Les questions relatives à l’intimité du couple suscitent souvent des interrogations, notamment pour savoir si le sexe oral ou d’autres pratiques spécifiques sont permis en Islam. Voici des clarifications importantes sur les limites religieuses, hygiéniques et sanitaires lors des rapports conjugaux.

Tout d’abord, nous tenons à souligner que l’islam prend en considération tous les aspects de la vie du musulman et lui fournit des orientations claires concernant tout ce qui peut avoir une incidence sur sa vie présente et sur l’au-delà. L’imam Muslim rapporte que certains Juifs vinrent voir Salman Al-Farisi et lui dirent : « Votre Prophète vous a tout enseigné, même les règles à observer lorsque vous faites vos besoins. » Il répondit : « Oui, il l’a fait. »

Dans le domaine des relations sexuelles, l’islam donne des directives complètes, interdisant certaines pratiques et en autorisant d’autres. L’objectif est d’assurer le plus haut degré possible de bonheur et de pureté dans cette dimension très importante de la vie.

Cela étant précisé, il convient de souligner que boire ou ingérer de l’urine est un acte interdit, en raison des impuretés qu’elle peut contenir. L’islam est venu préserver le bien-être physique aussi bien que psychologique de l’être humain.

Nous vous conseillons donc, cher frère, d’éviter de recommencer et de vous en tenir à des formes saines et pures de satisfaction sexuelle avec votre épouse, tout en vous éloignant de ce qui est illicite ainsi que des pratiques inhabituelles susceptibles de mettre votre santé générale en danger.

La position de l’islam sur certaines pratiques intimes

Après cette clarification, nous souhaitons vous présenter de manière détaillée la position de l’islam sur le sexe oral, telle qu’elle a été exposée par l’éminent savant musulman Cheikh Yusuf Al-Qaradawi :

« On m’a interrogé sur le sexe oral aux États-Unis et en Europe lorsque j’ai commencé à me rendre dans ces pays, au début des années 1970. Nous n’avions pas l’habitude de recevoir ce genre de questions dans les pays musulmans.

En Occident, les gens ont l’habitude d’être entièrement nus pendant les rapports sexuels. Ce sont des sociétés marquées par la nudité, où certaines femmes ne portent rien qui couvre véritablement leur corps dans leur vie quotidienne.

Ils éprouvent donc le besoin de rechercher davantage de stimulation pendant les relations sexuelles. Dans les sociétés musulmanes, en revanche, les hommes ne voient généralement rien du corps de la femme musulmane qui puisse les exciter, puisqu’elle porte le hijab — le voile — ou le niqab — le voile couvrant le visage.

Quant à savoir s’il est licite d’être entièrement nu pendant les relations conjugales, il est rapporté que le Prophète d’Allah (paix et bénédictions sur lui) a dit :

“Préserve tes parties intimes, sauf avec ton épouse ou avec celles que ta main droite possède.”

Les juristes musulmans estiment qu’il est permis au mari de pratiquer le cunnilingus sur son épouse, tout comme il est permis à l’épouse de pratiquer un acte similaire sur son mari, à savoir la fellation. Il n’y a pas de mal à cela.

toutefois, si la succion entraîne l’émission de sperme, cela est considéré comme makruh, c’est-à-dire réprouvé, bien qu’il n’existe pas de preuve décisive permettant de l’interdire.

Ces parties du corps ne sont pas impures comme l’anus, même si de telles pratiques peuvent naturellement susciter le dégoût. Il n’existe cependant aucune preuve décisive permettant de les déclarer illicites, notamment lorsque l’épouse y consent ou atteint l’orgasme de cette manière.

Allah, Exalté et Glorifié soit-Il, dit :

“Et ceux qui préservent leur chasteté, sauf avec leurs épouses ou celles que leur main droite possède, car alors ils ne sont pas blâmables ; mais ceux qui recherchent au-delà de ces limites sont les transgresseurs.” (Al-Mu’minun, 23 : 5-7) »

Les limites : préservation de la santé et de la pudeur

À la lumière de ce qui précède, les savants considèrent que le mari peut jouir de son épouse de toutes les manières permises, à l’exception de la pénétration anale, qui est strictement interdite.

Le Dr Ali Jum`ah, professeur des fondements de la jurisprudence islamique à l’Université Al-Azhar, ajoute que lécher, sucer ou embrasser les organes sexuels de son conjoint est permis, à condition que cela procure une satisfaction sexuelle permettant à la personne de se préserver de ce qui est haram — illicite — ou de porter des regards interdits sur une personne du sexe opposé avec laquelle le mariage serait possible.

Cependant, tout musulman doit garder à l’esprit que le rapport sexuel relève du désir et de la passion, qui doivent être satisfaits de manière licite. Il ne doit pas être considéré comme un besoin indispensable au même titre que la nourriture et la boisson, comme cela peut être le cas dans certaines conceptions occidentales déviantes.

Apportant davantage de précisions, le Dr Sabri `Abdul Ra’ouf, professeur de jurisprudence islamique comparée à l’Université Al-Azhar, affirme qu’il est permis aux époux de jouir l’un de l’autre tant que leurs pratiques ne contredisent pas les enseignements de l’islam et ne portent pas atteinte aux règles générales de décence.

Il soutient également l’avis de Cheikh Al-Qaradawi selon lequel le sexe oral ou le fait d’embrasser les parties intimes de son conjoint peut être considéré comme répugnant par les musulmans. Toutefois, si l’objectif se limite à les embrasser, sans en faire une pratique permanente ou excessive, cela ne constitue pas un péché. Les personnes dotées d’une haute moralité s’en écartent généralement afin de ne pas tomber dans l’imitation des non-musulmans.

En conclusion, il apparaît que le sexe oral n’est pas interdit, mais qu’il ne constitue pas la pratique habituelle des musulmans et des musulmanes attachés à leur religion. Bien qu’il ne soit pas haram, il est présenté comme totalement répugnant et non conforme au goût pur et à la pudeur qui caractérisent la personnalité musulmane.

Il convient enfin de rappeler que l’un des principaux objectifs de la charia est de préserver la vie et la santé des êtres humains. Par conséquent, s’il est scientifiquement établi que le sexe oral ou des pratiques similaires provoquent un cancer de la bouche ou présentent un danger pour la santé de la personne qui les pratique, ils deviennent alors totalement interdits.