Lors de l’installation dans une nouvelle maison afin d’éloigner les djinns, de prévenir les difficultés et de se protéger de tout mal est sans fondement et incorrecte.
Le musulman doit éviter de croire qu’un sacrifice repousse nécessairement le mal, que l’absence de sacrifice en serait la cause ou que tout malheur survenant dans la maison serait lié à cette omission.
Il est recommandé d’offrir un sacrifice lorsque l’intention est de remercier Allah, Exalté soit-Il. Certains ont estimé que cela était obligatoire, mais l’avis le plus juste est que cela ne l’est pas, notamment lorsque la personne n’en a pas les moyens. Tout ce qui arrive au musulman se produit par la volonté d’Allah, Exalté soit-Il.
En revanche, si le sacrifice est accompli par crainte des djinns et dans le but de les empêcher de nuire, comme le font de nombreuses personnes, il s’agit alors d’une superstition manifeste et dénuée de tout fondement.
L’équilibre de l’Islam face au monde invisible et aux djinns
Cheikh Dr Yusuf Al-Qaradawi déclare :
« Les conceptions que les gens se font du monde invisible, notamment des djinns, sont diverses. Certains exagèrent dans leur volonté de prouver leur existence, tandis que d’autres vont à l’extrême en cherchant à la nier.
Certaines personnes ne croient ni aux djinns ni au monde invisible, car elles n’admettent que ce qu’elles peuvent percevoir par leurs sens. Il s’agit là d’un excès.
À l’opposé, d’autres affirment l’existence des djinns tout en leur attribuant chaque événement, petit ou grand. Selon eux, les djinns seraient au-dessus de leurs têtes, sur le seuil de leurs maisons, présents la nuit comme le jour, partout et en toute circonstance, au point de donner l’impression qu’ils dirigent l’univers. Il s’agit également d’un excès contraire aux enseignements de l’islam.
L’islam est une religion d’équilibre. Il reconnaît l’existence des djinns et confirme l’existence de leur monde. Les récits incessants concernant leur présence et la possibilité d’accéder à leur univers ont été transmis de génération en génération et continuent de circuler jusqu’à aujourd’hui.
Il s’avère que beaucoup de personnes prétendant entrer en contact avec les esprits invoquent en réalité des djinns et non les âmes des morts, comme l’ont indiqué les gens de science.
La limite du pouvoir des djinns
Les djinns existent, cela ne fait aucun doute. Toutefois, croire qu’ils possèdent un pouvoir leur permettant d’agir librement sur le monde, de prendre possession d’une maison ou de rendre la vie difficile à celui qui construit une demeure sans offrir de sacrifice n’est fondé sur aucune révélation ni sur aucun enseignement religieux.
Cette question relève du monde invisible. Nous ne pouvons donc porter de jugement à son sujet ni établir de règles la concernant en dehors de ce que le Prophète ﷺ nous a enseigné. Lorsqu’une croyance n’a aucun fondement et ne provient pas de lui ﷺ, nous ne devons ni y croire ni lui accorder une quelconque importance religieuse. »
Le repas d’inauguration (Wakirah) en jurisprudence
Il est mentionné dans l’Encyclopédie koweïtienne de jurisprudence islamique (Al-Mawsu‘ah Al-Fiqhiyyah Al-Kuwaytiyyah) :
« Le repas organisé à l’occasion de la construction ou de l’installation dans une nouvelle maison est recommandé, comme les autres repas préparés pour célébrer un événement heureux ou le fait d’avoir échappé à un danger.
Le banquet organisé lors de l’inauguration d’une nouvelle demeure est appelé wakirah. Cette recommandation n’a cependant pas été autant soulignée que celle du repas de mariage en islam.
Certains savants de l’école shafi‘ite ont néanmoins estimé qu’il s’agissait d’une obligation. Ils se sont fondés sur une déclaration de l’imam Al-Shafi‘i qui, après avoir énuméré plusieurs types de repas festifs, dont celui organisé à l’occasion de l’installation dans une maison, a dit : “Je n’aimerais pas que l’un d’eux soit délaissé.”
Certains savants malikites ont, quant à eux, considéré ce repas comme déconseillé, tandis que d’autres l’ont jugé simplement permis. »