Découvrir les qualités morales du Prophète est une invitation à la réforme de soi, tant son caractère fut le reflet vivant des enseignements sublimes du Coran.

Il est difficile d’épuiser ce sujet, tant les vertus morales du Prophète sont vastes et incommensurables. Nous en mentionnerons ici quelques aspects, renvoyant le lecteur au Livre d’Allah ﷻ et à la Sunna de Son Messager pour approfondir la connaissance de ses nobles qualités.

Son Éminence le Cheikh Muḥammad al-Khaḍr Ḥusayn, ancien Shaykh d’al-Azhar – qu’Allah lui fasse miséricorde –, écrit dans son ouvrage Nūr al-Yaqīn fī Sīrat Sayyid al-Mursalīn :

« Les qualités morales acquises et les vertus élevées que l’on désigne par l’expression « nobles caractères » se retrouvaient chez notre Prophète dans leur plus haut degré de perfection et d’équilibre, au point qu’Allah ﷻ en fit Son propre éloge : « Et tu es certes, d’un caractère éminent. » (s. Al-Qalam, 68 : 4). ʿĀʾisha (qu’Allah l’agrée) disait : “Son caractère, c’était le Coran ; il se réjouissait de ce qui réjouit le Coran, et s’indignait de ce qui l’indigne.” Il était le meilleur des hommes en moralité. »

Ces vertus éminentes étaient innées chez lui, comme elles le furent chez ses frères les Prophètes (sur eux la paix), puis elles se consolidèrent en lui par les faveurs successives d’Allah ﷻ, l’illumination de son cœur par les lumières de la connaissance divine, jusqu’à ce qu’il atteigne le summum de l’excellence morale par l’élection prophétique.

Nous allons ici mentionner les fondements de ces qualités louables et en signaler l’ensemble, en décrivant, si Allah le veut, comment le Prophète les incarnait pleinement.

L’intelligence, racine de ses vertus

Le point d’origine de toutes ces vertus, leur source jaillissante et leur noyau central, est l’intelligence – de laquelle procèdent la connaissance, la sagacité, la perspicacité, la justesse d’opinion, la lucidité face aux conséquences, la maîtrise des passions, la sagesse dans la gestion, l’adoption des vertus et la répulsion des vices. Le Prophète atteignit en cela un degré que nul autre être humain n’a jamais atteint.

Son comportement, ses maximes concises, ses belles manières, la profondeur de ses enseignements, sa connaissance des Livres révélés comme la Torah et l’Évangile, des sagesses des peuples anciens, des récits historiques, des exemples et analogies, de l’élaboration des lois, des fondements moraux, jusqu’aux sciences telles que la médecine, les mathématiques, les règles des héritages, la généalogie, témoignent de cette connaissance, bien qu’il fût un Prophète illettré n’ayant reçu ni enseignement humain ni lecture de livres.

Allah ﷻ dit à ce sujet : « Il t’a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d’Allah sur toi est immense. » (s. An-Nisāʾ, 4 : 113)

Clémence, patience et pardon

Allah ﷻ a élevé Son Prophète à l’école de la clémence, de la patience et du pardon, en lui disant : « Accepte le pardon, commande le bien, et détourne-toi des ignorants. » (s. Al-Aʿrāf, 7 : 199)

Lorsque le Prophète interrogea Jibrīl (Gabriel) sur le sens de ce verset, celui-ci répondit : “Allah t’ordonne de maintenir les liens avec celui qui les coupe, de donner à celui qui te prive, et de pardonner à celui qui t’a fait du tort.” Il disait : “Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas.” Le sommet de cette vertu s’est manifesté lorsqu’il conquit la Mecque, après que ses ennemis l’avaient combattu, insulté et exilé. Il leur dit simplement : “Allez, vous êtes libres.”

Générosité, courage et loyauté

Il n’a jamais refusé une demande. Il était d’une libéralité extrême, particulièrement durant le mois de Ramadan. Il faisait don d’importantes parts de butin aux nouveaux convertis pour affermir leur foi. Il partagea même son propre avoir, et au moment de sa mort, son armure était engagée chez un juif pour subvenir aux besoins de sa famille.

Quant à son courage, il se tenait fermement là où les plus braves fuyaient. Lors de la bataille de Ḥunayn, il resta seul face à l’ennemi alors que les compagnons reculaient. ʿAlī (qu’Allah l’agrée) disait : “Quand la bataille faisait rage, nous nous mettions derrière le Prophète ; nul n’était plus proche de l’ennemi que lui.”

Pudeur, humilité et modestie

Il était plus pudique qu’une jeune vierge dans sa chambre. Il ne disait jamais du mal de quiconque nommément, ne rendait pas le mal par le mal, mais pardonnait. Il n’acceptait pas qu’on se lève pour lui comme on le fait pour les rois. Il disait : “Je ne suis qu’un serviteur ; je mange comme le serviteur mange, et je m’assieds comme le serviteur s’assied.”

Bienveillance, douceur et miséricorde

Allah ﷻ le décrit ainsi : « Certes, un Messager pris parmi vous est venu à vous. Ce que vous souffrez lui pèse, il est plein de sollicitude pour vous ; envers les croyants, il est compatissant et miséricordieux. » (s. At-Tawbah, 9 : 128). Il disait : “Je ne suis envoyé que comme miséricorde.”

Même lorsque l’on se montrait dur envers lui, il répondital avec douceur. Il rassura un Bédouin impoli, lui offrit davantage, puis l’invita à revenir devant les compagnons pour dissiper leur colère.

Fidélité, loyauté et piété filiale

Il honorait les promesses faites avant la Révélation. Il ne rompait jamais un engagement. Il se souvenait des amis de Khadīja et leur envoyait des cadeaux. Il entretenait les liens du sang même avec des personnes moins méritantes que d’autres.

Zèle dans l’adoration et crainte d’Allah

Il priait jusqu’à ce que ses pieds enflent. Lorsqu’on lui demandait pourquoi, bien qu’il fût pardonné, il répondit : “Ne serais-je pas un serviteur reconnaissant ?” Il pleurait souvent, invoquait son Seigneur avec ferveur, passait de longues nuits en prière, multipliait le jeûne et les actes d’adoration.

Qu’Allah lui accorde la plus haute des stations, et qu’Il nous accorde de suivre ses nobles exemples pour mériter sa proximité le Jour redoutable.