Le Hajj un voyage de guerison spirituelle peut être considéré comme un programme, ou un parcours, de guérison spirituelle et physique, car il touche différents aspects de l’être humain.

Une apparence semblable

Pendant le Hajj, les pèlerins doivent porter une tenue particulière, simple et uniforme, appelée vêtements de l’ihram. Ces vêtements exercent une grande influence psychologique sur les pèlerins. Chaque musulman retire ses habits ordinaires pour les remplacer par les vêtements simples de l’ihram. En retirant ses vêtements habituels, le musulman met également de côté tout ce qu’ils représentent : la profession que peut refléter un uniforme, la culture que peut exprimer une mode particulière, le statut social que peuvent indiquer la qualité et le prix des vêtements, et ainsi de suite.

Le soldat n’est donc plus dans son uniforme militaire, l’agriculteur n’est plus dans sa tenue de travail, les médecins et les infirmiers ne portent plus leurs blouses blanches… Tous se ressemblent, au point qu’il devient impossible de savoir qui est qui.

Dans notre vie quotidienne, nous constatons également que les personnes de statuts, de professions, de rangs ou de positions différentes couvrent souvent leur tête d’une manière ou d’une autre. Les mineurs et les ingénieurs portent des casques pour se protéger, les officiers portent différents types de casquettes ou de couvre-chefs comme signe de fonction, et les rois et dirigeants portent des couronnes comme symbole de souveraineté. Quant aux pèlerins hommes, ils doivent retirer tout couvre-chef, comme symbole de l’abandon de tout rang ou statut mondain. Il n’y a donc plus d’abri pour la tête humaine, si ce n’est l’abri de la foi et de l’obéissance au Divin.

Cette similitude d’apparence donne au pèlerin le sentiment d’un esprit allégé et élève son âme vers un état plus noble. Il se détache ainsi de l’éclat matériel de la carrière, de la richesse, de la position et du statut social.

Le Hajj est également une grande rencontre entre frères et sœurs venus du monde entier. Il offre un exemple vivant et clair de la fraternité en Islam.

Ainsi, le Hajj constitue un traitement parfait pour ceux qui souffrent d’illusions de grandeur. Parfois, les hautes fonctions gouvernementales, la richesse ou tout autre aspect matériel de la vie peuvent donner à une personne le sentiment d’être supérieure à ses propres frères.

Les mêmes rites

Les pèlerins suivent les mêmes règles et accomplissent les mêmes gestes, comme le Tawaf — la circumambulation autour de la Ka‘bah — dans la même direction, ou le Sa‘i — la marche entre Safa et Marwah.

Dans chaque rite du Hajj, il n’existe aucune différence entre le riche et le pauvre, le fort et le faible, celui qui occupe un rang élevé et celui qui occupe un rang modeste, le Noir et le Blanc, l’Oriental et l’Occidental, celui du Nord et celui du Sud. Tous sont égaux.

Cela nous rappelle le Prophète Muhammad — paix et bénédictions sur lui —, qui fut une miséricorde pour l’humanité. Lorsque certaines personnes se sentaient intimidées ou troublées en sa présence, parce qu’il était le Prophète d’Allah et Son dernier Messager, il leur disait, en substance : « Apaise-toi ; je ne suis que le fils d’une femme qui mangeait de la viande séchée dans les rues de La Mecque. »

Un autre exemple me revient ici : celui du calife ‘Umar ibn Al-Khattab — qu’Allah l’agrée — qui avait l’habitude de s’allonger sur le sol afin de soigner son âme contre tout sentiment de grandeur ou de supériorité. Lors de son voyage à Jérusalem, il marcha même à pied tandis que son serviteur montait la mule.

Une pause pour reprendre souffle

Le Hajj est aussi une excellente occasion, pour de nombreux pèlerins, de faire une pause et de reprendre souffle. C’est un moment pour réfléchir à sa vie, examiner son passé et l’évaluer. Cela peut se faire pendant le Hajj en demandant à Allah de pardonner ses péchés et en décidant de préparer un avenir droit, éloigné des fautes.

Le voyage du Hajj peut également soulager de nombreuses douleurs et maladies physiques, tout comme il soigne les maux spirituels. Les activités physiques telles que le Tawaf, le Sa‘i et la station sur le mont ‘Arafah améliorent l’endurance corporelle et la performance musculaire.

Ces activités physiques contribuent à faire baisser le taux de glucose sanguin chez les personnes diabétiques. Boire suffisamment d’eau de Zamzam améliore le fonctionnement du système urinaire et aide à éliminer de petits calculs dans les uretères ou les reins. Ainsi, le Hajj purifie la personne de l’intérieur, de même que les ablutions purifient le corps de l’extérieur. Le Hajj est une purification spirituelle et physique de l’être.

Ce voyage offre aussi à l’esprit un repos, en le libérant de la dispersion causée par trop de préoccupations simultanées. Il l’oriente vers une seule idée centrale : demander pardon à Allah.

Un exemple de fermeté

Le Hajj est également un exemple de fermeté lorsque l’être humain a choisi la vérité droite. Dans leurs rites, les pèlerins se souviennent de Dame Hajar, lorsque le Prophète Ibrahim — Abraham, paix sur lui — la laissa seule, avec son nouveau-né, dans la vallée aride où se trouve aujourd’hui La Mecque. Elle lui demanda alors : « Est-ce Allah qui t’a ordonné cela ? » Il répondit : « Oui. » Elle dit simplement, en substance : « Alors Il ne nous abandonnera pas. »

Cette force intérieure et cette foi ferme en la capacité d’Allah et en Sa protection envers Ses serviteurs, qui avaient pénétré et rempli son cœur, se transmettent au cœur de chaque pèlerin à travers les rites du Hajj.

Chaque pèlerin se souvient de notre mère Hajar courant entre les deux collines de Safa et de Marwah, à la recherche d’une goutte d’eau pour son enfant. Puis Allah lui accorda Son secours et affermit son cœur en faisant jaillir l’eau de Zamzam sous les pieds de son bébé. Ainsi, l’affermissement de la foi qui se produit dans les cœurs des pèlerins pendant cette adoration obligatoire est un don divin d’Allah Lui-même. Il dit dans le Qur’an :

{Allah affermit les croyants par une parole ferme dans la vie présente et dans l’au-delà, tandis qu’Allah égare les injustes. Et Allah fait ce qu’Il veut.} (Ibrahim 14:27)

Dans ce rite obligatoire d’adoration, nous voyons aussi les musulmans lever humblement les mains, demandant à Allah Tout-Puissant de répondre à leurs besoins dans cette vie. Ainsi, s’ils sont riches, ils se rappellent que leur richesse est un don d’Allah Lui-même.

Une école de patience

Les pèlerins s’exercent également à la patience afin de pouvoir accomplir toutes les étapes du Hajj. Ils lèvent les mains vers Allah en Lui demandant de leur accorder la vertu de la patience. Allah dit dans le Qur’an :

{… mais si vous patientez, cela est certes meilleur pour ceux qui patientent.} (An-Nahl 16:126)

Comme dans toutes les autres formes d’adoration en Islam, les hommes et les femmes musulmans sont égaux, durant le pèlerinage, dans chaque étape et chaque devoir. Allah a toutefois accordé aux femmes une facilité : elles peuvent mandater quelqu’un pour jeter les pierres à leur place si elles ne peuvent pas le faire à cause de la foule ou d’une difficulté semblable. Pour le reste des rites, hommes et femmes sont égaux à chaque étape.

Maîtriser les désirs mondains

Les pèlerins sont amenés à dépenser beaucoup d’argent durant le Hajj, uniquement dans le but de rechercher l’agrément d’Allah. Cela constitue une autre forme de traitement de l’âme contre certaines maladies spirituelles, comme l’avidité et l’avarice. Allah évoque ces maladies spirituelles dans le Qur’an en disant :

{Et l’exemple de ceux qui dépensent leurs biens en recherchant l’agrément d’Allah et l’affermissement de leurs âmes est semblable à un jardin situé sur une hauteur : une forte pluie l’atteint et il donne ses fruits au double ; et si une forte pluie ne l’atteint pas, une pluie légère lui suffit. Allah voit parfaitement ce que vous faites.} (Al-Baqarah 2:265)

Ainsi, le pèlerin musulman surmonte ces maladies spirituelles destructrices et redevient capable de maîtriser ses désirs mondains.

Voilà, brièvement, quelques aspects à travers lesquels le pèlerin peut se soigner lui-même au cours du majestueux voyage du Hajj.