des autres sont insuffisantes.
En réalité, dans un verset du Coran que j’ai toujours vu mal traduit en anglais, Allah évoque un homme à qui la vérité avait été expliquée. Le verset indique qu’il avait failli à son devoir car, après avoir entendu cette information, il s’en alla sans vérifier la véracité de ce qu’il avait entendu. Autrement dit, une personne est fautive si elle entend une information sans l’examiner ni chercher à savoir si elle est vraie.
L’être humain est censé traiter toute information, puis déterminer ce qui est sans valeur et doit être écarté, et ce qui constitue une information valable, à conserver et dont il peut tirer profit, immédiatement ou même plus tard.
On ne peut pas simplement laisser une information tourner en désordre dans son esprit. Il faut la classer correctement et l’aborder à partir de ce classement. Par exemple, si l’information demeure hypothétique, il faut discerner si elle se rapproche davantage du vrai ou du faux. Mais si tous les faits ont été présentés, il faut alors trancher clairement entre ces deux possibilités.
Et même si l’on n’est pas certain de l’authenticité de l’information, on reste tenu d’examiner l’ensemble des données et d’admettre, le cas échéant, que l’on ne sait tout simplement pas avec certitude. Bien que ce dernier point puisse sembler vain, il contribue en réalité à parvenir plus tard à une conclusion solide, car il oblige au moins la personne à reconnaître les faits, à les étudier et à les réexaminer.
Cette familiarité avec l’information donnera à la personne un avantage lorsque de futures découvertes seront faites ou que de nouvelles données lui seront présentées. L’essentiel est de traiter les faits sérieusement et de ne pas les rejeter simplement par apathie ou désintérêt.
Épuiser les hypothèses alternatives
La véritable certitude quant à la véracité du Coran apparaît dans la confiance qui le traverse de part en part, et cette confiance découle d’une démarche particulière : l’épuisement des hypothèses alternatives. En substance, le Coran dit : « Ce Livre est une révélation divine ; si vous ne le croyez pas, alors qu’est-il donc ? »
Autrement dit, le lecteur est mis au défi de proposer une autre explication. Voici un livre composé de papier et d’encre. D’où vient-il ? Il affirme être une révélation divine ; s’il ne l’est pas, quelle est donc sa source ?
Ce qui est remarquable, c’est que personne n’a encore proposé une explication réellement satisfaisante. En fait, toutes les hypothèses alternatives ont été épuisées. Comme cela a été clairement établi par des non-musulmans, ces hypothèses se ramènent essentiellement à deux écoles de pensée qui s’excluent mutuellement, chacune insistant sur l’une ou l’autre possibilité.
D’un côté, il existe un grand nombre de personnes qui ont étudié le Coran pendant des centaines d’années et qui affirment : « Il y a une chose dont nous sommes sûrs : cet homme, Muhammad ﷺ, croyait être prophète. Il était fou ! » Elles sont convaincues que Muhammad ﷺ fut, d’une manière ou d’une autre, victime d’une illusion.
D’un autre côté, un autre groupe affirme : « Au vu de ces preuves, une chose est certaine : cet homme, Muhammad ﷺ, était un menteur ! » Or, chose ironique, ces deux groupes ne semblent jamais se rejoindre sans tomber dans la contradiction.
En réalité, de nombreux ouvrages ou références consacrés à l’islam présentent souvent les deux théories à la fois. Ils commencent par affirmer que Muhammad ﷺ était fou, puis concluent en disant qu’il était menteur. Ils ne semblent jamais réaliser qu’il ne pouvait pas être les deux à la fois.
Par exemple, si quelqu’un est victime d’une illusion et croit réellement être prophète, il ne passe pas ses nuits à planifier : « Comment vais-je tromper les gens demain pour qu’ils pensent que je suis prophète ? » Il croit sincèrement être prophète et il est convaincu que la réponse lui sera donnée par révélation.
Le cheminement du critique
En réalité, une grande partie du Coran fut révélée en réponse à des questions. Quelqu’un posait une question à Muhammad ﷺ, puis la révélation venait apporter la réponse. Si une personne est effectivement folle et croit qu’un ange lui souffle des paroles à l’oreille, alors, lorsqu’on lui pose une question, elle pense que l’ange lui donnera la réponse. Puisqu’elle est folle, elle le croit réellement.
Elle ne dit pas à quelqu’un d’attendre un moment pour ensuite courir consulter ses amis en leur demandant : « Est-ce que l’un de vous connaît la réponse ? » Un tel comportement est plutôt caractéristique de quelqu’un qui ne croit pas être prophète.
Ce que les non-musulmans refusent d’admettre, c’est qu’on ne peut pas soutenir les deux thèses à la fois. On peut être victime d’une illusion, ou bien être menteur. On peut être l’un ou l’autre, ou n’être ni l’un ni l’autre, mais on ne peut certainement pas être les deux à la fois. Il faut insister sur le fait qu’il s’agit là de traits de personnalité manifestement incompatibles.
Le scénario suivant illustre bien le cercle dans lequel certains non-musulmans tournent constamment. Si vous demandez à l’un d’eux : « Quelle est l’origine du Coran ? », il vous répondra qu’il provient de l’esprit d’un homme qui était fou.
Vous lui demandez alors : « S’il venait de son esprit, d’où a-t-il tiré les informations qu’il contient ? Le Coran mentionne en effet de nombreuses choses que les Arabes ne connaissaient pas. » Pour expliquer ce fait, il change alors de position et répond : « Eh bien, peut-être qu’il n’était pas fou. Peut-être qu’un étranger lui a transmis ces informations. Il aurait alors menti en disant aux gens qu’il était prophète. »
À ce stade, vous devez lui demander : « Si Muhammad était un menteur, d’où lui venait alors cette assurance ? Pourquoi se comportait-il comme quelqu’un qui croyait réellement être prophète ? » Finalement acculé, tel un chat pris au piège, il réagit brusquement avec la première réponse qui lui vient à l’esprit. Oubliant qu’il a déjà épuisé cette possibilité, il affirme : « Eh bien, peut-être qu’il n’était pas menteur. Il était probablement fou et croyait réellement être prophète. » Et le cycle stérile recommence ainsi.
Par le Dr Gary Miller
